Sophie Adenot amerrit après un record de 235 jours dans l'espace
Sophie Adenot amerrit après un record de 235 jours

Sophie Adenot, première Française à avoir effectué des sorties dans l'espace, doit amerrir ce jeudi 7 octobre dans l'océan Pacifique, après un séjour record de 235 jours à bord de la Station spatiale internationale (ISS). La pilote de 44 ans, originaire de Cosne-Cours-sur-Loire (Nièvre), a mené plus de 200 expériences scientifiques durant cette mission de huit mois, qui restera comme la plus longue jamais réalisée en continu par un astronaute européen, hommes et femmes confondus.

Un retour très attendu après huit mois en orbite

Sophie Adenot a entamé le voyage retour après avoir passé 235 jours à 400 kilomètres au-dessus de la Terre, battant ainsi le record du plus long séjour orbital en continu pour un astronaute européen. Dans une vidéo postée sur son compte Instagram, elle a confié avoir hâte de retrouver ses proches et de déguster une bonne galette bretonne, mais ressentir une « pointe de nostalgie » à l'idée de quitter le laboratoire orbital. « À mesure que la fin d'une mission approche, on se remet à penser à des odeurs, des goûts et des sensations familières, jusqu'à presque les ressentir. Et en même temps, je regarde autour de moi et je réalise à quel point la microgravité va me manquer… tout comme cette vue incroyable sur notre belle planète bleue », écrit-elle.

La Française et ses trois coéquipiers – les Américains Jessica Meir et Jack Hathaway et le Russe Andreï Fediaïev – ont accueilli vendredi 2 octobre à bord de l'ISS les quatre astronautes de l'équipage du Crew-13, venus les relever. Ils ont consacré ces derniers jours à leur passer le relais. « Nous avons vécu une expédition absolument incroyable », a lancé la commandante Jessica Meir, au moment de leur départ.

Un amerrissage prévu à 17 h 34, suivi d'un long voyage retour

Leur voyage retour, qui doit durer plus de 27 heures, a débuté mercredi 6 octobre à 14 h 05 avec le désamarrage de leur capsule Dragon de l'ISS. Après plus d'une journée de voyage, les astronautes traverseront l'atmosphère à une vitesse extrêmement élevée avant de voir le vaisseau ralenti dans les dernières minutes de vol par de puissants parachutes pour amerrir dans l'océan Pacifique au large de la Californie. Le « splashdown » est prévu par la Nasa à 17 h 34 heure de Paris, ce jeudi 5 octobre.

L'appareil sera ensuite hissé à bord d'un navire spécialisé et les astronautes en seront extraits et installés sur des civières ou des fauteuils adaptés pour prévenir les risques de syncope et de chute. Sophie Adenot et ses camarades seront ensuite transportés sur la terre ferme en hélicoptère, puis prendront un avion pour Houston au Texas, où se trouve le centre de la Nasa en charge des astronautes. De là, Sophie Adenot s'envolera pour Cologne, en Allemagne, afin d'entamer un programme de récupération d'environ trois semaines au centre de formation des astronautes de l'Agence spatiale européenne (ESA).

« Ça a été une expérience extraordinaire »

La native de Cosne-Cours-sur-Loire, qui a fêté ses 44 ans dans l'ISS en juillet, a raconté avoir senti son corps vieillir en accéléré dans l'ISS : cheveux blancs, perte de souplesse, vue qui baisse… Dans l'espace, le corps s'adapte à l'absence de gravité, ce qui se traduit par de la perte osseuse, une fonte musculaire, un déconditionnement cardio-vasculaire ou encore des troubles visuels. Il lui faudra de longs mois et un entraînement à base d'exercices physiques ciblés pour retrouver sa forme d'avant-vol.

Sophie Adenot est devenue la première femme française à s'aventurer dans le vide spatial, au cours de trois sorties extra-véhiculaires (EVA), les 18 et 25 août et le 1er septembre. Ces trois sorties, pour un total de 19 heures et 42 minutes, resteront le « point culminant » de son séjour. « J'espérais effectuer quelques sorties extravéhiculaires, mais je ne m'attendais pas à trois d'affilée, et ce, en l'espace de 15 jours. Ça a été une expérience extraordinaire », a-t-elle confié, comparant la sortie de la station à la sensation « d'ouvrir la portière d'une voiture et de se retrouver les pieds au bord d'une falaise ». Au long des huit mois, la Française aura par ailleurs mené plus de 200 expériences scientifiques destinées à préparer les prochaines missions spatiales et faire avancer la science sur Terre.