Cécile Hernandez désignée porte-drapeau de la France aux Jeux Paralympiques 2026
C'est officiel : la snowboardeuse catalane Cécile Hernandez portera les couleurs de la délégation tricolore lors de la cérémonie d'ouverture des Jeux Paralympiques de Milan-Cortina 2026. Cette annonce intervient alors que l'athlète de 51 ans s'apprête à participer à ses quatrièmes Jeux Paralympiques, forts de treize globes de cristal et quatre médailles paralympiques déjà à son palmarès impressionnant.
Une année 2025 contrastée et des défis surmontés
La préparation de Cécile Hernandez pour ces Jeux n'a pas été un long fleuve tranquille. La championne a dû composer avec une blessure qui a sérieusement entravé son entraînement et remis en question sa participation. "Je me suis demandé si j'allais continuer ou pas ma carrière", confie-t-elle avec franchise. "Les blessures physiques liées au snowboard ont impacté mon intégrité physique par rapport à ma sclérose en plaques. Je n'ai pas honte de le dire, je n'allais pas bien."
L'impact a été autant physique que psychologique, avec une perte de poids significative à deux mois des compétitions. Pour surmonter ces difficultés, l'athlète a intégré un psychologue du sport dans sa préparation et a fait le choix stratégique de retourner s'entraîner aux Angles, station dont elle est ambassadrice dans les Pyrénées-Orientales.
Retrouver la flamme intérieure
"J'ai retrouvé ce que je voulais retrouver : le plaisir, la passion que j'avais perdue depuis un moment", explique Cécile Hernandez. "Et je suis repartie, en sachant ce pourquoi je faisais du snowboard, ce pourquoi j'avais envie d'aller aux Jeux, et ce pourquoi j'avais présenté ma candidature pour être porte-drapeau. J'ai trouvé mon petit feu qui me nourrit, qui me caractérise, et que j'avais perdu. Aujourd'hui, je suis déterminée comme jamais."
Cette détermination se traduit par une ambition clairement affichée : "Si je suis au départ d'une course, je ne suis pas là pour faire de la figuration." La snowboardeuse vise explicitement à confirmer son titre et à décrocher de nouvelles médailles, refusant de terminer sa carrière avec des regrets.
Un symbole fort pour le handisport français
En tant que seule femme en lice pour le rôle de porte-drapeau de la délégation française aux Paralympiques, Cécile Hernandez incarne un symbole puissant. La Pyrénéenne souhaite "incarner la possibilité de faire des choses brillantes" et prolonger l'héritage médiatique positif des Jeux de Paris sur le handicap.
"Je pense aussi à demain, avec un éventuel processus de recrutement, pour aller chercher des athlètes avec des handicaps", précise-t-elle. "Moi, je me suis mise des barrières toute seule, parce que je pensais que, comme mon corps était entier, je n'étais pas recevable dans le monde du handisport. Bien au contraire."
Vivre avec la sclérose en plaques
Diagnostiquée il y a 23 ans, Cécile Hernandez doit concourir avec une sclérose en plaques dont l'évolution dicte son mode de vie au quotidien. "Je le vis en fonction de mon ressenti sur le snowboard, au jour le jour", explique-t-elle. "Je sais qu'elle progresse parce que je le sens quand je vois ma jambe avant qui n'est pratiquement pas musclée. Mais je pense que je suis déjà très chanceuse d'être dans cet état."
Pour la championne, cette maladie a paradoxalement été "une opportunité de vie complètement incroyable" et même "une renaissance" qui a fait d'elle l'athlète qu'elle est devenue aujourd'hui.
Un engagement qui dépasse le sport
En dehors des pistes, Cécile Hernandez s'engage activement pour changer le regard sur le handicap et promouvoir l'équité entre hommes et femmes. Elle développe des conférences sur le handicap, se consacre à la sensibilisation sur les handicaps invisibles, et encourage particulièrement les femmes à pratiquer une activité sportive.
"C'est un élément central dans la vie, et j'ai envie de dire encore plus quand on est handicapé, parce que ça sociabilise, ça aide à reprendre confiance en soi, ça aide à se réconcilier avec son corps", affirme-t-elle avec conviction.
Des projets d'avenir ambitieux
À 51 ans, Cécile Hernandez envisage déjà l'après-Jeux avec de nombreux projets. Elle souhaite s'impliquer dans la promotion des para-sports d'hiver en vue des Alpes françaises 2030, envisage de devenir manageuse d'un club de sport féminin, et développe actuellement des projets d'habitats inclusifs pour les personnes handicapées.
Quant à une participation aux Jeux d'été après Milan-Cortina, elle ne ferme pas la porte : "Je ne ferme pas la porte non plus puisque j'ai eu des propositions. Mais pour l'instant, je pense à ce qui va se passer dans 58 jours. Dans 58 jours, je serai au départ de ma course."
Son père lui a dit : "Moi, je veux que tu brilles sur la neige et pas parce que tu es juste un porte-drapeau." La réponse de Cécile Hernandez fut sans équivoque : "Papa, je ferai les deux." Un engagement total qui résume parfaitement l'état d'esprit de cette athlète d'exception à l'aube de ses quatrièmes Jeux Paralympiques.



