Ils ne jouent ensemble que depuis un an et, pourtant, leur jeu est si fluide qu’ils semblent se connaître depuis toujours. Inventifs et appliqués, Martin Doan et Hugo Llorente ont affolé les statistiques de la poule 3 de Fédérale 2 et sont un atout majeur dans le rêve palavasien de montée.
Une connexion instantanée
Quand on les interroge sur le naturel de leur association, Martin Doan – numéro neuf – et Hugo Llorente – demi d’ouverture – répondent d’une même voix : « On a la même vision du rugby ». Ce dernier, ils l’aiment dynamique, rassembleur et, surtout, réjouissant. Alors, quand Martin débarque du haut niveau, à l’intersaison, au Rugby Club Méditerranée, le coup de cœur a lieu : « notre connexion est naturelle, ça a matché direct », se souvient le numéro dix. « C’est facile sur le terrain et en dehors », confirme le neuf.
Des statistiques impressionnantes
À eux deux, ils ont inscrit le plus grand nombre de points palavasiens : Llorente est, comme souvent, meilleur marqueur et buteur de sa poule (276 unités), Doan a parachevé neuf essais. « La statistique est personnelle mais je n’aurais jamais ces opportunités au pied sans l’équipe qui fait le boulot, se défend presque Hugo. C’est le collectif qui fait que cela peut être cool au niveau individuel ».
Une complicité qui transcende le terrain
Susciter l’engouement, Doan s’en fait le reflet : « Avec Hugo, on s’entend si bien qu’on veut faire vivre les mecs avec nous. Tout est simple quand on s’apprécie ». Cette complicité repose sur deux êtres obsédés par le fait de bien faire : « C’est l’ADN du club, ça fait quelques années maintenant qu’on joue ainsi avec des joueurs techniques, qui vont vite, qui essaient de créer. On pense vraiment que c’est comme ça qu’on peut faire quelque chose d’exceptionnel cette année », décrit l’ouvreur qui se souvient aussi de l’impact de son collègue dès les premiers lancements : « Martin est le meilleur numéro neuf avec lequel j’ai joué. Il a connu le très haut niveau alors tout est allé plus vite dès son arrivée ».
« Hugo a joué toute une saison en neuf donc il connaît, en plus, très bien ce poste. La similarité de notre approche est renforcée », explique l’ancien professionnel qui tient à la reconnaissance de ses pairs : « Je ne sais pas être à 50 %. Je savais que, même en m’engageant dans une division en dessous, je me donnerai à 100 %. Je disais que je relâcherai un peu, c’était faux, j’en suis incapable ! Avec le temps, je me suis rendu compte que plus on parle de moi mieux c’est, car cela veut dire que mon rugby continue d’être bon car je n’aime pas décevoir », reconnaît le demi de mêlée passé par Albi, Mont-de-Marsan, Bourgoin et Montpellier.
Un épanouissement retrouvé
Au RCM, il a saisi l’alliance parfaite entre excellence et régal : « Je suis venu pour l’objectif montée mais j’ai aussi retrouvé ce que je cherchais : une belle bande de copains. Je performe car je m’épanouis grâce à eux ». Et Hugo n’y est pas étranger : « Tout ce que j’annonce, Martin rentre directement dedans. Et inversement. C’est un joueur d’instinct et j’aime aussi tenter : l’un suit l’autre automatiquement. »
L’expérience de Martin est aussi celle du cœur, cela saute aux yeux quand il exhibe un portrait de lui enlaçant Hugo, lors de la victoire en cinquième journée à Monaco, jusqu’alors intouchable – « une image de notre complicité ». Depuis, il rêve encore plus grand : « Je l’ai dit aux mecs au 16e aller, quand tu gagnes un titre, c’est mémorable toute ta vie, peu importe le niveau. C’est beau parce que ça reste ancré. Les mésaventures arrivent mais rien n’entache le fait d’être sûrs de ses forces ».
D’horizons différents, le talent des deux techniciens est le plus universel qui soit : « l’envie simple de se faire plaisir », conclut Llorente.



