Maxime Germain, le biathlète franco-américain qui vibre pour la Marseillaise aux JO
Germain, biathlète franco-américain qui vibre pour la Marseillaise

Un biathlète américain au cœur français

Malgré sa naissance en Alaska, sa vie aux États-Unis depuis l'âge de 15 ans et son appartenance à la garde nationale américaine, Maxime Germain ne passe pas inaperçu au sein de l'équipe américaine de biathlon. Son anglais conserve un accent français bien marqué, comme le remarque avec humour sa coéquipière Margie Freed. Ce biathlète de 24 ans, qui participe ce mardi au relais hommes des Jeux Olympiques de Milan-Cortina 2026 avec Campbell Wright et Team USA, a en effet passé toute son enfance à Chamonix, où sa famille réside toujours.

Une passion née en Haute-Savoie

C'est précisément en Haute-Savoie que Maxime Germain a découvert sa passion pour le biathlon, discipline où il s'est illustré en remportant la médaille de bronze du sprint aux Championnats du monde juniors 2023 avant de se qualifier pour ses premiers Jeux olympiques. Lors d'un entretien accordé vendredi après une course personnelle frustrante (66e position), le sportiste s'est montré ravi de pouvoir s'exprimer dans sa langue maternelle, tandis qu'en fond sonore résonnait We are the champions célébrant le quatrième sacre olympique de Quentin Fillon Maillet.

Entre deux drapeaux, une double appartenance

« Sur des Jeux olympiques, tu représentes le drapeau que tu portes », explique Maxime Germain, qui arbore les couleurs américaines. « Mais je suis quand même très fier d'être français, je me sens français, ma famille est française. Je connais mieux la Marseillaise que l'hymne américain », confie-t-il avec émotion. Lorsque les biathlètes français montent sur le podium, il partage leur joie tout en nourrissant le rêve de pouvoir un jour intégrer l'équipe de France. Pour l'heure, il apprécie profondément l'esprit familial qui règne au sein de la sélection américaine.

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Des moments de forte émotion

Maxime Germain avoue se rapprocher systématiquement des podiums lorsque la Marseillaise retentit pour saluer les victoires françaises, que ce soit pour l'or de « QFM » ou les performances du relais mixte tricolore. Il imagine déjà le jour où il se trouverait sur un podium aux côtés d'un Français vainqueur, un moment qu'il anticipe comme particulièrement intense, même si l'hymne ne serait pas joué en son honneur. « Exactement, j'aime bien l'hymne national français, il a du peps. Je pense que je mettrais quand même ma main sur le cœur », sourit-il, évoquant ce geste symbolique qui trahirait ses racines.

Des relations complexes avec l'équipe de France

Depuis son arrivée sur le circuit de la Coupe du monde en 2022, les biathlètes français ont progressivement pris conscience de l'identité franco-américaine de Maxime Germain, même si les relations restent cordiales sans pour autant être profondément amicales. Le jeune sportiste connaît mieux les athlètes français habitués à l'IBU Cup que les stars de l'équipe nationale. Les échanges techniques restent limités, les équipes de biathlon protégeant jalousement leurs méthodes d'entraînement et leurs secrets de performance.

« Ils ne vous voient pourtant pas encore comme un concurrent direct, si ? » lui demande-t-on. « Ils devraient, ça va venir », répond-il avec un sourire plein de confiance, laissant entendre qu'il compte bien se faire remarquer dans les prochaines compétitions internationales.

Une parole politique contrainte

Alors que plusieurs skieurs acrobatiques américains ont profité de la visibilité des Jeux Olympiques pour s'exprimer sur la situation politique aux États-Unis, Maxime Germain se trouve dans une position plus délicate. Le biathlon bénéficie d'une médiatisation limitée aux États-Unis, offrant peu d'occasions de prise de parole publique. Plus contraignant encore, son statut de militaire sous contrat avec l'armée américaine lui interdit formellement d'exprimer des opinions politiques.

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« Me concernant, j'aimerais vraiment prendre la parole sur ce sujet mais je ne peux pas le faire », déplore-t-il, tout en laissant entendre qu'il nourrit des positions engagées sur ces questions. En revanche, les discussions autour de l'administration Trump sont fréquentes au sein de l'équipe américaine à Anterselva, et le Comité olympique des États-Unis a assuré son soutien aux athlètes quelle que soit leur prise de position politique.

Une expérience olympique particulière

Pour ses premiers Jeux Olympiques, Maxime Germain vit une expérience quelque peu particulière sur le site de biathlon d'Anterselva-Antholz. « On est un peu bloqués ici », constate-t-il, expliquant que le lieu lui est familier pour y avoir couru chaque année en Coupe du monde. « Quand on m'interroge sur cette idée d'expérience olympique, j'avoue que je n'ai vraiment pas l'impression d'être aux Jeux », confesse le biathlète, qui note cependant un stress accru et des nuits plus courtes.

La présence d'anneaux olympiques un peu partout sur le site lui rappelle néanmoins la singularité de l'événement. Maxime Germain contribue activement à la saison intéressante du biathlon américain dans les courses par équipes de la Coupe du monde, avec déjà deux Top 5 en relais et un autre en relais mixte à son actif, démontrant que son parcours atypique n'entrave en rien ses performances sportives.