JO d'hiver Milan-Cortina 2026 : Le curling, un sport de gentlemen en crise après une altercation virulente
Les Jeux Olympiques d'hiver de Milan-Cortina 2026 ont été le théâtre d'un incident inédit qui a secoué le monde du curling, traditionnellement réputé pour son fair-play et son code d'honneur. Une altercation entre le Suédois Oskar Eriksson et le Canadien Mark Kennedy a jeté un voile d'émoi sur ce sport, remettant en cause son image feutrée et gentleman.
Accusations de tricherie et insultes échangées sur la glace
L'affaire, surnommée "Stonegate", a éclaté lors d'un match entre la Suède et le Canada. Oskar Eriksson, capitaine de l'équipe suédoise, a accusé Mark Kennedy d'avoir enfreint une règle cardinale du curling en touchant sa pierre après l'avoir lancée, près de la ligne de jeu appelée "hog line". Ce geste, capturé par les images, aurait permis de rediriger légèrement la pierre vers sa cible.
Les tensions ont rapidement dégénéré. Eriksson s'est emporté, déclarant : "Tu as retouché la pierre et ce n’est pas la première fois". Kennedy a répondu avec virulence : "Je ne l’ai pas fait une seule fois, va te faire foutre". Bien que les deux joueurs se soient serré la main à la fin du match, remporté 8-6 par le Canada, l'incident a fait le tour des réseaux sociaux et suscité une réaction de la Fédération internationale de curling (WCF).
Un sport sans arbitre traditionnel en question
Le curling est unique en son genre, car il repose largement sur l'auto-arbitrage. Les joueurs eux-mêmes sont responsables de respecter les règles, avec peu d'intervention extérieure, sauf en cas d'égalité pour mesurer les distances. La WCF a tenté de répondre à la controverse en rappelant le règlement, qui n'inclut pas l'arbitrage vidéo, et en proposant de déployer des arbitres pour surveiller la "hog line". Cependant, cette décision a été retirée après les protestations des équipes, peu enclines à cette intrusion.
Mark Kennedy, médaillé olympique en 2010 et 2022, a exprimé sa frustration, affirmant : "L’esprit du curling est mort". Il a critiqué la mentalité croissante de vouloir "attraper les gens pour une infraction au règlement et tout faire pour gagner une médaille", qu'il qualifie de "nul". De son côté, l'entraîneur suédois Fredrik Lindberg a rappelé que l'esprit du sport exige que les joueurs admettent leurs fautes, soulignant que ce débat n'est pas nouveau et a pris de l'ampleur en raison des enjeux olympiques.
Sanctions et répercussions sur la compétition
Depuis cet incident, d'autres cas de "double touching" ont été sanctionnés, comme pour le Britannique Bobby Lammie et la Canadienne Rachel Homan, dont les pierres ont été retirées du jeu. Nolan Thiessen, patron de la Fédération canadienne, a tenté d'apaiser les esprits en soulignant que cette controverse attire davantage l'attention sur le curling, bien que son équipe masculine reste en course pour le podium, contrairement à la Suède, éliminée de la course aux médailles.
Cet épisode met en lumière les défis auxquels fait face le curling, un sport souvent perçu comme une pétanque sur glace, mais qui doit naviguer entre tradition et modernité. La question de savoir comment gérer les "petites tricheries" sans altérer l'essence même du jeu reste ouverte, laissant planer un doute sur l'avenir de son esprit fair-play.



