Une nomination stratégique dans un contexte de crise
Geoffroy Roux de Bézieux, ancien président du Medef de 2018 à 2023, a été élu mercredi président du comité des rémunérations du Comité d'organisation des Jeux olympiques et paralympiques de 2030 (Cojop). Cette nomination fait suite au départ fracassant de son prédécesseur Bertrand Méheut, qui avait démissionné en emmenant avec lui deux autres membres de cette instance externe.
Une gouvernance en pleine tourmente
Le Cojop traverse actuellement une crise de gouvernance profonde. Fin février, Cyril Linette, numéro 2 de l'organisation, a quitté ses fonctions. Son départ a été précédé par les démissions successives de la directrice des opérations, du directeur de la communication et de Bertrand Méheut lui-même.
Dans un courrier interne, M. Méheut - proche de Cyril Linette et ancien président de Canal+ - avait vivement critiqué Edgar Grospiron, président du Cojop. Il l'accusait de se comporter « comme s'il était président-directeur général, hors de tout contrôle, sans en avoir la compétence ».
Une équipe renouvelée
Lundi, lors d'un conseil d'administration, quatre nouveaux membres ont intégré le comité des rémunérations, qui en compte désormais dix. Parmi eux figurent Patrick Strzoda, ancien directeur de cabinet d'Emmanuel Macron (2017-2023) et secrétaire général du comité d'organisation des JO d'Albertville de 1992, ainsi que Geoffroy Roux de Bézieux.
Ce comité est notamment chargé de donner son avis sur les rémunérations des salariés des « Alpes 2030 », nom de projet des Jeux de 2030.
Un contexte institutionnel complexe
Une mission d'inspection gouvernementale est en cours concernant la gestion et le fonctionnement du Cojop. Parallèlement, une « mission d'accompagnement » est menée par Etienne Thobois, ancien directeur général de Paris-2024, sur la réorganisation de la gouvernance.
En attendant la nomination d'un nouveau directeur général, l'intérim est assuré par Michel Cadot, ancien délégué interministériel aux JO-2024 de Paris.
Des tensions politiques et territoriales
Alors que la carte des sites qui accueilleront les épreuves doit être entérinée fin juin, des tensions sont apparues avec l'élection comme maire de Nice d'Eric Ciotti. L'édile s'oppose au choix de certaines infrastructures pour accueillir les Jeux dans la Baie des Anges.
Lundi, lors d'un colloque au Sénat sur la diplomatie sportive, Thomas Bach, ancien président du Comité international olympique (CIO), avait appelé à « l'unité entre les institutions à tous les niveaux politiques et l'unité au sein de la société ». Il avait souligné que cette unité constituait un « élément clé pour parvenir » à faire des JO-2030 « un nouveau succès retentissant en suivant la stratégie de Paris-2024 ».
« Non seulement moi, mais aussi l'ensemble du mouvement olympique, vous encourage à suivre à nouveau cette voie », avait lancé Thomas Bach aux responsables français.



