Alpes 2030 : Mathieu Sakkas dévoile sa vision pour des Jeux d'hiver grandioses
Mathieu Sakkas, 37 ans, directeur de la marque et de l'image d'Alpes 2030, a présenté ses ambitions pour les Jeux olympiques d'hiver 2030 en France. Lors de la clôture des Jeux de Milan-Cortina, il a offert un avant-goût de ce qui attend le public, de la Haute-Savoie à Nice, à condition que cette dernière ville reste dans le projet.
Une première vision artistique saluée
Lors des cérémonies de passage de relais à Milan et Vérone, l'équipe d'Alpes 2030 a dévoilé des vidéos captivantes sur le thème « Une nouvelle aube ». « Des mois dans l'ombre pour créer l'aube, c'est pas mal ! », commente Mathieu Sakkas avec fierté. Dès son arrivée fin novembre, il a collaboré avec des agences pour élaborer un pitch validé en dix jours par le Comité International Olympique.
Les images ont été tournées en montagne au format 35 mm, sans recours à l'intelligence artificielle, avec une équipe passionnée par un rendu cinématographique. « Notre volonté, c'est de valoriser une montagne plurielle, du nord au sud, de la vallée au sommet », explique-t-il. Les Alpes françaises, de Nice à la Haute-Savoie, offrent selon lui une diversité de territoires exceptionnelle.
L'héritage de Paris 2024 comme atout
La réorchestration de La Marseillaise par le compositeur Thomas Roussel a marqué les esprits, jusqu'au président de la République. « La première fois que nous avons entendu cette Marseillaise dans son studio, nous étions tous bouleversés », confie Mathieu Sakkas. Cet héritage émotionnel de Paris 2024 est perçu comme un atout majeur.
L'équipe d'Alpes 2030 compte d'ailleurs de nombreux anciens de Paris 2024, qui apportent leur expérience aux professionnels du territoire alpin. « Ils ont délivré des Jeux mémorables et réussis. On ne peut pas se priver de leur expérience », affirme-t-il, rejetant toute place pour l'ego dans un événement universel.
Le rôle crucial de la marque et de l'image
Mathieu Sakkas décrit sa mission comme la création d'une identité verbale et visuelle en un temps record, un véhicule narratif et artistique fédérateur. « Les visuels, la musique, le rythme sont déterminants dans la réussite des Jeux », insiste-t-il, notamment pour attirer les investisseurs et toucher le grand public.
Face aux turbulences internes du Comité d'Organisation des Jeux Olympiques et Paralympiques (Cojop), il reste serein. « Souvent, quand on m'appelle, c'est que ce n'est pas simple ! », plaisante-t-il, estimant que les réglages initiaux sont mineurs au regard de la complexité de l'événement.
Défendre des Jeux positifs et durables
Pour répondre aux critiques sur le coût financier et l'impact environnemental, Mathieu Sakkas mise sur l'héritage des territoires. « Des Jeux sont positifs dès lors qu'ils amènent un héritage à ces territoires », argue-t-il, citant l'exemple de la baignade dans la Seine après Paris 2024.
Alpes 2030 privilégiera l'imaginaire de la montagne plutôt que la construction d'infrastructures lourdes. « Nous n'allons pas construire beaucoup d'infrastructures. L'héritage va surtout porter sur l'imaginaire de la montagne », précise-t-il.
Nice, inspiration pour une cérémonie grandiose
Malgré les incertitudes liées à l'arrivée d'Éric Ciotti à la mairie de Nice et à son projet alternatif pour les sports de glace, Mathieu Sakkas garde le cap. « Ce que nous voulons, c'est proposer les meilleurs Jeux possibles avec les sites qui ont été identifiés », déclare-t-il, prêt à s'adapter pour garantir la meilleure expérience.
Il envisage une cérémonie de clôture spectaculaire en baie des Anges, inspirée par la réussite de la cérémonie d'ouverture des JO de Paris sur la Seine. « Elle a tout pour faire une cérémonie grandiose, visuellement et télévisuellement incroyable ! », s'enthousiasme-t-il, évoquant la lumière sublime et le temps clément de Nice en fin d'hiver.
L'essence humaniste des Jeux
Qualifié de « génie » par Edgar Grospiron, Mathieu Sakkas reste modeste. « L'essence, c'est de proposer un événement universel, progressiste, apolitique, où l'expression du sport est à son paroxysme », définit-il. Pour lui, les Jeux olympiques représentent la marque la plus humaniste qui soit, rassemblant le plus grand nombre de pays au monde.
Le succès d'Alpes 2030 se mesurera selon trois critères : « si la France performe au niveau sportif, si les gens vivent ces semaines comme une parenthèse festive et enchantée, et si le monde voit la France comme une plateforme créative et sportive hyper-innovante ». Un héritage ambitieux à construire d'ici 2030.



