Le MHR s'installe sur le podium avant la trêve hivernale
Au moment de partir en vacances, le Montpellier Hérault Rugby s'est offert le luxe de s'installer confortablement sur le podium du Top 14. Après sa nouvelle démonstration de force contre le Racing 92 (41-12) lors de la 18e journée, le club héraultais confirme que la machine est bel et bien lancée. Samedi soir, pas trop le temps pour une deuxième bière - la première dans le vestiaire étant comptée d'office - car une grande partie des joueurs et du staff montpelliérains sont partis en vacances pour dix jours.
Une pause bien méritée après des performances remarquables
Le Top 14 étant en pause durant trois semaines, tout le monde a besoin de se régénérer. Pour la première fois depuis quatre ans, le club peut se mettre en pause - sauf dans les bureaux où le travail continue - avec l'esprit léger. Une troisième place au classement général, ça aide à déconnecter plus facilement au moment de partir en famille au ski pour certains, à l'île Maurice pour d'autres, et au pays pour les derniers.
Il semble particulièrement intéressant de s'arrêter quelques minutes sur ce qui est en train de se passer à Montpellier. Certes, tirer des conclusions maintenant peut paraître hâtif, tant l'équilibre reste fragile et le calendrier à venir s'annonce dantesque avec des déplacements à Clermont et Toulouse fin mars. Mais quand même, ce que dégage le MHR depuis quatre mois montre clairement que ce groupe a franchi un cap important, piloté par un staff de plus en plus légitime.
Des chiffres qui parlent d'eux-mêmes
Les statistiques sont éloquentes : sept victoires sur les neuf derniers matches de Top 14, dont quatre avec point de bonus offensif. Les deux seules défaites, à Pau (33-31) et Toulon (30-27), ont même débouché sur un bonus défensif. Depuis le revers à domicile contre Clermont (7-9) le 1er novembre, Montpellier s'est complètement transformé. On peut ajouter, au passage, les quatre victoires bonifiées en Challenge Cup.
Une équipe complète selon les adversaires
Dans le contenu de jeu, l'équipe ne passe plus à travers ses rencontres. Alors, que s'est-il passé ? Comment la machine s'est-elle à ce point lancée, capable de dominer et de déplacer l'adversaire ? "Cette équipe n'a pas de défaut, elle est complète partout", reconnaissait même le capitaine du Racing 92, Max Spring.
"C'est le résultat de plusieurs choses, de certains individus retrouvés du titre 2022, d'un collectif meurtri par le barrage 2024 et qui ne veut pas revivre ça. Tout ça est resté dans les mémoires", décrypte le troisième ligne Alexandre Bécognée, symbole de cette génération championne de France de retour au top avec les Forletta, Chalureau ou Verhaeghe. "On a connu la galère. Mais on sait aussi ce qu'il faut faire pour que ça marche. Tout ça permet de retrouver des bases solides."
La vision du staff et l'ADN du club
Joan Caudullo, le manager, complète cette analyse : "Les mecs, depuis qu'on est là, on leur a mis des mots dans la tête, notamment lors des intersaisons : dominer l'adversaire, être dure à jouer. C'est notre ADN, et ça avait été clairement annoncé par un Fulgence Ouedraogo et un Pascal Mancuso, des emblématiques. Depuis cette saison, on est plus qu'une équipe dure à jouer. On est capable de jouer au rugby. Et je suis sûr que, maintenant, on peut gagner des matches sans être bon mais en dominant l'adversaire."
Le manager explique ensuite comment cette domination est possible : "Grâce à notre recrutement et notre formation, retrouver des mecs comme des Trinh-Duc ou des Picamoles qui nous faisaient dominer."
Un recrutement qui porte ses fruits
Le recrutement a définitivement joué un rôle majeur dans ce redressement spectaculaire. Des joueurs d'envergure internationale comme Vunipola, Hogg, Banks, Anyanwu, Piccardo ou Price ont apporté une plus-value certaine aux côtés des Nouchi, Moustin, Erdocio et Akrab. La mayonnaise a pris, et le mélange fonctionne parfaitement.
"On a déjà hâte d'être au prochain match", lançait un joueur après la rencontre, presque frustré de partir en vacances après une si belle dynamique. Certains observateurs commençaient même à voir des similitudes avec l'année 2022, celle du titre de champion de France.
Attention aux enflammades prématurées
Il faut cependant rester prudent et éviter les enflammades trop rapides. Le chemin reste long et semé d'embûches, mais la tendance est indéniablement positive. L'équipe a retrouvé une confiance et une cohésion qui lui permettent d'aborder chaque match avec une sérénité nouvelle.
Le printemps s'annonce passionnant pour les supporters montpelliérains, qui voient leur équipe retrouver des couleurs et des ambitions légitimes. Après des années difficiles, le MHR semble avoir retrouvé son identité et sa capacité à impressionner dans le championnat de France.



