MHR en finale du Challenge : San Mamés, une cathédrale du rugby à Bilbao
MHR en finale : San Mamés, cathédrale du rugby à Bilbao

Le club montpelliérain défiera l'Ulster, vendredi 22 mai, dans le prestigieux stade de l'Athletic Bilbao pour tenter de décrocher son troisième Challenge. Visite guidée d'une enceinte à part.

Un temple rouge au bord du Nervion

C'est un temple rouge posé en bord du fleuve Nervion. San Mamés, lieu de ferveur quasi religieuse, est une "Cathédrale" à Bilbao, où Montpellier va tenter de décrocher, vendredi, son troisième Challenge face à l'Ulster, la veille de la finale de Coupe des champions entre Bordeaux-Bègles et le Leinster.

Quand il s'agit de titre continental, le MHR a l'habitude de conjuguer sa propre histoire à la grande. 2016 avait été à jamais son premier, et le premier trophée décerné dans le tout nouveau Parc OL de Lyon-Décines. En 2021, malgré le Covid-19, le club héraultais avait su embrasser la légende de Twickenham à Londres pour doubler la mise.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Des places encore disponibles

Si la finale de la Coupe des champions entre Bordeaux-Bègles et le Leinster, samedi à Bilbao, est d'ores et déjà à guichets fermés, ce n'est pas le cas de celle de Challenge, vendredi. Il reste en effet quelques places à vendre, à partir de 35 €, pour assister à MHR-Ulster.

Cinq ans plus tard, Joan Caudullo et ses hommes partent à l'assaut d'un autre monstre de béton et de métal, au cœur d'une cité du Pays basque où le musée Guggenheim n'est pas le seul monument de fierté. San Mamés, qui avait déjà accueilli les finales européennes de rugby en 2018, est au moins aussi important pour les habitants.

Reconstruit en 2013

"Bilbao sans San Mamés serait comme Paris sans tour Eiffel", disait Luis Fernandez, célèbre membre du carré magique de l'équipe de France de foot qui y a entraîné de 1996 à 2000. "Il faut y aller pour comprendre ce stade. Cela ne se raconte pas", ajoutait le technicien né à Tarifa et adopté en Biscaye pour y avoir fait rugir la "Cathédrale".

Le surnom est évocateur et serait lié, selon le site officiel du club, à l'asile San Mamés qui jouxtait autrefois l'enceinte. Ou plutôt à la volonté des supporters d'éviter la confusion lorsqu'ils annonçaient se rendre au stade du même nom. L'appellation a résisté à tout, même à la reconstruction.

Car le San Mamés actuel date en fait de 2013 et son inauguration à quelques mètres du lieu où l'ancien avait été bâti, cent ans plus tôt. Dans le chantier, l'enceinte y a gagné une façade semi-transparente et le titre de meilleur édifice sportif du monde, décerné en 2015 lors du World Architecture Festival. Elle y a, en revanche, perdu son arche antique, réinstallée depuis au centre d'entraînement de l'Athletic. L'âme, elle, demeure intacte, portée par 53 000 sièges rouge sang.

Avec le blanc, mais également le nom du club, la couleur constitue l'un des héritages laissés par les fondateurs, ouvriers anglais supporters de Sunderland et Southampton débarqués à la fin du XIXe siècle.

Saint-Mammès, dompteur de fauves

Fondé en 1898, l'Athletic Club (ou Athletic Bilbao) n'en a pas changé. Il y a accolé une philosophie à peine retouchée malgré l'avènement du foot business : ne faire jouer sous ce maillot que des Basques ou descendants, voire des éléments formés dans cette région atypique qui s'étend entre France et Espagne. Cette spécificité ne l'a pas empêché de décrocher 8 titres de champion d'Espagne, le dernier en 1984, et de ne jamais redescendre en deuxième division, ce que seuls le Real Madrid et le Barça ont réussi.

Il l'a adossée à une âme de "Leon" (de lion) directement liée à San Mamés, ermite qui apprivoisait les fauves en Cappadoce (l'actuelle Turquie) avant d'être assassiné et sanctifié (Saint-Mammès en français). Des siècles plus tard, l'Athletic Club en a fait l'une des pierres angulaires de son identité. Il l'a transposée à ce temple devenu presque objet de culte. Une "Cathédrale" où le MHR jouera pour s'ouvrir à nouveau les portes d'un paradis européen.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale