Une journée inoubliable à Newcastle pour La Rochelle
Aucun Rochelais présent à Newcastle samedi n'oubliera cette journée historique. Que ce soit la poignée de supporters de la Team Béret 17 – avec qui les joueurs ont pris une photo après les avoir salués un par un –, les jeunes Jaune et Noir dont certains vivaient une première expérience européenne, ni même les plus expérimentés et les membres du staff. Ce succès (18-26), dans un match d'un niveau global très moyen face à une équipe assez faible mais à l'engagement maximum, forge des souvenirs communs pour la vie.
Des sourires révélateurs et une vitrine pour le club
Il suffisait de voir les sourires des jeunes Sacha Elissalde, 18 ans, Gabin Garault et Diego Jurd, 19 ans, mais aussi des vétérans comme Ihaia West, 34 ans, ou Jack Nowell, hors groupe, pour s'en convaincre. Les Rochelais n'ont pas sauvé leur saison samedi, quand bien même ils sont à deux victoires d'une finale en Challenge Cup – ils disputeront leur quart ce vendredi à Belfast, face à l'Ulster, 3e de l'URC devant le Leinster. Dans un exercice 2025-2026 plombé par les blessures et les défaites, ils ont offert « une magnifique vitrine pour le club » et « une bonne image », selon Romain Carmignani.
La progression des jeunes et l'alchimie du groupe
« On avait vu ces jeunes contre les Stormers (défaite 42-21 le 13 décembre), quatre mois plus tard, il y a une bonne marge de progression puisqu'on arrive à s'imposer », développe le coach de la défense. « On est fier de ça, ils ont bossé et ils sont récompensés. Je ne suis pas surpris, entre les signaux envoyés et la sensation que l'on a que le groupe vit bien. Il y a une bonne alchimie entre les mecs, une envie de s'arracher pour la fin de saison. »
Thomas Berjon ajoute : « C'était très loin d'être parfait mais avec l'état d'esprit et l'envie qu'on a mis, on a rattrapé les coups. On est très content, les jeunes se sont bien envoyés, ont répondu présent dans l'engagement, comme je leur avais demandé. On s'est rendu le match compliqué, on s'en serait voulu si on avait perdu, parce qu'il y avait beaucoup de place. Ce Challenge n'était pas forcément un objectif mais c'était l'occasion de créer une belle histoire, on l'a jouée à fond. On va aller en Irlande avec le même état d'esprit. »
Le symbole Édouard Richer et la force du collectif
Et sensiblement le même groupe, puisqu'il a gagné ce droit de poursuivre cette aventure, au-delà des indisponibilités et de la nécessité de préserver des cadres. D'autant que s'il n'y a pas encore de quoi transformer cette qualification en tournant pour la fin de saison, c'est un joli pic d'adrénaline pour des joueurs symbolisés par la performance du cinq de devant, bien sûr, mais aussi de la 3e ligne, Édouard Richer en tête. Un flanker contrarié par les blessures, très peu aligné et qui, avant d'évoluer à Narbonne (Nationale) avec Simon Huchet la saison prochaine, a montré un investissement total.
70% des joueurs issus du centre de formation
« Je suis fier de représenter cette équipe ce soir », souffle le capitaine Thomas Berjon. « 70% des joueurs (16 sur 23) sont issus du centre de formation, ça montre que le club travaille. On s'est payé ce soir. Les jeunes ont fait un gros match, ça va remettre un peu d'émulation à l'entraînement et nous apporter pour cette fin de saison. » Avec, déjà, un quart à jouer à Belfast, chez une solide formation nord-irlandaise. « C'est peut-être le début d'une belle aventure, ça ne peut amener que du positif cette semaine, qui sera courte », prévient le demi de mêlée, heureux d'avoir pu récompenser les quelques supporters venus les soutenir en Angleterre.
Et dire qu'à un essai refusé près des Ospreys en fin de match en Ulster (défaite 28-24 samedi), Deflandre aurait pu recevoir ce fameux quart… Qu'importe, ces Jaune et Noir ont montré qu'ils aimaient ces voyages propices à former leur jeunesse, offrant une lueur d'espoir dans une saison difficile.



