Les Maritimes sont de retour dans la lutte pour une place en barrage. Avec deux journées à disputer, la fin de saison régulière s’annonce plus indécise que jamais. Où l’on pardonnera aux managers de Top 14, pris par l’adrénaline des matchs et la charge mentale écrasante de leur fonction, d’être de piètres mathématiciens. Ce week-end, Patrice Collazo et Ronan O’Gara ont chacun gagné avec le Racing et La Rochelle, respectivement contre Toulon (43-28) et Toulouse (38-10), mais ils ont aussi en commun d’avoir fait fausse route sur la lecture comptable du classement et la course pour les places de barragistes.
« On reste dans un championnat à trois avec l’UBB et Clermont », a déclaré le premier, tandis que le second a avancé que son équipe « contrôlait (son) destin ». Tous les deux ont tort : le Stade Rochelais s’est invité à la lutte pour décrocher une place en barrage, mais deux victoires bonifiées à Montauban puis contre le Stade Français ne lui garantiront pas de disputer les phases finales. Après avoir pointé à la dixième place il y a moins de trois mois, être encore dans la bataille est déjà une satisfaction en soi.
Confrontations directes
Ses six victoires lors des sept dernières journées rappellent sa série de l’an passé où, après un terrible enchaînement de huit défaites et un nul (toutes compétitions confondues), il avait rebondi avec cinq succès d’affilée… et échoué à un point du top 6 en perdant à Pau. En 2026 comme en 2025, le réveil est intervenu à la 21e journée et, cette fois, il faudra gagner les deux dernières manches pour ne pas en finir trop tôt.
Les Maritimes se faciliteront la tâche s’ils maintiennent leur niveau de dimanche où, face à un Toulouse bien équipé, ils ont livré une prestation complète. Avec une infirmerie qui se vide peu à peu (en attendant les retours de Boudehent, Bourgarit et Leyds pour la fin de la saison régulière), un Grégory Alldritt de retour à un très haut niveau, d’autres cadres qui brillent (Le Garrec, Jegou…) et un Semi Lagivala très performant au centre depuis sa reprise fin mars, ils sont mieux armés pour déployer un jeu plus ambitieux que par le passé.
Il leur faudra aussi compter sur des faux pas d’équipes qui les précèdent. Leur chance, ce sont ces deux confrontations directes entre leurs concurrents, Clermont - Racing puis Bordeaux-Bègles - Clermont. Certains y laisseront forcément des plumes. L’ASM, sixième et plutôt fringante à Pau malgré sa défaite samedi, a son destin en main, tandis que les Franciliens, qui recevront Toulouse lors de la dernière journée, ont sans doute le calendrier le plus relevé.
Un chemin clair devant nous
Les Rochelais auront aussi un œil sur Toulon lors de la prochaine journée : c’est là que se rendra l’Union Bordeaux-Bègles, une semaine après sa finale de Champions Cup. Si les Girondins perdent sans bonus défensif à Mayol, ils seront très probablement éjectés du top 6 avant de recevoir Clermont pour un match qui sentira la poudre, avec en toile de fond le retour de Christophe Urios à Chaban-Delmas…
La Rochelle a un avantage sur ses trois rivaux : en cas d’égalité de points avec l’un d’eux, elle est devant grâce aux points terrain obtenus dans les confrontations directes. « J’espère qu’on saura ce qu’il faut faire pour être dans les 6. C’est tellement excitant d’avoir pour la première fois un chemin clair devant nous », appréciait O’Gara dimanche soir.
Plus haut au classement, la qualification directe de Toulouse (qui reçoit Lyon) pour les demi-finales ne fait guère de doute. La deuxième place se jouera entre Montpellier, Pau et le Stade Français qui devraient tous les trois, sauf cataclysme, disputer les phases finales. Le vainqueur du match entre Héraultais et Béarnais, lors de la prochaine journée au Septeo Stadium, prendra une très sérieuse option sur une qualification directe pour le dernier carré.



