Montauban face à l'ultime défi pour son maintien en Top 14
Aussi délicate soit-elle, la situation des verts et noirs de Montauban n'est pas considérée comme désespérée par ses acteurs. Ils espèrent vivement un sursaut d'orgueil, ce samedi à 16 h 35, contre l'Aviron Bayonnais, l'autre équipe en plein doute du moment. Il va sans dire que la cause de Montauban ne rassemble pas la majorité des observateurs, loin de là. Lanterne rouge du championnat depuis deux mois et demi, le club promu compte 11 points de retard sur Perpignan (13e) et 29 sur Bayonne (12e). À ce stade, il n'a gagné qu'une seule fois cette saison, contre l'Usap lors de la huitième journée (29-22, le 25 octobre).
Une foi inébranlable malgré les statistiques défavorables
Alors qu'est-ce qui anime les Tarn-et-Garonnais en vue du dernier tiers du championnat ? Croient-ils encore en leur maintien, du moins en passant par la case barrage ? « Bien sûr qu'il faut y croire, lance le centre Simon Renda. Sinon, autant déclarer forfait. Il est important de trouver des raisons de jouer, tant personnelles que collectives. Le maximum de joueurs doivent croire en ce maintien pour aller grappiller le plus de points possibles. » S'ils reconnaissent que « la marche est haute », ce débours de 11 points à rattraper sur huit journées n'est pas non plus colossal. « Jusqu'au coup de sifflet final de la dernière journée, à Pau, on ne sait jamais ce qui peut arriver. On l'a vu l'an dernier. »
Leur parcours est l'illustration parfaite de l'incertitude du sport, avec ce titre en Pro D2 ravi par le biais de trois succès serrés en phase finale, face aux trois premiers du classement. Tout en ayant connaissance de leur faible marge de manœuvre, les Montalbanais se nourrissent de tous les signaux allant dans leur sens. Ils ont apprécié la réaction affichée après la déroute de Lyon (73-12), marquée par un carton rouge et trois essais reçus dans les huit premières minutes. « À Toulouse, malgré le score (68-13), l'entame, l'intensité et le combat n'étaient pas du tout les mêmes », estime Simon Renda, formé à Toulouse, qui aura vécu un moment fort en émotions devant famille et amis.
Un état d'esprit renouvelé après la trêve
Ce derby a laissé place à une trêve relativement longue, avec des congés (du 2 au 12 mars) et une rentrée progressive. « Ça nous a fait du bien de couper. Personnellement, je me sens mieux pour cette reprise. Et je ne suis pas le seul dans ce cas, les joueurs et le staff étaient contents de ces séances avec intensité. On avait envie de se retrouver et de rejouer, c'est plutôt positif. » Un état d'esprit en réponse au coup de gueule du manager Sébastien Tillous-Borde après Lyon. « Ce que dit Sébastien à la presse, il nous le dit aussi. Et d'un côté, il n'avait pas tort. On pouvait davantage résister à Lyon, malgré l'infériorité numérique. Peut-être que l'équipe s'est un peu trop découragée. »
L'état d'esprit est tout autre désormais, et les incertitudes sont plutôt du côté de Bayonne, douzième et incapable de gagner en 2026 (sept défaites de rang en comptant la Coupe d'Europe). Le manager Grégory Patat a fait les frais de ces mauvais résultats et d'un climat vicié le mois dernier. « Je ne sais pas si c'est le bon moment pour les affronter, encore moins si c'est le meilleur, mais on en discute entre nous. Je pose des questions à Hugo Zabalza qui connaît des joueurs là-bas pour suivre un peu. On ne se dit pas qu'on va profiter de ce « brouillard », car leur groupe semble solidaire, leurs joueurs de qualité. Mais si ça peut affecter le groupe et leur match, ce sera assurément un élément de motivation supplémentaire pour nous. »
Situation de l'infirmerie et suspensions
Le capitaine Fred Quercy purge la dernière de ses quatre semaines de suspension. Au talon, le staff de Tillous-Borde a la chance de voir Jintcharadze revenir car Firmin (acromio-claviculaire) et Greyling (cheville, sa fin de saison est compromise) sont absents. Opérés, Aouf (épaule, saison terminée), Fonnicola (genou, saison terminée) et Jackson (genou) manquent à l'appel. Reilhac (genou) a repris la course et Mouchous est de retour, offrant quelques lueurs d'espoir dans un effectif éprouvé.



