Sylvain Marconnet revient sur les débuts de l'Italie dans le Tournoi des Six Nations
Marconnet : souvenirs des débuts de l'Italie dans le Tournoi

Sylvain Marconnet se souvient des débuts italiens dans le Tournoi

Deuxième pilier français le plus capé de l'histoire des Bleus avec 84 sélections, Sylvain Marconnet, aujourd'hui âgé de 49 ans et installé au Pays basque, appartient à la génération qui a accueilli l'Italie dans le Tournoi des Six Nations à partir de l'an 2000. En neuf confrontations contre la Squadra Azzurra, il n'a connu qu'une seule défaite, survenue en 2011. Le joueur, qui compte une sélection de moins que Nicolas Mas, conserve des souvenirs vivaces de cette époque, mêlant découverte culturelle, anecdotes sportives et émotions fortes.

La découverte d'une nouvelle destination rugbystique

« C'était plutôt sympa d'intégrer une nouvelle destination, un peu plus latine, avec un parfum presque exotique, et on jouait un peu face à nos cousins », confie Marconnet. Il précise que l'Italie n'était pas perçue comme une grande nation de rugby à l'époque, mais que l'équipe française restait vigilante face à des adversaires capables de coups d'éclat. La préparation, cependant, pouvait être différente.

Le sélectionneur Bernard Laporte, conscient d'un relâchement naturel des joueurs, maintenait une pression constante. Marconnet se remémore un incident à Rome, la veille d'un match, où Laporte, excédé par des ballons tombés lors d'un entraînement, avait ordonné leur retrait, laissant les joueurs dans une situation surréaliste.

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Rome : entre tourisme et convivialité

Contrairement aux autres capitales du Tournoi comme Cardiff ou Dublin, Rome offrait une atmosphère distincte. « On arrivait dans une ville qu'on ne connaissait pas, pour la plupart. Une autre langue, un état d'esprit différent », explique le pilier. Les joueurs profitaient de visites touristiques, du Vatican à la fontaine de Trevi, et partageaient des moments conviviaux autour de pâtes ou de pizzas.

Le stade Flaminio, d'une capacité modeste de 24 000 places, contrastait avec les enceintes plus imposantes. « Tu avais l'impression que c'était le stade de Givors avec quelques gradins mis à l'arrache », sourit-il. Les troisièmes mi-temps révélaient aussi un décalage stylistique : « Ils sont vraiment les dépositaires du lifestyle et du bon goût. Nous, on découvrait d'autres endroits, mais dans la bogossitude, on est redescendus d'un niveau ».

Des relations respectueuses avec les internationaux italiens

Ayant côtoyé des joueurs comme Diego Dominguez ou Sergio Parisse au Stade Français, Marconnet note une certaine retenue dans les échanges. « Pas tant que ça, car il y avait un peu de pudeur. On savait que leur sélection n'était pas forcément au niveau », avoue-t-il. Les chambrages restaient limités, sauf dans le cas de Christophe Dominici, victime d'un plaquage mémorable de Castrogiovanni, qui devint une source de taquineries prolongées.

Le match inaugural de 2001 et la défaite de 2011

Le premier match à Rome en 2001 reste gravé dans sa mémoire. « Sans doute le premier à Rome, en 2001. Nouvel adversaire, nouveau stade… C'est plus le fait d'avoir participé à l'événement », souligne-t-il. La victoire 30-19 fut âprement disputée. En revanche, la défaite de 2011 (22-21) fut un choc. « On était un groupe sous pression dans une année de Coupe du monde », analyse Marconnet, évoquant des tensions internes et un discours usé de Marc Lièvremont. Cette défaite entraîna l'éviction de plusieurs joueurs, dont lui-même après une ultime sélection contre l'Irlande.

L'évolution de l'Italie aujourd'hui

Marconnet observe une progression nette de l'équipe italienne. « Avant, quand ils gagnaient un match, leur Tournoi était réussi. Aujourd'hui, ils sont en capacité d'en gagner deux, voire trois », constate-t-il. Il s'interroge cependant sur le niveau général du rugby européen et attend avec impatience les confrontations à venir, les considérant comme de vrais tests pour évaluer la réelle valeur des nations.

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