Un déluge qui paralyse le sport périgourdin
Les pluies incessantes qui s'abattent sur le Périgord depuis le début de l'année ont sérieusement perturbé le calendrier sportif régional. Les terrains, transformés en véritables bourbiers, ont contraint les organisateurs à reporter de nombreuses rencontres, mettant les clubs locaux dans une situation délicate.
Football : seulement quatre matches joués depuis janvier
Jean-Luc Moutard, vice-président du club de football de Sanilhac (Régional 3), dresse un constat alarmant : « Depuis le début de l'année, on a pu jouer quatre matches toutes catégories confondues. » Avec 450 licenciés et 10 équipes de football à 11, le club voit ses activités fortement réduites. Le terrain d'entraînement est inondé à 70%, empêchant toute séance de préparation.
Rugby au Bugue : report et complications fédérales
La situation n'est pas meilleure pour les rugbymen du Bugue (Fédérale 3). Leur match contre Naves/Lagraulière, prévu dimanche 15 février, a dû être reporté après concertation entre dirigeants et responsables municipaux le vendredi 13. Pierre Terrade, coprésident du club, explique : « Dans le temps, on aurait joué. Mais aujourd'hui, les mairies font des efforts pour les terrains, donc c'est compréhensible. »
La décision est d'autant plus justifiée que plusieurs joueurs se sont retrouvés sans électricité chez eux, rendant leur participation compliquée. Ce report pose cependant un problème de calendrier, Naves/Lagraulière ayant déjà reporté un match au dimanche 29 mars, seule date de repli disponible.
Calendrier sportif sous tension
Les conséquences de ces intempéries prolongées se font sentir sur l'organisation des compétitions. Jean-Luc Moutard s'inquiète : « Si la situation s'améliore, on pourra concentrer les matches qu'on n'a pas joués mais ce sera compliqué de tout rentrer. » Son équipe fanion n'a même pas disputé la moitié de son championnat.
Pierre Terrade souligne le caractère exceptionnel de la situation : « Voir cette situation au Bugue, c'est très rare. C'est très, très compliqué. » Les clubs doivent maintenant trouver des solutions avec leurs fédérations respectives pour sauver leur saison.
Moto Club des Deux Rives : une habitude malheureuse
Le Moto Club des Deux Rives, à Trélissac, connaît malheureusement bien ce type de problème. Aurélien Marchive, responsable de l'école de moto, rapporte : « Notre local a pris l'eau hier [samedi 14 février]. Il y avait 40 centimètres d'eau. » Le club, situé sur une nappe phréatique qui a remonté, avait déjà été durement touché par des crues en avril 2025, perdant alors du matériel.
Cette fois, les dégâts ont été limités grâce à des mesures préventives : tout a été placé en hauteur, les motos étant surélevées à 80 centimètres. Mais la piste nécessiterait « trois semaines sèches, avec du soleil » pour être de nouveau praticable, suivies d'un important travail de remise en état.
Perspectives incertaines pour le sport local
Les clubs périgourdins font face à une triple difficulté :
- Des installations inondées et impraticables
- Un calendrier de compétitions fortement perturbé
- Des incertitudes quant à la possibilité de rattraper les matches reportés
Cette situation météorologique exceptionnelle met en lumière la vulnérabilité des infrastructures sportives locales face aux aléas climatiques. Les dirigeants de clubs, déjà confrontés aux défis quotidiens de la gestion associative, doivent maintenant gérer cette crise imprévue qui menace le bon déroulement de leurs saisons respectives.



