Idris Rahimi, champion afghan de MMA, exilé à Nîmes, veut combattre en France
Idris Rahimi, champion afghan de MMA, exilé à Nîmes

Idris Rahimi, 27 ans, champion afghan de MMA, réfugié à Nîmes depuis son exil en 2024, souhaite reprendre la compétition en France. Après avoir fui son pays à pied pendant neuf mois, il travaille aujourd'hui dans la logistique et se bat pour poursuivre sa carrière sportive, en hommage à son oncle tué par les Talibans.

Un champion formé dès l'enfance à Kaboul

Né à Kaboul il y a 27 ans, Idris Rahimi a grandi avec le MMA qui coule dans ses veines. C'est aux côtés de son oncle Amalullah Rahimi, frère cadet de son père, qu'il s'est initié aux arts martiaux mixtes. Son oncle, charismatique et respecté, lui a enseigné tous les secrets de la discipline : des rudiments comme les règles du combat et les coups autorisés, jusqu'aux techniques de préhension et aux frappes les plus perfectionnées.

En quelques années, Idris est devenu une véritable pointure dans ce sport de combat ultra-technique. De ses 15 à 25 ans, il a enchaîné les compétitions à travers tout le pays, remportant de nombreuses médailles d'argent et d'or. Il s'est marié et a fondé une famille, mais la tragédie a frappé le 4 mai 2024.

La mort de son oncle et l'interdiction du MMA

Ce jour-là, son oncle Amalullah, âgé de 36 ans et instructeur de MMA auprès de l'armée régulière afghane, a été tué de la manière la plus violente. Il a reçu sans sommation une balle en plein cœur, puis une autre tirée à bout portant en pleine tête, par les Talibans. Dans les semaines suivantes, ces fondamentalistes armés et politiques ont officiellement interdit le MMA dans tout le pays, le jugeant contraire à la loi islamiste.

« Mon oncle n'était pas militaire ! Mais un simple extérieur, qui intervenait auprès de l'armée afghane », plaide encore aujourd'hui Idris, marqué au fer par ce drame. Confronté à ce qu'il qualifie de plus grand traumatisme de sa vie, et poussé par l'espoir d'une vie meilleure pour sa femme et son fils, alors âgé de 6 ans, il a fait le choix de l'exil, seul.

Un parcours de 7 500 km à pied

Sa traversée des 7 500 km pour rejoindre l'Europe à travers onze pays lui a pris neuf mois. Il a marché à pied pour l'essentiel, sans compter la traversée en pleine nuit, assez courte mais terrifiante, de la mer Égée en embarcation de fortune. Indemne, il a fini par atteindre la Grèce depuis la Turquie. Un soir d'hiver, il a franchi l'entrée de la ville lumière.

Sa demande d'asile, au vu de la situation dramatique dans son pays d'origine, lui a valu l'octroi pour quatre ans du statut de réfugié politique. Après un passage à Toulouse, Idris a été envoyé par les autorités dans un foyer à Marguerittes, avant de rapidement s'intégrer dans la cité nîmoise.

Une intégration modèle et un rêve de compétition

Aujourd'hui, celui qui a décroché un CDI travaille toutes les nuits dans la logistique. Il dispose de ses propres appartement et véhicule et parle déjà français. Une intégration modèle, pourrait-on dire. Mais cela serait oublier la souffrance qui l'accompagne : l'absence des proches en premier lieu, ainsi qu'une autre, liée au fait d'avoir été contraint de laisser sa passion endormie.

« Si j'ai réussi à échapper à l'horreur de la guerre, mon rêve le plus fou serait de pouvoir revenir aux arts martiaux mixtes », confie Idris, qui se bat aujourd'hui pour reprendre le chemin de la compétition en France, dans le prolongement de sa carrière afghane, et surtout pour pouvoir en vivre. « En hommage à mon oncle, bien sûr, mais aussi dans l'objectif de pouvoir retrouver au plus vite ma femme et mon fils. »