Le Biarritz Olympique retrouve enfin son souffle
Après une semaine de crise intense et sous une pression considérable, le Biarritz Olympique a réagi avec caractère en s'imposant face à Provence Rugby (26-18). Cette victoire cruciale, portée par le doublé de Clément Martinez et une performance parfaite au pied d'Edgar Retière, permet au club basque d'éloigner temporairement la menace de la zone rouge.
Un cœur qui bat à nouveau normalement
Les supporters biarrots avaient vécu des moments d'angoisse ces dernières semaines. La faute à une zone rouge qui se rapprochait dangereusement au classement. Le club était particulièrement meurtri après un naufrage à Mont-de-Marsan (34-16), des insultes de supporters envers les joueurs, et des choix stratégiques du staff et de la direction constamment remis en question.
Les pulsations ont retrouvé un rythme normal ce vendredi grâce à ce succès importantissime contre Provence Rugby, un adversaire de qualité. « La période est cauchemardesque, mais c'est aussi là qu'on voit ceux qui ont du caractère », avait déclaré Boris Bouhraoua en début de semaine. L'entraîneur a visiblement bien repéré ces joueurs à fort mental. Le quatorzième du championnat, Dax, pointe désormais à quatre longueurs.
Une première mi-temps en demi-teinte
Malgré le caractère particulier de cette rencontre, la première période du Biarritz Olympique a constitué un florilège de ce que les rouge et blanc savent faire de bien... et de beaucoup moins bien. Côté négatif, des faiblesses dans les rucks, avec des soutiens qui tardent à arriver ou des porteurs de balle qui s'isolent, ont permis à Thomas Salles de sanctionner au pied (3-6, 16e).
Des cadeaux qui ne tiendraient pas sous le sapin, surtout. Comme à presque chaque match, le BO offrait un essai lorsque Edgar Retière voyait son dégagement contré par Joris Cazenave, qui poussait et aplatissait dans la foulée (3-13, 20e). Les Basques étaient à un appel vidéo de concéder un deuxième essai sur un plateau en fin de première mi-temps, alors que le BO était dans un énorme temps fort. Une grosse séquence mal payée, encore une marque de fabrique locale cette saison.
Des points positifs encourageants
D'un point de vue positif, une défense solide a jugulé les rares incursions aixoises dans la moitié de terrain basque. Mais surtout, un essai marqué sur un modèle de maul, le dixième de Clément Martinez cette saison (10-13, 27e). Dans tout cela, on a noté un soutien retrouvé d'Aguilera, malgré les tensions du week-end précédent.
Après vingt minutes de grève, et juste après l'essai provençal, les Miarritzeko Mutilak ont enflammé la tribune Blanco. Comme un air de réveil pour l'ensemble du stade et de l'équipe.
Une deuxième mi-temps qui déroule
De quoi donner des ailes aux partenaires de Yann Lesgourgues ? Peut-être. Malgré une nouvelle grosse frayeur quand Kylian Jaminet était à un coup de sifflet de l'arbitre d'offrir un nouvel essai à Provence. Pour le reste, les joueurs de Philippe Saint-André ne voyaient plus le jour, envoyaient leurs coups de pied directs en touche et perdaient des mètres en discutant les décisions arbitrales.
Retière enchaînait, égalisait puis plaçait les siens devant pour la première fois (16-13, 56e). Preuve de l'énorme momentum biarrot : la grosse bévue de l'arrière visiteur Mathias Colombet. Le malheureux se débarrassait in extremis de ses soigneurs pour capter un coup de pied de Retière mais glissait un orteil en touche à la réception. Ilian Perraux et le staff basque exultaient comme sur un essai.
Martinez et Retière font la différence
Lequel essai arrivait une minute plus tard sur un nouveau maul et la onzième réalisation de la saison de Martinez, qui donnait dix points d'avance aux siens (23-13, 63e). Après la déconvenue à domicile contre Vannes (33-40), Boris Bouhraoua avait affirmé qu'« on ne perd jamais à cause d'un buteur. Mais on peut gagner grâce à lui ». Le tout en redonnant sa confiance à un Retière qui avait loupé huit points au pied lors du match précédent.
Ce vendredi, l'ouvreur n'en a pas raté un seul. À l'inverse de Jules Plisson qui ne transformait pas l'essai de Sébastien Taofifenua (23-18, 71e). Retière, lui, passait la pénalité qui entérinait la victoire à deux minutes du terme (26-18). Une performance au pied parfaite qui a fait toute la différence dans ce match crucial pour l'avenir du club basque.



