Les Bleus du judo en route pour Tbilissi avec un groupe renouvelé
Sans les poids lourds Teddy Riner et Clarisse Agbégnénou, l'équipe de France de judo s'élance vers les Championnats d'Europe de Tbilissi, en Géorgie, du 16 au 19 avril. La délégation tricolore présente un savant mélange d'expérience et de jeunesse, avec plusieurs cadres des dernières années accompagnés de judokas novices à ce niveau de compétition.
Des leaders désignés en l'absence des stars
À six mois des Championnats du monde, Romane Dicko, numéro trois mondiale en plus de 78 kg, et Joan-Benjamin Gaba, numéro deux mondial en moins de 73 kg, sont attendus comme les leaders des Bleus. Leur rôle est d'autant plus crucial que Teddy Riner, qui privilégie l'entraînement, et Clarisse Agbégnénou, en phase de reprise après un nouveau congé maternité, ne feront pas le déplacement.
La délégation féminine affiche une densité particulièrement forte. Romane Dicko, double médaillée de bronze olympique en individuel en 2021 et 2024, vise un record français avec un sixième titre européen. Elle sera épaulée par des cadres comme Shirine Boukli, numéro deux mondiale en moins de 48 kg, qui ambitionne un cinquième sacre continental. Amandine Buchard, déjà titrée aux championnats d'Europe en 2021 et 2023, complète ce trio d'expérience.
L'éclosion de jeunes talents
Le renouvellement est également porté par de jeunes judokas prometteurs. Kaïla Issoufi, 25 ans en moins de 78 kg, et Melkia Auchecorne, 21 ans en moins de 70 kg, disputeront pour la première fois les championnats d'Europe. Elles arrivent en confiance après avoir respectivement décroché une première et une deuxième place au Grand Slam de Tachkent en février dernier. Léa Fontaine souhaite quant à elle confirmer ses podiums obtenus lors des trois premiers Grand Slam de la saison.
Chez les hommes, Gaba en patron
Du côté masculin, Joan-Benjamin Gaba s'est imposé comme un pilier incontournable depuis sa médaille d'argent aux Jeux Olympiques de Paris et surtout son titre mondial en 2025. Le numéro deux mondial de sa catégorie espère remporter un premier titre européen individuel après deux médailles de bronze en 2024 et 2025. Il représente la principale chance de titre pour les Bleus.
Daikii Bouba, unique médaillé d'or chez les hommes l'an dernier, défendra son titre surprise en moins de 66 kg. La quête d'un titre sur l'épreuve mixte sera également scrutée de près, après l'élimination prématurée de la délégation française en 2025.
Une stratégie de groupe élargi
"On a un socle fort avec des gars et des filles qui ont une certaine maturité, pas mal de performances et de régularité. Et puis on a des petits jeunes aussi qui ont plus que pointé leur nez, qui ont gagné des compétitions, qui ont enchaîné de belles performances, qui ont bousculé même la hiérarchie dans certaines catégories", analyse Frédérique Jossinet, manager générale des équipes de France.
L'équipe de France a opté pour un groupe élargi pour ce déplacement en Géorgie. Audrey Tcheuméo, vice-championne olympique en 2016 et vainqueur du Grand Slam de Tbilissi en mars dernier, figure parmi les cinq réservistes chez les femmes. "Cela veut dire qu'on compte sur le groupe élargi et donc sur les réservistes pour plus tard dans la saison", précise Frédérique Jossinet.
Le calendrier chargé des Bleus
"Il y a les Championnats d'Europe, et deux mois après, on a le début de la quête olympique à partir du mois de juin. Donc ça va aller très vite", poursuit le manager. Contrairement à 2024, où la France était assurée d'un billet dans chaque catégorie de poids pour les Jeux à domicile, les Bleus devront cette fois-ci aller chercher leur quota pour Los Angeles 2028 en accumulant des points lors des compétitions à venir.
Cette quête olympique débutera en juin avec le Grand Slam de Mongolie. "On a aussi les Championnats du monde, qui étaient à l'origine prévus au mois de juillet, et qui finalement ont lieu au mois d'octobre. Donc on a fait une stratégie de sélection en fonction justement de cette particularité", souligne Frédérique Jossinet.
Le programme détaillé des Français
- Jeudi 16 avril : Shirine Boukli (-48 kg), Amandine Buchard (-52 kg), Luka Mkheidze, Romain Valadier-Picard (-60 kg), Daikir Boiba, Walide Khyar (-66 kg)
- Vendredi 17 avril : Sarah-Léonie Cysique, Martha Fawaz (-57 kg), Manon Deketer (-63 kg), Joan-Benjamin Gaba, Dayyan Boulemtafes (-73 kg)
- Samedi 18 avril : Melkia Auchecorne (-70 kg), Alexis Mathieu, Maxime-Gaël Ngayap-Hambou (-90 kg)
- Dimanche 19 avril : Kaïla Issoufi, Romane Dicko, Léa Fontaine (+78 kg), Mathéo Akiana Mongo (+100 kg)



