Cécile Hernandez, une championne déterminée pour les Paralympiques de Milan-Cortina
La snowboardeuse française Cécile Hernandez, désignée porte-drapeau de la délégation tricolore, s'apprête à vivre un moment fort aux Jeux Paralympiques de Milan-Cortina. À 51 ans, cette athlète catalane vise une médaille sur l'épreuve de snowboard ce dimanche 8 mars, avec les huitièmes de finale programmés dès 11 heures.
Un parcours semé d'embûches
Diagnostiquée d'une sclérose en plaques en 2002, Cécile Hernandez a traversé une année 2025 particulièrement difficile. "Je me suis demandé si j'allais continuer ou pas ma carrière", confie-t-elle, évoquant une blessure qui a perturbé sa préparation. L'impact a été à la fois physique et psychologique, avec une perte de six kilos qu'elle qualifie de "vrai sujet à deux mois des Jeux".
Pour surmonter ces obstacles, la championne a intégré un psychologue du sport dans son entraînement. "À deux mois des Jeux, je ne me sens pas prête", admet-elle, faisant référence à des performances décevantes en Coupe du Monde. Un retour aux sources lui a permis de retrouver sa motivation. En revenant aux Angles, station dont elle est ambassadrice, elle a retrouvé "le plaisir, la passion que j'avais perdue depuis un moment".
Une détermination sans faille
Aujourd'hui, Cécile Hernandez affiche une détermination renouvelée. "Si je suis au départ d'une course, je ne suis pas là pour faire de la figuration", déclare-t-elle avec conviction. Elle refuse de regretter sa décision de poursuivre sa carrière après Pékin, où elle avait remporté un titre de championne du monde et une médaille paralympique.
Son rôle de porte-drapeau revêt une importance particulière, car elle est la seule femme en lice pour cette fonction. "Je veux incarner la possibilité de faire des choses brillantes", explique-t-elle, souhaitant prolonger l'héritage des Jeux de Paris sur la visibilité du handicap. Elle encourage les athlètes potentiels à surmonter les barrières psychologiques, rappelant qu'elle-même s'était initialement jugée "non recevable dans le monde du handisport".
Vivre avec la sclérose en plaques
La sclérose en plaques, diagnostiquée il y a 23 ans, reste un combat quotidien pour Cécile Hernandez. "Je le vis en fonction de mon ressenti sur le snowboard, au jour le jour", décrit-elle, notant des progrès de la maladie qui affectent sa musculature. Pourtant, elle transforme cette épreuve en opportunité : "C'est cette sclérose en plaques qui a fait de moi l'athlète que je suis devenue. Finalement, elle a été une opportunité de vie complètement incroyable".
En dehors des pistes, son engagement est multiple. Elle développe des conférences sur le handicap, milite pour la sensibilisation aux handicaps invisibles, et promeut la pratique sportive féminine. "J'essaie d'aller dire aux femmes, quel que soit leur âge, qu'il faut tenter, il faut oser", affirme-t-elle, soulignant les bienfaits du sport pour la confiance en soi et la réconciliation avec son corps.
Des projets ambitieux pour l'avenir
À 51 ans, Cécile Hernandez envisage l'après-Jeux avec enthousiasme. Elle souhaite s'impliquer dans la promotion des para-sports d'hiver en vue des Alpes françaises 2030, envisage de manager un club de sport féminin, et développe des projets d'habitats inclusifs pour personnes handicapées.
Quant à une participation aux Jeux d'été, elle ne ferme pas la porte mais reste concentrée sur l'immédiat : "Pour l'instant, je pense à ce qui va se passer dans 58 jours. Dans 58 jours, je serai au départ de ma course". Son père lui a donné un conseil qu'elle compte bien suivre : "Moi, je veux que tu brilles sur la neige et pas parce que tu es juste un porte-drapeau". Sa réponse fut sans équivoque : "Papa, je ferai les deux".



