Un tournant dans la réintégration des athlètes russes et biélorusses
Un nouveau cap a été franchi dans le processus de réintégration des sportifs russes et biélorusses au sein des compétitions internationales. Ce mardi 17 février, le Comité international paralympique (IPC) a officialisé une décision marquante : dix athlètes originaires de Russie et de Biélorussie participeront aux prochains Jeux paralympiques de Milan-Cortina, qui se dérouleront du 6 au 15 mars. Cette participation se fera sous leurs drapeaux nationaux respectifs et avec leurs hymnes, une première depuis près de quatre années.
La levée des suspensions et le recours juridique
Rappelons que, tout comme pour les Jeux olympiques, les deux pays avaient été exclus des compétitions paralympiques suite à l'invasion de l'Ukraine par la Russie en 2022. Cependant, leurs droits de membres à part entière du Comité international paralympique ont été restaurés après la levée de leurs suspensions partielles en septembre dernier. Néanmoins, les fédérations internationales responsables des qualifications pour les sports paralympiques avaient maintenu l'interdiction des athlètes russes et biélorusses.
En décembre, un recours déposé par ces deux nations devant le Tribunal arbitral du sport (TAS) contre la Fédération internationale de ski et de snowboard (FIS) a changé la donne. Ils ont obtenu gain de cause, se voyant attribuer plusieurs quotas de participation, comme le rapporte l'agence de presse britannique Reuters.
La répartition des places et les réactions outrées de l'Ukraine
Concrètement, la Russie disposera de deux places en para ski alpin, deux en para ski de fond et deux en para snowboard. De son côté, la Biélorussie a reçu quatre places au total, toutes en ski de fond, avec une répartition d'une place pour les hommes et trois pour les femmes. Cette décision a immédiatement provoqué la colère des autorités ukrainiennes.
Matvii Bidnyi, le ministre ukrainien des Sports, a réagi avec véhémence sur le réseau social X, qualifiant la mesure de "décevante et scandaleuse". Il a déclaré : "La décision des organisateurs d'autoriser des tueurs et leurs complices à participer aux Jeux paralympiques sous leur drapeau national est à la fois décevante et scandaleuse. Leur donner une tribune revient à donner une voix à la propagande de guerre. Lorsque le drapeau russe est hissé sur la scène internationale, il devient partie intégrante de la machine de propagande russe."
Un contexte plus large de réintégration progressive
Cette annonce s'inscrit dans une tendance plus large observée depuis plusieurs mois. Déjà en novembre 2025, le Comité international olympique (CIO) avait avalisé la réintégration d'athlètes russes et biélorusses sous bannières neutres. Quatre ans après le début du conflit en Ukraine, l'élan initial de bannissement semble s'essouffler progressivement.
Les Jeux olympiques ne sont pas les seuls événements internationaux concernés par ce mouvement. D'autres fédérations sportives, telles que celle de judo, ont déjà franchi le pas, tandis que la FIFA examine sérieusement la question. Dans un entretien récent accordé à L'Express, Jean-Baptiste Guégan, chercheur en géopolitique du sport, a souligné que ce retour n'est pas anodin. Il résulterait plutôt d'une campagne d'influence russe menée avec détermination, illustrant les enjeux politiques complexes qui sous-tendent le monde sportif contemporain.



