Valérie Duverger, une infirmière landaise en quête de dépassement au Marathon des Sables
Il y a trois ans, Valérie Duverger, infirmière libérale de Morcenx dans les Landes, a vécu l'épreuve du Marathon des Sables au Maroc, pour finalement abandonner après 100 kilomètres. Aujourd'hui, elle s'apprête à relever à nouveau ce défi extrême lors de la 37e édition, bien décidée à prouver sa capacité à surmonter l'enfer de sable et de cailloux.
Un retour marqué par la détermination et les souvenirs ardus
Samedi 15 avril, quelques jours avant son départ pour Paris puis le Sud marocain, Valérie Duverger affiche un enthousiasme contagieux. Cheveux blonds tirés en arrière et vêtue de sa tenue de ville, elle semble prête à affronter l'inconnu. Mais qu'en sera-t-il vendredi 21 avril, au top départ de cette course mythique ? Les chiffres parlent d'eux-mêmes : 250 kilomètres à parcourir en sept jours, en autosuffisance totale, avec des températures pouvant atteindre 60°C dans les dunes.
En octobre 2021, lors de la 35e édition, Valérie a connu des conditions particulièrement difficiles. « J'étais novice à l'époque. Apparemment, c'était le MDS le plus dur ; il faisait une chaleur extrême. Plus de la moitié des concurrents avaient abandonné, il y avait eu un arrêt cardiaque également », raconte cette Morcenaise de 48 ans. Elle se souvient d'un paysage lunaire, aride, où le soleil se reflétait sur les cailloux, lui donnant l'impression de brûler. « J'avais peur d'être blessée et de ne pas pouvoir reprendre le travail. Il fallait aussi s'occuper des enfants. Psychologiquement, j'ai lâché », confie-t-elle, mère de deux garçons.
La préparation et la solidarité au cœur de l'aventure
Malgré ces souvenirs chaotiques, Valérie Duverger retourne courir et marcher dans les dunes marocaines. Cette fois, elle ne sera pas seule : cinq Morcenais, dont son compagnon Patrick, son beau-fils, une amie aide-soignante et son fils, l'accompagnent. Le groupe, hétéroclite, se compose de coureurs plus ou moins aguerris. Patrick, le plus expérimenté avec 11 MDS à son actif, n'a pas été épargné par l'abandon deux ans plus tôt.
Valérie, quant à elle, martèle sa détermination : « La première fois que j'ai fait le MDS, j'imaginais des choses, mais j'ai vu qu'il y avait de tout. Quand tu vois quelqu'un le faire avec une prothèse, tu ne peux pas te plaindre. Je suis moins novice, il faut que j'y arrive cette fois ». Elle a commencé la course à pied en 2010-2011 pour soulager des maux de dos, et depuis, elle a participé à de nombreux événements, du semi-marathon de Bordeaux aux trails landais.
Une quête personnelle ancrée dans le partage et la résilience
Au-delà du défi sportif, Valérie Duverger cherche le contact humain et le partage. « On va chercher le contact de l'autre. Sur une course, il n'y a pas de différence sociale ou économique, pas de barrière de la langue. Quand quelqu'un est en difficulté, vous ne le laissez pas », explique cette infirmière et pompière volontaire. Animée par le besoin de prouver qu'elle est capable, elle confie : « Toujours prouver, répondre à des questions sur soi-même. Il y a des histoires de vie qui font qu'on a des fractures. J'ai vécu des fractures dans ma vie », évoquant des séparations, la mort, la maladie.
Elle conclut avec une réflexion profonde : « J'ai une amie qui m'a dit : 'Si j'arrête de courir, je suis morte.' Ça aide à vivre ». Valérie Duverger incarne ainsi la résilience et la quête de sens à travers le sport, prête à affronter les éléments pour se redécouvrir.



