Alpes 2030 : réunion cruciale à Nice entre Muselier et Ciotti pour sauver les JO d'hiver
Alpes 2030 : réunion cruciale à Nice pour les JO d'hiver

Alpes 2030 : l'avenir des JO d'hiver se joue à Nice

Les prochains jours seront déterminants pour sculpter le visage des Jeux Olympiques d'hiver 2030 dans les Alpes françaises, avec un point d'attention particulier sur Nice. La capitale azuréenne participera-t-elle à la célébration ? L'incertitude s'est installée avec l'arrivée d'Éric Ciotti à la mairie de Nice, créant une tension palpable malgré l'absence officielle du sujet à l'ordre du jour de l'événement « Meet the buyers » organisé ce mercredi à Marseille.

Une mobilisation économique d'envergure à Marseille

Dans le cadre somptueux du palais de la Bourse, près du Vieux-Port de Marseille, les organisateurs d'Alpes 2030 ont convié 800 représentants du monde économique et une foule de journalistes. L'objectif affiché par Damien Robert, directeur général exécutif de la Solideo Alpes 2030, était de « sonner la mobilisation générale des entreprises du territoire ». Ce rendez-vous crucial intervient au lendemain des Jeux de Milan-Cortina et à moins de quatre ans d'une échéance historique pour la région.

Pourtant, l'ombre du changement politique à Nice plane sur l'événement. Dimanche dernier, Éric Ciotti a détrôné Christian Estrosi, jetant immédiatement un froid sur le projet olympique actuel. Nice est prévue pour accueillir les sports de glace (hockey, patinage artistique, short track, curling, para-hockey et para-curling), la cérémonie de clôture, le village olympique et le centre médias. Le nouveau maire a cependant porté un projet alternatif qui sera au cœur d'une réunion décisive la semaine prochaine.

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Course contre la montre pour une décision

Après un premier échange téléphonique lundi matin, Éric Ciotti (UDR) et Renaud Muselier (Renaissance) ont de nouveau discuté hier matin. « Nos équipes partiront voir les siennes la semaine prochaine », annonce le président de la Région Sud. « Nous avons la nécessité de prendre une décision, pour son projet alternatif ou pour le nôtre qui est soutenu par le CIO, la Solideo et les fédérations internationales. Il va falloir trouver une solution. »

Une solution qui devra être trouvée rapidement. « Elle sera trouvée entre fin avril et le 15 mai », assure Renaud Muselier. À cette date, la totalité des sites alpins retenus devra être validée, condition indispensable pour lancer les appels d'offres. Le président de Région reconnaît un « calendrier très court » mais souligne un « enjeu fantastique pour la France, pour les Alpes françaises, pour l'héritage de nos territoires et l'image de nos montagnes ».

Des investissements colossaux en jeu

Edgar Grospiron, président du comité d'organisation des jeux olympiques et paralympiques (Cojop) et médaillé à Albertville en 1992, évoque des chiffres qui « peuvent faire tourner la tête ». « On parle de plusieurs milliards d'investissement, par la Solideo et le Cojop, y compris après les JO », souligne-t-il.

Ensemble, Solideo et Cojop prévoient d'investir 2,4 milliards d'euros entre les Alpes du Nord (Haute-Savoie et Savoie) et du Sud (Nice et Briançon). « Ce sont autant de marchés publics qui vont être lancés, progressivement, par la Solideo », précise son directeur. Les retombées économiques espérées dépassent les six milliards d'euros, avec 45 000 emplois soutenus, des chiffres comparables à ceux de Paris 2024.

Une stratégie avec forte dimension sociale et environnementale

L'événement « Meet the buyers » visait à exposer la stratégie, le calendrier et les critères privilégiés pour les marchés à venir. Une attention particulière est portée à la dimension sociale et environnementale, qui représente 20 % de la notation globale des projets. L'ambition affichée est de « faire notamment travailler les TPE, PME, entreprises sociales et solidaires du territoire ».

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« C'est grâce à elles que nous arriverons à livrer les ouvrages en temps et en heure », prévient Damien Robert. « Le temps nous est compté. » Les travaux doivent débuter début 2027 pour une livraison à l'été 2029. Vendredi dernier, la promulgation de la loi olympique a accéléré le processus administratif, permettant des procédures accélérées similaires à celles utilisées pour Paris 2024.

L'incertitude niçoise et le plan B

La nouvelle donne politique à Nice a convaincu les organisateurs d'étudier sérieusement un plan B. Selon certaines informations, Lyon pourrait être pressentie pour reprendre les épreuves de glace et autres rendez-vous initialement prévus à Nice, en plus de la cérémonie d'ouverture déjà attribuée à la ville.

« Éric Ciotti m'a rappelé qu'il voulait les Jeux », tente de rassurer Renaud Muselier. « Il va voir les moyens qu'il peut mettre politiquement. Il a dit un certain nombre de choses, dans sa campagne, qui sont assez loin du dossier initial. Quelle sera son évolution ? Si on ne trouve pas de solution, on aura un plan B. »

Dans l'entourage du nouveau maire de Nice, on confirme mercredi soir : « Éric Ciotti et Renaud Muselier ont échangé par téléphone hier matin à ce sujet. Une conversation constructive. Éric a rappelé son soutien à l'organisation des jeux olympiques en France et évidemment à la tenue d'épreuves à Nice. Mais Éric Ciotti continue de plaider pour une solution alternative au plan défendu par Renaud Muselier, en particulier en ce qui concerne la patinoire dans le stade de l'Allianz Riviera. Des études seront lancées pour trouver une solution acceptable pour toutes les parties prenantes. »

Renaud Muselier, qui défend le plan A « de tout cœur », reste néanmoins confiant : « Chaque fois qu'on a connu un obstacle, on a trouvé une solution au profit des Jeux. » Les prochaines semaines diront si cette confiance est justifiée, alors que le compte à rebours olympique a déjà commencé.