La blessure de la finale perdue hante encore le joueur
Près de deux semaines après la défaite, la déception reste profonde pour Thibaud Mazzoleni. Le 7 février dernier à Nanterre, le Layracais et ses coéquipiers monégasques ont perdu la finale de l'In Extenso Supersevens face aux Girondins de l'UBB (10-21), manquant ainsi le sacre national à 7. « Je suis très déçu et très triste ; on avait tout donné pour ça depuis cet été, mais c'est la loi du sport », confie le joueur, qui avait pourtant été sacré champion du monde en 2024 puis champion d'Europe en 2025 avec les Bleus.
Le souvenir douloureux de la dernière action
Le match tournait à l'avantage des Bordelais (14-10) lorsqu'il restait moins d'une minute à jouer. Monaco détenait « la balle de la gagne » grâce à une touche à 10 mètres de la ligne adverse. « C'est moi qui lance le ballon et je sais que je ne vais pas le rater. Pour moi, c'est fait, on va être champion de France », se souvient Mazzoleni. Mais Bordeaux a subtilisé le ballon dans l'alignement pour inscrire un dernier essai, scellant ainsi la victoire. « Ils ont très bien défendu, et pas uniquement sur cette action. Je ne m'en veux pas car je n'ai pas forcément fait d'erreur ; mais cette touche me hante toujours un peu », admet le Lot-et-Garonnais.
L'ambition intacte malgré l'échec
À 29 ans, Thibaud Mazzoleni reconnaît avoir laissé passer une belle opportunité. « Quand on joue une finale, on ne sait pas quand arrivera la prochaine ; si tant est qu'il y en ait une. Ça fait donc ch... de perdre ». Cependant, le joueur n'a pas dit adieu au titre de champion de France. Bien qu'ayant quitté le rugby professionnel pour rejoindre l'AS Layrac en Fédérale 1, il entend poursuivre l'aventure avec la formation monégasque.
Un projet humain avant tout
« Ce n'était pas un one shot », prévient Mazzoleni. « Le projet du club est d'inscrire l'équipe dans la durée. On voit ce qu'a fait Bordeaux ; ils ont gagné de par leur expérience collective ». La probabilité de voir le Layracais porter à nouveau la tunique monégasque l'été prochain pour les étapes qualificatives est donc forte. « Je le dis et je le répète : c'est l'une, voire la meilleure expérience que j'ai pu vivre ; quelque chose à part. On est souvent décrié et traité de mercenaires ; la vérité, c'est qu'il s'agit d'une véritable aventure humaine ». Et sportive, puisque chaque année offre une nouvelle chance de conquérir le titre national. « Je ferai tout pour aller le chercher », conclut-il avec détermination.
Le défi du maintien en Fédérale 1
La parenthèse à 7 refermée, Thibaud Mazzoleni retrouve son quotidien à l'AS Layrac, où le rêve des phases finales a cédé la place à une lutte pour le maintien. À six journées de la fin, Layrac (30 points) ne possède qu'une longueur d'avance sur la zone de relégation. Ce dimanche 1er mars, le club affronte Soustons dans les Landes pour « un match à la vie, à la mort ». « Celui qui perdra restera - ou se retrouvera - dans la zone rouge. Or, c'est toujours mieux de regarder les mecs derrière soi que d'aller les chercher devant », analyse le joueur.
Des conditions d'entraînement difficiles
Le doute s'est installé après la première défaite à domicile contre Peyrehorade (27-29), effaçant la confiance née de la victoire initiale à Sarlat (14-20). Mazzoleni pointe également les conditions d'entraînement précaires : « Des conditions qui ne nous permettent pas de nous entraîner correctement. Le vendredi, à Layrac, on utilise le terrain annexe, où il n'y a pas forcément de lumière. Il n'y a pas de lignes, pas de poteaux, il ne fait pas la largeur... Ce n'est pas la meilleure façon de se préparer ». Malgré tout, le joueur reste mobilisé : « Mais on a un club à sauver et il va falloir faire le dos rond ».
Une plus grande maîtrise sera nécessaire pour cette formation « de bas de tableau, en manque de confiance », qui ne peut se permettre une indiscipline chronique marquée par l'accumulation de cartons. Le défi est de taille, mais la détermination de Thibaud Mazzoleni et de ses coéquipiers reste entière.



