Upaleto Feao, le jeune pilier rochelais qui défie les pronostics en Top 14
Feao, le jeune pilier rochelais qui surprend en Top 14

Upaleto Feao, la révélation inattendue du Stade Rochelais

Personne n'aurait parié, au mois d'août dernier, qu'Upaleto Feao, le jeune pilier droit de 20 ans d'origine tongienne, enchaînerait les titularisations en Top 14 au printemps. Pourtant, ce samedi face à l'UBB, il disputera sa cinquième rencontre d'affilée dans le XV de départ, un signe fort de confiance de la part du staff technique rochelais. Une ascension aussi rapide que surprenante pour un poste aussi sensible que celui de pilier droit.

Un parcours fulgurant né des circonstances

Le potentiel du natif des Tonga, formé à Angers avant d'arriver à La Rochelle en 2020, n'était pourtant pas un secret. Romain Sazy l'avait déjà évoqué avec enthousiasme durant l'été 2024. Son entrée en jeu prometteuse face à Pau en match amical, un an plus tard, avait confirmé les espoirs placés en lui. Cependant, personne ne pouvait anticiper la conjonction d'événements qui allait propulser sa carrière : l'accident cardiaque mettant fin à la carrière d'Uini Atonio, le retour en forme tardif de Joel Sclavi et la polyvalence d'Aleksandre Kuntelia, devenu une option crédible en deuxième ligne.

Contrairement au processus habituel pour les jeunes espoirs, Feao n'a jamais connu le banc des remplaçants. Solide avec l'équipe Espoirs, il a été lancé directement dans le grand bain en novembre face à Pau, avant de réapparaître en février lors de la victoire à Castres. Depuis, il a enchaîné les matches contre Pau et Bayonne, étant même préservé pendant le Challenge Cup, une compétition pour laquelle il n'était pas inscrit.

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Un potentiel exceptionnel sous haute surveillance

« Il est exceptionnel avec les skills », souligne d'emblée le manager Ronan O'Gara. Le jeune pilier avait notamment délivré une passe remarquable après contact, en position de centre, pour offrir un essai à Nolhann Couillaud cet été à Mont-de-Marsan. « Il a un très bon mentor en la personne de Tolu Latu, qui prend vraiment soin de lui. Uini Atonio aussi, avec qui la connexion est très forte », ajoute O'Gara. « On ne peut pas lui fixer un plafond, car on ne sait pas comment il peut finir. Il a un corps hyper intéressant pour créer une mêlée autour de lui. »

Mais le manager irlandais reste lucide sur les défis à relever : « Le challenge pour lui, c'est nutrition, forme physique, capacité d'enchaîner les matchs, et la mêlée ». Dans un rugby en quête désespérée de solutions d'avenir au poste de pilier droit, la question de son plafond se pose. « C'est hyper dangereux de dire ça, parce que ça lui mettrait une pression supplémentaire », tempère O'Gara, « mais il est super intéressant balle en main. Il est à l'aise, ce qui est souvent le plus difficile à inculquer à un joueur. »

La pression interne comme moteur

O'Gara place délibérément la barre très haute pour son jeune protégé, signe de l'importance qu'il revêt dans le projet du club : « La question pour lui, c'est de savoir s'il a l'envie ou la volonté d'être un des meilleurs mondiaux, ou d'être content de jouer en Pro D2 ? ». Le manager développe sa philosophie : « On peut se taper sur la tête comme on veut, la meilleure motivation est à l'intérieur de chaque joueur. Un entraîneur peut inspirer un joueur, pas le motiver. Est-ce qu'il est OK pour jouer à Angoulême, ou est-ce qu'il est intéressé par le fait de jouer pour l'équipe de France ? Réponse dans les six prochains mois. »

Sa titularisation récurrente, alors que des options expérimentées comme Karl Sorin et Joel Sclavi sont disponibles, s'inscrit dans cette logique d'inspiration. « Exactement. Mais ce n'est pas pour l'avenir, c'est pour maintenant. On sait quel championnat est le Top 14. Donc si je n'avais pas confiance… Le Stade Rochelais est une bonne écurie. On a un énorme avantage, pour maintenant et pour l'avenir, avec le travail fait par le club. » Un avantage consolidé par la présence d'autres jeunes talents comme Gael Galván et Zak Price chez les Espoirs.

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Christian Luaki, l'autre pépite du vivier rochelais

Upaleto Feao n'est pas la seule jeune promesse à émerger. Christian Luaki, 21 ans, a également marqué les esprits lors de ses apparitions en Challenge Cup. « Son développement n'est pas le même que celui de 'Upa', qui a joué plus de matchs, sur qui on a plus de visibilité », analyse O'Gara. « Mais Christian a marqué des points par son attitude et, plus important, par ses actes sur le terrain. » Le pilier tarn-et-garonnais, qui fêtera ses 22 ans le 23 avril, n'est pas retourné à Soyaux-Angoulême pour terminer son prêt et sera remplaçant à Bayonne avec les Espoirs, preuve de la richesse du vivier rochelais.