Julien Massé : une reconversion atypique du piano au rugby
Issu d'une lignée de restaurateurs, Julien Massé a opéré un virage surprenant en abandonnant les fourneaux pour se consacrer à l'ovale. Point de prolégomènes nécessaires pour comprendre le parcours de ce talonneur reconverti sur le tard, dont la trajectoire sportive n'a rien emprunté aux circuits traditionnels.
Des débuts précoces sur les parquets de basket
Bien avant d'affronter la tectonique des packs rugbystiques, Julien Massé a été biberonné très tôt au basket-ball. « J'ai débuté à 4 ans et joué jusqu'à 18 ans, dans le club qu'a présidé mon père. J'étais ailier fort », raconte le talonneur du Sporting Club Rhétais. Celui qui a connu quelques trous dans la raquette marchait alors dans les pas de son père Rémi à Saint-Clément-des-Baleines.
La révélation rugby à La Rochelle
Pourtant, dans son for intérieur, le jeune homme nourrissait une passion secrète. « J'ai toujours eu envie de faire du rugby. J'habitais La Rochelle, j'ai débuté au Stade en Crabos. Ça s'est bien passé, j'étais assez costaud, je suis rapidement passé pilier », explique-t-il. En catégorie Espoirs, il a évolué dans une équipe remarquable aux côtés d'Arthur Cestaro et des débuts de Uini Atonio.
L'évolution vers le poste de talonneur
C'est à Niort que sa transformation s'est achevée. « Je suis passé talon avec Rémi Lescalmel », précise Julien Massé. Après un passage en Australie et des expériences à Puilboreau et Surgères, il a finalement retrouvé l'île de Ré où ses deux fils, Marius (10 ans) et Hyppolyte (5 ans), sont désormais inscrits au club.
Une fierté familiale et un engagement local
« Ils sont mordus, ils étaient chez papy, grand fan de rugby, pour regarder le match face aux Gallois », confie le joueur qui assume également le rôle d'éducateur des U10. « Avec mon frère Guillaume (3e ligne), c'est une fierté de défendre les couleurs du coin », ajoute-t-il avec émotion.
Julien Massé a délaissé le piano parental pour mieux déménager les adversaires sur le terrain. Il affectionne particulièrement cuire à l'étouffée les packs adverses et les cocottes qui avancent, pour offrir des ballons propres aux demis de mêlée, priés de ne pas en faire ensuite une bouillie rugbystique. Son parcours démontre qu'il n'est jamais trop tard pour suivre sa passion, même lorsqu'elle vous éloigne de la tradition familiale.



