Corentin Mézou : comment le jeune deuxième ligne du RCT s'est forgé pour le Top 14
Corentin Mézou : la transformation physique du jeune espoir du RCT

Corentin Mézou : la métamorphose physique d'un jeune espoir du RCT

Le longiligne deuxième ligne toulonnais Corentin Mézou, âgé de 21 ans, dévoile le travail invisible réalisé pour répondre aux exigences du championnat de France de rugby. Le joueur du Rugby Club Toulonnais évoque son parcours d'adaptation au plus haut niveau, confirmant ainsi les grands espoirs placés en lui par son club.

Un baptême du feu révélateur

Le public avait découvert ce géant de 2,04 mètres au début de la saison dernière avec quatre titularisations consécutives. Cette première expérience avait suffi à mesurer l'écart physique entre la catégorie Espoirs, où Mézou régnait, et le Top 14 particulièrement exigeant.

« Je m'étais fixé pour objectif de jouer des minutes en professionnel cette année-là, mais je ne pensais pas que ça allait arriver si tôt, confie le numéro 4, plus loquace qu'il n'y paraît. C'était formidable sauf que, physiquement, j'étais un peu moins prêt... À la fin de ces quatre matchs, j'étais complètement épuisé. »

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Arrivé dans le Var un an plus tôt avec dix kilogrammes de moins sur la balance, le deuxième ligne breton devait encore prendre de l'envergure : « Je m'en étais aperçu immédiatement. Sur les impacts, c'était difficile. Le jeu aussi allait plus vite. Je m'étais dit que j'avais une marge de progression, avec un travail important à réaliser pour pouvoir être à la hauteur. »

Les bénéfices inattendus d'une blessure

Une déchirure au psoas, un Tournoi des Six Nations des moins de 20 ans, deux autres feuilles de match en championnat et une Coupe du monde U20 plus tard, « Coco » s'était finalement renforcé.

« La blessure m'a permis de développer mon haut du corps, explique-t-il. Au début, c'était assez difficile de regarder les copains jouer, aussi bien les Espoirs que les professionnels. En plus, tu viens de découvrir le Top 14, donc ça provoque une descente d'émotions. Mais finalement, tu te dis qu'être absent t'a aidé pour la suite. »

Cette saison, après avoir manqué le début de compétition pour cause de blessure à un doigt, le natif de Plougastel-Daoulas a pu davantage enchaîner les matchs. Avec déjà quatorze rencontres disputées, il commence à s'affirmer au gré des absences et de ses propres progrès : « Il y a eu pas mal de blessés à mon poste. Je saisis les opportunités quand on me les donne. C'est très enrichissant pour un début de carrière. »

Tenir les longues séquences de jeu

L'expérience devient encore plus précieuse lorsque, à seulement 20 ans, aux côtés du capitaine David Ribbans, on débute dans la cage lors d'un huitième et d'un quart de finale de Champions Cup.

« Je ne m'attendais pas du tout à commencer ces rencontres-là ! Je suis toujours en apprentissage. À la fin, tu ne réalises pas vraiment que tu viens de jouer un tel match. » Et avec quelques jours de recul ? « Devant, ça tapait fort », sourit l'homme aux bandages noirs.

Heureusement, cette fois, il était mieux préparé. « Par rapport à mes débuts, j'ai pris deux ou trois kilogrammes (Mézou pèse aujourd'hui 116 kg). Mais j'ai surtout gagné en force. Je me suis davantage forgé, notamment sur le haut du corps. On pourrait dire que j'ai un peu transformé le gras en muscle, sans pour autant trop prendre de masse. Je dois continuer d'être utile dans le domaine aérien et enchaîner les tâches sur le terrain, car ça reste mes qualités principales. »

Un travail acharné loin des terrains

Cette progression, le jeune joueur du Finistère la doit en grande partie à son travail invisible : « Ça a demandé beaucoup de temps en salle avec les préparateurs physiques, du renforcement musculaire, du cardio aussi... L'objectif, c'était de pouvoir mieux tenir les longues séquences et l'enchaînement des tâches. »

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Sans délaisser pour autant l'aspect technique : « J'essaie également de travailler les rucks et les duels intensément, en améliorant mes appuis, mes prises de balle, le fait d'attaquer bas... Comme je ne suis pas le plus costaud, je m'étais peut-être un peu moins focalisé là-dessus. Mais c'est aussi bien d'avoir cette qualité. Cédric Béal (entraîneur des Espoirs et membre du staff professionnel) me conseille beaucoup sur ce point. »

L'analyse du spécialiste

Cédric Béal confirme cette évolution : « Corentin a connu une progression par paliers dans différents domaines. Il a évolué physiquement avec une prise de 14 à 15 kg depuis son arrivée de Vannes. Son corps a dû s'habituer à ce nouveau poids, car il faisait déjà plus de 2 mètres quand on l'a vu débarquer. »

« Il a aussi évolué dans son jeu, a pris du métier sur la touche, les tâches obscures et sur le côté offensif. Au départ, il allait vite au sol. Maintenant, il commence à jouer ses duels. Il a encore une grosse marge de progression sur la force d'homme qu'il va aller chercher. Souvent, ce genre de profil a une maturité tardive là-dessus, sur cette capacité à changer de rythme et à accélérer, avant de passer ou de percuter. »

Le rêve d'affronter son frère

Corentin Mézou garde un souvenir ému du 28 septembre 2024, lorsqu'il a affronté son ancien club, le RC Vannes, et surtout son frère aîné Timothé Mézou, aligné en deuxième ligne.

« Génial », résume « Coco », qui espère retrouver son frangin dès la saison prochaine : « On en parle beaucoup. J'aimerais pouvoir rejouer contre lui, et si possible aussi à la Rabine. C'est de là-bas que je viens et Vannes reste un club que j'adore. Pouvoir jouer dans ce stade face à mon frère et devant toute la famille, ce serait un moment incroyable. J'espère qu'ils vont remonter en Top 14. »

Au vu de la domination sans partage de la formation bretonne en Pro D2, cette perspective semble tout à fait réaliste. La tour de contrôle toulonnaise n'a certainement pas fini de grandir et de progresser dans l'exigeant championnat de France.