L'Union Bordeaux-Bègles est en mesure de réaliser un magnifique doublé en Champions Cup. Une récompense pour un club qui fête ses vingt ans et qui a pris le temps de se développer. Mais il devra gravir un Everest nommé Leinster, à San Mamès, ce samedi 23 mai (15h45).
Un anniversaire sous le signe de l'excellence
Yannick Bru a fêté ses 53 ans, vendredi. Dans la soirée, les joueurs lui ont fait souffler une paire de bougies, se sont servi une moitié de part de gâteaux, une tisane, et au lit ! Le technicien, qui, par ailleurs, commence à se faire un sacré palmarès, peut recevoir le plus beau des cadeaux ce week-end. Son équipe est en mesure de décrocher son deuxième sacre européen d'affilée. Rien que ça. Mais l'Union Bordeaux-Bègles devra d'abord, et ça, ce n'est pas rien, gravir un Everest nommé Leinster, quadruple vainqueur de la Champions Cup, référence européenne depuis deux décennies et contenant les trois-quarts de l'équipe d'Irlande. Un défi encore plus grand que celui de l'an dernier, quand les Bordelais avaient terrassé les Anglais de Northampton (28-20), à Cardiff.
"Le fait d'avoir remporté ce premier trophée a débloqué quelque chose chez nous. Ça a donné un peu plus de confiance dans notre façon de travailler, dans les choses qu'on a testées", assure Bru, qui a aussi réussi à hisser le club à deux reprises en Top 14 en 2024 et 2025, mais est tombé à chaque fois sur un os nommé Stade Toulousain.
Les vingt ans de la fusion
Ces résultats probants de l'UBB sont aussi le fruit d'une longue construction. Le club, cette année, fête les vingt ans d'une fusion que tout le monde pensait impossible entre Bègles et Bordeaux. Laurent Marti, qui a pris les rênes de ce projet assez fou en 2007, et qui a fait fortune dans l'industrie textile, voit sa patience et ses choix enfin récompenser. Après des années de construction, une accession en Top 14 en 2011, le club a pris une autre dimension avec l'arrivée de Christophe Urios, en 2019, l'émergence d'une génération dorée guidée par la géniale charnière Maxime Lucu – Matthieu Jalibert, et une ligne de trois-quarts à en faire jalouser le grand Toulouse (Bielle-Biarrey-Moefana-Depoortère-Penaud).
Autre étape dans le développement du club, le déménagement de l'UBB vers le stade Chaban-Delmas en 2015, laissé vacant par les Girondins de Bordeaux. Aujourd'hui, le club compte 18 000 abonnés, 33 000 personnes par match et vient d'enchaîner sa 35e rencontre à guichets fermés. La bonne forme économique s'explique en partie par une recette billetterie exceptionnelle.
Un avenir prometteur
Ce samedi, les Bordelais ont une occasion supplémentaire de s'affirmer comme les nouveaux gros biscotos européens. Et ils semblent avoir une moelle plus solide que La Rochelle, en quête d'un second souffle depuis trois ans. La dynastie UBB est lancée.
Yannick Bru a été adjoint de Guy Novès au Stade Toulousain (2007-2012), adjoint avec le XV de France (2012-2017), manager de Bayonne (2018-2022) qu'il a fait monter en Top 14, manager de l'UBB depuis 2023.



