La Rochelle savoure une victoire convaincante face à l'UBB malgré les absences
La Rochelle s'impose face à l'UBB dans un match maîtrisé

Une victoire rochelaise savourée à Marcel-Deflandre

Conscients d'avoir affronté une équipe de l'Union Bordeaux-Bègles largement remaniée, les joueurs de La Rochelle ne se sont pas montrés arrogants ce samedi. Ils n'en ont pas moins pleinement apprécié le bonheur d'avoir pu offrir un spectacle de qualité à leur public au stade Marcel-Deflandre.

Une ola rare et un public reconnaissant

Une ola a parcouru les tribunes de Marcel-Deflandre. Ce n'est pas un phénomène inédit, mais il était devenu rare, jusqu'à la 76e minute de cette opposition entre La Rochelle et l'UBB. Les supporters n'ont pas chambré l'adversaire et voisin girondin, qui s'achemine alors vers une lourde défaite (45-15). Ils sont trop conscients que, malgré sa valeur réelle, ce n'est pas le champion d'Europe qui a éliminé Toulouse en Champions Cup six jours plus tôt qui est sur le terrain.

Non, le peuple jaune et noir savoure simplement le bonheur de voir son équipe accélérer le jeu, enchaîner les passes, jouer dans les espaces et franchir la ligne d'essai à six reprises. Les Maritimes ont trop souffert cette saison, entre les matchs ratés et les blessures en série – Upaleto Feao et Andy Timo sont d'ailleurs sortis sur blessure à l'épaule – pour bouder leur plaisir.

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Le bonus offensif et le plaisir du jeu simple

Bien sûr, le bonus offensif décroché aux dépens d'une formation jeune est important pour rester dans la course au top 6. Mais en cet après-midi ensoleillé, seul compte le plaisir des choses simples. Cette satisfaction se prolonge quand les joueurs se congratulent sur la pelouse, célébrant la 150e sortie de Reda Wardi sous les couleurs de la Caravelle, avant d'effectuer un tour d'honneur apprécié.

Les réactions des joueurs rochelais

« C'est rare qu'on prenne autant de plaisir », confie Oscar Jegou. Le demi de mêlée Nolann Le Garrec, auteur de 25 points avec un doublé et un sans-faute au pied (7/7), souligne : « Quand on voit les 23 sur la feuille, c'est vrai qu'on se dit qu'on n'a pas tout eu de notre côté. On ne s'est pas trop plaint. Tout le monde sait nous rappeler quand on est moyen. Là, on n'a pas été très bon mais on a été bon. Il faut profiter. »

Il ajoute : « Ce n'était pas facile toutes les semaines, en plus on a perdu des joueurs et connu des petits soucis comme l'arrêt de carrière d'Uini Atonio. On est uni depuis le début, c'est la force de ce club. »

Une troisième ligne internationale enfin alignée

La force d'un grand club, c'est aussi de pouvoir s'appuyer sur ses leaders et ses internationaux, ce que La Rochelle a rarement pu faire depuis septembre. Ainsi, elle aligne enfin, et pour la première fois cette saison, sa troisième ligne internationale complète avec Grégory Alldritt, Oscar Jegou et Paul Boudehent, face aux Bleus Marko Gazzotti et Temo Matiu de l'UBB.

Quand ces joueurs sortent conjointement à la 52e minute, alors que le score est de 31-10, on devine que le staff technique a une idée précise en tête. « On avait pour consigne de tout donner », confirme Jegou. Neuf minutes plus tard, l'entraîneur Ronan O'Gara effectue un coup tactique inspiré de Rassie Erasmus, le sélectionneur sud-africain, en les faisant tous revenir sur le terrain, avec Jegou repositionné au centre et ses aînés en deuxième ligne.

Une innovation tactique payante

« Il nous avait dit qu'il y avait la possibilité de rentrer. On s'est tenu prêts », témoigne Jegou. D'ordinaire, ce type de coaching concerne la première ligne. Cette innovation, rendue possible grâce à la règle des douze remplacements en Top 14, s'avère payante avec deux essais supplémentaires inscrits en fin de match.

« On avait beaucoup de joueurs qui revenaient de blessure. C'était important de les faire souffler et de pouvoir avoir un pack compétitif tout au long de la rencontre », explique Sébastien Boboul, responsable de l'attaque.

Un jeu axé sur la mobilité et la vitesse

Cela se confirme sur le cinquième essai marqué par Thomas Berjon (38-15, 66e), à l'issue d'une action de plus de deux minutes. Jeu dans l'axe, passes rapides sur les côtés ou après le contact, attaques dans les espaces : on voit clairement vers quoi tend ce groupe rochelais.

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« Ces derniers temps, on passait beaucoup au sol, on perdait beaucoup d'énergie. Là, on a été capable de jouer des duels debout, ça nous a permis d'avancer et d'avoir beaucoup de monde sur pied », analyse Le Garrec.

Il poursuit : « On n'a plus Will Skelton, Uini Atonio, ces gros porteurs qui nous faisaient avancer. On s'adapte. On a des avants beaucoup plus mobiles, qui sont joueurs, comme Andy Timo, Oscar Jegou et Matthias Haddad-Victor, et on a la volonté de mettre de la vitesse et de déplacer ce ballon. »

Les notes de la rencontre

La Rochelle : 8/10 pour Cancoriet, Lagivala, Le Garrec ; 7/10 pour Alldritt, Jegou, Boudehent, Leyds, Wardi, Hastoy, Kante Samba ; 6/10 pour Kuntelia, Nowell, Lespiaucq, Latu, Seuteni, West.

UBB : 5/10 pour Barlot, Jacobs, Gazzotti, Matiu, Gardrat, Reus, Retière, Uberti, Rayasi, Mousques ; 4/10 pour Swinton, Drault, Tambwe ; 3/10 pour Falatea, Boniface.

Deflandre a apprécié le spectacle, entonnant « Et ils sont là les Rochelais ». Oui, ils sont toujours présents, mais ils savent qu'à Perpignan, le 25 avril, une tout autre affaire les attend face à une USAP en mode combat. Ils n'ignorent pas non plus que, cette saison, ils ont la fâcheuse tendance à briser des dynamiques pourtant bien engagées.