Travers enterre le rêve de top 8 pour Bayonne après la déroute
Travers enterre le top 8 pour Bayonne après la déroute

Au sortir de la plus grosse déconvenue de son histoire à domicile, Laurent Travers a remisé le rêve de top 8 de l’Aviron Bayonnais, qui se rend ce samedi à Toulon (16 h 35). Le directeur du rugby pense déjà à la saison prochaine.

Un constat amer après la déroute

On pensait que l’Aviron allait mieux après les victoires à Montauban et face à La Rochelle, mais la situation a empiré avec ce troisième revers à Dauger contre Pau (22-54), le plus lourd de l’histoire du club à domicile en championnat. Quel constat en tirez-vous ? Après deux victoires, subir cette défaite fait mal. On avait cassé la spirale négative de 11 défaites en 12 matchs mais la vérité du terrain parle. Cela montre l’écart entre un deuxième et un onzième. On peut trouver des explications et des excuses mais ce qui est important, c’est de trouver des solutions. Malheureusement, le sort s’acharne. On a trois cartons rouges (NDLR, trois suspendus : Bruni, Tatafu et Tiberghien) et 16 blessés. Ça fait 19 absents. Il faut faire front. Rien n’est dû au hasard.

Les causes des difficultés

C’est-à-dire ? Il y a plusieurs facteurs qui rentrent en ligne de compte. Quand t’as pas tous les chevaux dans le moteur, forcément, le moteur avance moins vite. À quoi liez-vous ces blessures ? La saison dernière a été pleine, elle a duré, les joueurs ont donné tout leur potentiel et il y a eu très peu de coupure estivale, très peu de préparation. La deuxième année, tout le monde s’essouffle. La fatigue est aussi mentale et psychologique, surtout quand tu vois que tes ambitions ne sont plus atteignables. Les joueurs font ce qu’ils peuvent, on fait tous ce qu’on peut, et s’il y a des gens qui pensent l’inverse, je leur laisse… (NDLR : Il ne termine pas sa phrase). Le plus dur quand tu fais une grosse saison, c’est de la digérer. Il faut avoir la capacité à reprendre, à se préparer de nouveau. Ça n’a pas été le cas. La preuve, la liste des blessés est phénoménale.

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La question des moyens financiers

« Quand vous êtes douzième ou treizième masse salariale, il ne faut pas espérer lutter avec tout le monde. » L’Aviron a connu assez peu de blessures musculaires en début de saison… Oui. C’était plutôt osseux mais maintenant, c’est musculaire. Tout est lié parce que tu tires au maximum sur certains joueurs. Malgré cela, on est content d’aller à Mayol, on va faire ce qu’il faut, le club est ambitieux mais ce n’est pas parce que Bayonne a réussi à être une fois dans les six en 40 ans qu’on va y être tous les ans. Il faut être lucide sur nos capacités. Vous avez lu le rapport (de la Ligue) ? Quand vous êtes douzième ou treizième masse salariale (NDLR : 12e avec 8,95 M€), il ne faut pas espérer lutter avec tout le monde. Quand vous y êtes, bravo, c’est top, mais on est encore dans l’adolescence. Pour passer à l’âge adulte, il y a des moments où on a des boutons d’acné, où c’est un peu plus compliqué. Il y a des crises de croissance. On est peut-être dans cette période-là. Regardez : combien a-t-on pu prendre de jokers médicaux ? (NDLR : un, Marco Fepulea’i, en début de saison suite à la blessure de Tevita Tatafu). Il y a des clubs qui n’ont pas ce problème. Quand tu ne l’as pas, tu es moins en difficulté.

Le paradoxe des recettes

Justement, la saison dernière a généré de nombreuses recettes : 12 guichets fermés annoncés à Dauger, dont un barrage, deux délocalisations financièrement réussies à Saint-Sébastien, un classement final et une demie à Lyon qui engendrent des retombées économiques : comment expliquer que cet argent ne soit pas réinvesti dans le sportif, que le classement de la masse salariale n’ait pas évolué ? Je suis mal placé pour en parler mais il y a aussi d’autres critères qui rentrent en ligne de compte. Les bons résultats entraînent des primes et augmentations. Quand vous perdez certains partenaires, il faut les compenser. Si on avait atteint le quota des 17 jiff (joueurs issus des filières de formation), on aurait touché une manne financière. Ça n’a pas été le cas. C’est un beau club. Il est sain. Mais soyons lucides sur nos capacités.

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Fin de saison et avenir

Si une saison réussie ne génère pas de ressources supplémentaires dans le sportif, on voit mal comment l’inverse pourrait en générer… Je me suis expliqué sur ce sujet. Laurent Travers indique être sous contrat jusqu’en 2027. « Quand t’as pas tous les chevaux dans le moteur, forcément, le moteur avance moins vite. » Est-ce que le top 8 est encore votre motivation pour cette fin de saison ? Non, l’objectif est de gagner le maximum de matchs. Il faut être réaliste. Le top 8, n’y croyons pas. Ce qu’il faut, c’est ne rien lâcher et commencer à préparer la saison prochaine. Arrêtons de parler de top 6 ou 8. On est ambitieux mais je l’ai dit : combien de fois l’Aviron a été dans le top 6 en 40 ans ? Une fois. (Il insiste) Une fois ! Exceptionnel ! Miracle !

Le contrat de Travers

La durée de votre contrat suscite un flou. Philippe Tayeb a parlé de quatre années, puis d’une seule. Qu’en est-il ? Ce que je peux vous dire, c’est que si je suis à l’Aviron, c’est que je l’ai choisi. Je vais défendre ses couleurs parce que c’est un club avec un environnement, une ville, une région, un engouement derrière le rugby… C’est exceptionnel. Ça fait vibrer. Par contre, si demain je sens que je ne peux pas mener ma mission à bien, ne vous inquiétez pas… J’ai un certain âge (57 ans), je suis assez lucide. Ce que je veux, c’est que l’Aviron Bayonnais continue à se développer, à grandir, à rêver d’un top 6, voire plus. Et votre contrat ? Il me reste un an, soit jusqu’à la saison prochaine (2027).