JO 2026 : La cruelle malédiction du quatrième rang pour les athlètes français
Si la France ne comptait pas déjà douze médailles aux Jeux olympiques d'hiver 2026, on pourrait croire à une malédiction contre les athlètes tricolores échoués au pied du podium, parfois victimes de scénarios d'une cruauté sans nom. La dernière sur la liste s'appelle Perrine Laffont. Déjà médaillée de bronze sur ces JO en ski acrobatique, elle n'a pas été en mesure de doubler la mise sur les bosses parallèles.
Perrine Laffont : Une notation controversée
Un drame en deux actes : une erreur en demi-finale qui la déséquilibre couplée à un goût trop prononcé pour l'abandon l'empêchent de rester dans son match contre Jaelin Kauf, qui chutera pourtant quelques mètres plus loin. Et une finale pour le bronze où Pépette voit le bronze s'envoler pour un petit point alors qu'elle avait dominé Elizabeth Lemley au chrono.
« J'ai fait une erreur sur le saut du haut, mais sur le ski, j'ai été irréprochable et je gagne au temps, de beaucoup, donc quand l'un des juges lui donne un point de plus au ski... Je sais que je ne méritais pas les points au saut, mais les points au ski, je les méritais totalement, je ne comprends pas. C'est une médaille olympique qui se joue », regrettait la Française en zone mixte.
Seum-omètre : 50 %. Oui cette histoire de notation est discutable, mais Perrine Laffont n'aurait de toute façon jamais dû sortir de sa demie comme elle l'a fait au tour précédent.
Émilien Jacquelin : La médaille d'or de la déception
L'histoire était belle. Elle était parfaite, même. Émilien Jacquelin se rapproche d'un grand fan de Marco Pantani, idole d'enfance du biathlète tricolore. Celui-ci réussit à convaincre la mère du défunt Pirate de transmettre la boucle d'oreille de son fils à Émilien Jacquelin pour les JO d'hiver en Italie. Le Français réalise un sprint de folie, un 10/10 comme il en fait rarement avec un tir debout en 16,8 secondes. Et, comble du panache, il jette dans la foulée son bandeau et ses lunettes comme le faisait Pantani sur son vélo.
Tous les ingrédients étaient réunis pour que s'écrive sous nos yeux la plus belle médaille de ces Jeux olympiques. Mais voilà, il a fallu que Sturla Laegreid gâche tout en lui volant la troisième place pour deux dixièmes de seconde. Rageant.
Seum-omètre : 99,99999999999999 %. Émilien Jacquelin pensait tenir sa première médaille olympique et elle lui échappe pour un poil de fesses à cause d'une panne de moteur dans le dernier tour. On ne souhaite ça à personne. On attend avec impatience la revanche sur la poursuite. Il est grand temps de faire taire Sturla Laegreid, lequel repousse les limites de la gênance depuis le début de ces Jeux.
Aïdan Chollet : Le phénomène d'aspiration en snowboard
Ce jeudi, les Français du snowboard cross ont passé leur temps à dominer les courses sur le haut de la piste pour se faire surprendre sur le bas, après le dernier saut. Systématiquement. Et c'est en toute logique qu'Aïdan Chollet, seul représentant tricolore en finale, a conclu la journée par une masterclass du genre. Le snowboardeur tricolore a fait la course en tête jusqu'au dernier virage, avant de voir ses trois autres concurrents l'aspirer sur la dernière bosse.
Seum-omètre : 75 %. Inversement proportionnel aux chances que Chollet avait de repartir avec une médaille en s'élançant du haut de la rampe. Foutu phénomène d'aspiration. Comme quoi maths et physique ne font pas toujours bon ménage.
Nils Allègre : L'habitué des places d'honneur
Nils Allègre a l'habitude des places d'honneur en Coupe du monde, si tant est que l'on puisse réellement s'habituer à la chose. La preuve que non, le Français a craqué et fondu en larmes après avoir décroché une belle quatrième place lors du Super-G olympique, mercredi, derrière le monstre Marco Odermatt. Un bon résultat en Coupe du monde totalement insignifiant aux JO. Et pour trois centièmes, qui plus est. Moche. Triste. Révoltant !
« J'ai fait trois fois quatrième cette année, deux fois cinquième, c'est très dur à avaler. Je ressens frustration, déception, colère et quand même de la fierté de mon état d'esprit de la semaine, de mon engagement, de mon courage, avait réagi Nils Allègre après la course. Mais je suis en colère contre le coup du sort »
Seum-omètre : 99,99999999999998 %. Un chouia moins que Jacquelin, mais on est dans le même esprit. Parti avec le dossard 1, Nils Allègre était à « ça » de se hisser au panthéon des belles surprises olympiques. Comble de la cruauté, son bourreau Odermatt était dans un mauvais jour, et n'a pas dû savourer cette médaille de bronze comme Nils Allègre l'aurait fait à sa place.
Timothy Loubineaud : À « ça » d'être un héros sur glace
Après avoir échoué en patinage de vitesse sur 5 000 m, Timothy Loubineaud s'est dit qu'il avait encore une marge de progression dans la déception que pourraient lui procurer ces JO 2026. Alors il s'est donné encore plus fort sur le 10 000 m, où il a un temps tenu la troisième place avant de craquer sur le dernier tiers de la course, où il n'a pas pu résister au Néerlandais Jorrit Bergsma, qui terminera l'épreuve avec quatre secondes d'avance sur le patineur tricolore.
Seum-omètre : 60 %. Quatre secondes, c'est peu à l'échelle d'un 10 km. Mais ça reste moins dramatique que les centièmes de secondes dont il a été question un peu plus haut. Et puis Loubineaud, aussi déçu soit-il, a été plutôt digne dans la défaite, ce qui enlève au regret. « Je n'avais pas les jambes. J'ai été fort, mais pas assez, c'est tout. » Parfois, faut pas chercher plus loin.



