Jonny May, ex-star anglaise, évoque le Tournoi et la France depuis Angoulême
Jonny May parle du Tournoi et de la France depuis Angoulême

Jonny May, l'ancienne star anglaise, se confie depuis Angoulême

Exilé à Angoulême, Jonny May, deuxième marqueur d'essais de l'histoire du XV de la Rose et désormais ailier du SA XV, raconte sa relation au Tournoi des Six-Nations et à l'équipe de France. Drôle d'endroit pour cette rencontre, ce lundi midi, un petit vent frisquet balayait les tribunes du stade Chanzy, un lieu improbable pour interviewer cette légende du rugby anglais.

Une nouvelle vie en Pro D2

Star du XV de la Rose sous Eddie Jones, Jonny May (34 ans, 78 sélections, 36 essais) a choisi de prolonger sa carrière dans l'anonymat de la Pro D2. « J'arrivais à la fin de mon contrat à Gloucester et j'avais envie de vivre quelque chose de différent. J'ai eu un premier contact avec le SA XV, mais j'ai finalement appelé le club moi-même après qu'une autre offre se soit retirée. Je ne connaissais rien d'Angoulême, mais c'est parfait pour moi et ma famille. J'ai même acheté une maison juste à côté du stade. Je suis heureux ici », explique-t-il.

Les émotions du Tournoi des Six-Nations

Avec le Tournoi des Six-Nations qui approche, Jonny May partage ses souvenirs. « En dehors de la Coupe du monde, c'est la plus belle compétition. En Angleterre, c'est la seule qui capte toute l'attention du pays, diffusée à tous contrairement aux championnats payants. Vous avez le sentiment de jouer dans des classiques, des matches incroyablement disputés qui marquent l'histoire », affirme-t-il. Il évoque des émotions amplifiées : « En club, après une défaite, vous avez un espace pour vous changer la tête. Avec l'Angleterre, on reste ensemble, et l'atmosphère peut être pesante ».

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L'héritage et la pression anglaise

Enfant, May regardait religieusement le Tournoi, idolâtrant la génération 2003 des champions du monde comme Jonny Wilkinson. « En tant qu'Anglais, j'ai toujours eu le sentiment que les autres jouaient leur meilleur match contre nous. Être anglais, c'est une pression et un privilège », souligne-t-il. Il décrit l'hostilité intense à Cardiff, où les rues bondées et les insultes sont monnaie courante, contrastant avec le Stade de France, perçu comme « plus une fête, une célébration ».

Twickenham et les duels avec la France

Sur Twickenham, May note : « C'est un endroit incroyable, mais quand cela se passe mal, vous pouvez vivre de grands moments de solitude. L'énergie des tribunes est un reflet de ce qui se passe sur le terrain, c'est à double tranchant ». Contre la France, il a marqué sept essais, appréciant les espaces ouverts. « Le match de 2019 à Twickenham, où j'ai réalisé un triplé, reste un grand souvenir, mais l'équipe de France a bien changé depuis », ajoute-t-il.

Réflexions sur Eddie Jones et l'équipe d'Angleterre

Évoquant Eddie Jones, son entraîneur de 2015 à 2021, May défend son caractère unique. « Eddie est fou mais il nous a fait grandir. Tout ce qu'il entreprend a un objectif : faire progresser les joueurs. Il ne faut pas empêcher Eddie d'être Eddie ». Sur la philosophie de jeu axée sur la défense, il explique : « Avec une bonne défense et un jeu au pied performant, vous poussez l'adversaire à commettre des fautes, créant des opportunités. Cela a marché un temps, mais les autres équipes s'adaptent ».

Le tournant de 2020 et l'admiration pour les ailiers français

May reconnaît un basculement en 2020 contre la France. « C'est probablement le match qui marque un tournant. Nous commencions à baisser de niveau, et la France débutait son cycle. Les Français nous ont bien secoués ». Il exprime son admiration pour Damian Penaud et Louis Bielle-Biarrey : « J'aime beaucoup Penaud, il a vraiment progressé. Bielle-Biarrey, je l'adore, il est tellement rapide. J'aime voir des ailiers s'exprimer ».

Inspirations et défis du poste d'ailier

May cite Jonah Lomu et Jonny Wilkinson comme inspirations, et avoue redouter des joueurs comme Rieko Ioane. « Sur le terrain, les ailiers sont les joueurs les plus dangereux individuellement. Laissez-leur un peu d'espace et vous êtes en danger ». Il résume son poste : « J'aime courir avec de l'espace, marquer des essais, mais cela peut être frustrant quand les étoiles ne sont pas alignées ».

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