Mouhamadou Fall, sprinteur français de 32 ans, s'apprête à participer aux Enhanced Games, une compétition internationale qui se distingue par l'absence totale de contrôles antidopage. Cette décision suscite de vives réactions dans le monde de l'athlétisme, où la lutte contre le dopage est une priorité.
Un parcours atypique
Né à Dakar, au Sénégal, Mouhamadou Fall a grandi en banlieue parisienne. Il découvre l'athlétisme sur le tard, à l'âge de 18 ans, et se spécialise rapidement dans le sprint. Malgré des moyens limités, il parvient à se faire une place sur la scène nationale, remportant plusieurs titres de champion de France sur 100 mètres et 200 mètres.
Des performances en dents de scie
Sa carrière est marquée par des hauts et des bas. En 2019, il réalise son record personnel sur 100 mètres en 10 secondes 15, mais peine à confirmer ensuite. Les blessures et le manque de soutien financier freinent sa progression. En 2023, il annonce sa participation aux Enhanced Games, un choix qu'il justifie par la volonté de repousser les limites humaines.
Les Enhanced Games : une compétition controversée
Créés en 2024, les Enhanced Games se présentent comme une alternative aux Jeux Olympiques, avec pour particularité de ne pas interdire le dopage. Les organisateurs affirment vouloir « libérer la science et la performance ». Cette position est vivement critiquée par les instances sportives internationales, qui y voient une menace pour l'intégrité du sport.
Fall est le seul athlète français à avoir accepté l'invitation. Il percevrait une prime de participation de 50 000 euros, une somme qui contraste avec les difficultés financières qu'il a connues. Certains y voient un geste désespéré, d'autres une provocation délibérée.
Réactions et conséquences
La Fédération française d'athlétisme a pris ses distances, rappelant que le dopage est interdit et dangereux pour la santé. Plusieurs athlètes français ont exprimé leur désapprobation, tandis que des voix s'élèvent pour défendre le droit de Fall à choisir sa voie. L'Agence mondiale antidopage (AMA) a condamné l'initiative.
Mouhamadou Fall, lui, assume son choix : « Je veux montrer que le sport peut être différent. Les règles actuelles sont hypocrites. » Il s'entraîne désormais sans craindre les contrôles, ce qui soulève des questions éthiques sur l'avenir du sport de haut niveau.



