Curling à Nice : une passion nocturne sur glace malgré le manque d'infrastructures
Connu pour son balayage caractéristique, le curling révèle des facettes bien plus ludiques et stratégiques. Pratiqué depuis le XVIᵉ siècle en Écosse, cette discipline souffre cruellement d'un manque d'infrastructures dans le Sud-Est de la France, malgré la ferveur de ses adeptes.
Un entraînement tardif dans l'unique patinoire disponible
Le Nice Curling Club (NCC), seule formation des Alpes-Maritimes, s'entraîne chaque mercredi de 22 heures à minuit à la patinoire Jean-Bouin. « On n'a qu'un seul créneau, sur la patinoire la plus utilisée de France. Ça dissuade la moitié des intéressés », explique Jacques Verger, président du club et cuisinier de profession. Les curleurs monégasques du Skating Club, privés de leur propre glace, rejoignent également cette session hebdomadaire.
La découverte d'un sport complexe et gratifiant
Clément, 38 ans, néophyte depuis janvier, partage son enthousiasme : « J'ai pensé à la séance du soir toute la journée ! L'ambiance est détendue, on n'a pas beaucoup de moyens mais ça rajoute ce côté convivial. » Il compare le curling à « les échecs sur glace », soulignant l'importance de la stratégie, de la précision et de la force physique. Philippe Thérias, trésorier du club, ajoute : « C'est très physique. Au plus on est gainé, au plus on a de l'équilibre pour gérer la trajectoire de la pierre. »
Des équipements améliorés mais des défis persistants
Le club dispose désormais de 31 balais et de pierres conservées dans une chambre froide, évitant les problèmes de fonte de la glace. Cependant, l'absence de piste dédiée – seulement trois clubs en France en possèdent – limite la progression. « Dans l'idéal, il faudrait jouer sur une glace prévue pour le curling, différente de celle du hockey », estime Jacques Verger. Malgré cela, les 16 licenciés et une soixantaine de novices cette saison découvrent un sport où « on peut rapidement progresser ».
Un avenir prometteur malgré les obstacles
Avec seulement 300 licenciés en France, le curling reste confidentiel. Pourtant, Nice enverra pour la première fois deux équipes aux championnats du monde vétérans à Genève en avril. Pascal Thiriot, ancien sélectionné pour les JO d'Albertville 1992, insiste sur l'importance du mental : « Faire un bon lancer, c'est une affaire de concentration, de confiance en soi. » Dans ce sport de glisse, chaque pas compte pour faire avancer la pierre… et la discipline.



