Pau rêve plus haut que le top 6, Piqueronies reste prudent avant Perpignan
Si Sébastien Piqueronies, le manager de la Section Paloise, joue résolument la carte de la prudence en maintenant l'objectif initial d'un top 6, le reste de son staff technique aspire légitimement à rêver plus grand. Cette divergence de perspectives s'exprime ouvertement à l'approche du déplacement crucial de dimanche à Perpignan, programmé à 18h15.
Une mentalité qui se décomplexe à Pau
À Pau, les langues se délient franchement, portées par une mentalité collective qui se libère progressivement de ses complexes. Comment pourrait-il en être autrement, au vu du rythme de croisière inédit imprimé par le dauphin du Top 14 ? L'équipe béarnaise affiche actuellement 3, 5 et 7 points d'avance respectivement sur le 3e, le 5e et le 7e du championnat, et ce avec un match en moins. Cette position confortable nourrit naturellement des ambitions plus élevées.
Au sein du staff palois, Sébastien Piqueronies fait preuve d'une résistance notable en repoussant systématiquement la question des objectifs révisés. « Pour avoir des ambitions plus élevées, il faut encore gagner les deux matchs qui arrivent », explique-t-il, faisant référence à la rencontre face à Perpignan ce dimanche et à la réception de l'Union Bordeaux Bègles la semaine suivante. Pourtant, une seule victoire pourrait suffire à conserver, a minima, cette enviable position de dauphin.
Le staff technique ose exprimer des ambitions plus audacieuses
Cette situation justifie pleinement la posture légèrement plus audacieuse adoptée par ses entraîneurs. Dans le sillage des objectifs revus à la hausse par Geoffrey Lanne-Petit sur les ondes d'ICI Béarn Bigorre, son collègue Thomas Choveau a également fait montre d'une ambition en phase avec le rang prestigieux des Béarnais. « C'est très courant, en France, ce syndrome de la langue de bois », constate en exorde l'entraîneur de la touche paloise. Lui, n'en est pas franchement adepte.
« Il faut arriver à conclure la saison qu'on fait espérer à tout le monde. Pas forcément pour la deuxième place, mais on veut bien plus qu'un top 6 », affirme-t-il avec conviction. Le technicien se mouille même davantage en précisant : « Personnellement, je dirais un top 4. Maintenant qu'on est là, à ce moment-là de la saison, si on est 5e ou 6e et que l'objectif est rempli, on sera malgré tout un peu déçus, parce que dans ce dernier tiers de championnat, on aura eu un rendement de 7e ou 8e de Top 14 pour finir 6e. » Un raisonnement qui se veut élémentaire et arithmétique.
Une ambition réaliste mais non obsessionnelle
Cependant, il est important de noter que Pau n'est pas non plus accroché de manière obsessionnelle à son rang actuel de dauphin. « On ne peut pas non plus dire qu'on veut terminer deuxièmes, car si on est troisièmes ou quatrièmes, on sera déjà très content », tempère Thomas Choveau. Cette nuance illustre une approche équilibrée, où l'ambition se mêle à un réalisme salutaire.
L'ensemble de ces déclarations crée une dynamique fascinante au sein du club, où la prudence managériale de Piqueronies coexiste avec les aspirations grandissantes de son staff. Le match de dimanche à Perpignan représentera un test crucial pour valider, ou non, ces ambitions revues à la hausse. La Section Paloise se trouve à un tournant de sa saison, portée par des performances exceptionnelles mais consciente des défis qui l'attendent.



