Salesi Rayasi, l'atout fidjien de l'UBB, prêt à briller contre Bath
Salesi Rayasi, l'atout fidjien de l'UBB, prêt pour Bath

Co-meilleur marqueur de la compétition avec 7 essais dont 2 triplés, Salesi Rayasi, l’arrière fidjien de l’Union Bordeaux-Bègles, compte bien continuer à apporter sa pierre à l’édifice face à Bath ce dimanche (16 heures). Comme en quarts, il sera titulaire.

Un joueur en pleine confiance

Avec un total de 7 essais, vous êtes le co-meilleur marqueur de la Champions Cup (avec Louis Bielle-Biarrey et Gaël Dréan). On sent que cette compétition vous permet d’exprimer pleinement votre rugby. C’est le cas ?

C’est vrai, je prends beaucoup de plaisir à jouer cette Champions Cup. L’UBB est la tenante du titre, ça amène beaucoup d’attente autour de l’équipe en vue d’un doublé. Avec des joueurs comme Matthieu Jalibert, Max Lucu ou Louis Bielle-Biarrey, entre autres, sur les lignes arrière, on se régale.

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Des triplés mémorables

Comment avez-vous vécu vos deux triplés face à Northampton et Leicester ?

Face à Northampton, c’était le match des grandes retrouvailles depuis la finale de l’an dernier. On avait vraiment à cœur de réaliser une grande performance. La sensation d’avoir scoré à trois reprises sur ces deux matchs a été quelque chose d’incroyable mais le plus important reste ce qu’on a réalisé tous ensemble.

Votre entrée en jeu lors du premier match sur le terrain des Bulls a aussi marqué les esprits…

C’était mon tout premier match de Champions Cup. Le score était très serré quand je suis entré en jeu, c’était un match très difficile. Le voyage a été très long, on s’est entraîné dur pendant une semaine en altitude, j’en ai vraiment bavé. Mais la manière dont on a gagné là-bas, ça a donné beaucoup de confiance à tout le monde.

Une libération en équipe nationale

Vos coachs et vos coéquipiers sentent que votre match à l’arrière avec les Fidji face à la France à Bordeaux lors de la tournée de novembre a débloqué quelque chose en vous cette saison. C’est aussi votre avis ?

Oui, je pense. Mais même le premier match en Angleterre. Sur des rencontres de ce niveau, face à de tels adversaires, tu dois prendre les bonnes décisions, anticiper les choses, être au bon endroit pour recevoir le ballon… Cette tournée de novembre a été un très bon apprentissage pour moi. Ces matchs m’ont libéré pour la suite de la saison.

L’adaptation à Bordeaux

L’adaptation à Bordeaux a été difficile lors des premiers mois ?

Un peu. Quand tu changes de club, les joueurs sont différents et donc, les skills sont différents. Parfois, tu t’attends à des choses normales sur le terrain mais quand tu te retrouves avec Matthieu (Jalibert), Damian (Penaud), Loulou (Bielle-Biarrey), elles ne le sont pas toujours parce que ce sont des joueurs exceptionnels. Ils n’ont qu’à prendre le ballon et tu les regardes faire. J’ai dû comprendre ce que je pouvais faire pour pouvoir les aider et participer au jeu.

Noel McNamara dit que nous n’avons pas encore vu tout votre potentiel. Vous en êtes conscient ?

Oui. Je cherche encore à garder le niveau d’engagement sur toute la durée d’un match. Je dois montrer plus de concentration aussi. Je dois rester plus concentré sur le ballon, regarder constamment ce qui se passe, autour des rucks notamment… Tous mes coéquipiers m’aident en me parlant beaucoup.

Un joueur tête en l’air

Vous avez la réputation d’être un peu tête en l’air…

Exactement (en français) ! (rires).

Comment ça se traduit au quotidien ?

J’oublie souvent des choses dans mon casier de vestiaire. Une fois arrivé chez moi, je suis obligé de reprendre la voiture pour aller les récupérer. On me fait souvent remarquer que je suis comme ça et je ne peux que le reconnaître. Ça exaspère autant mes coéquipiers que ma compagne. Je me fais pas mal chambrer à ce sujet.

Un métissage culturel

Votre mère est samoane, votre père fidjien, vous avez grandi à Wellington en Nouvelle-Zélande… Que vous a apporté chacune de ces cultures ?

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Ma mère a même des origines allemandes par son grand-père. Et mon père a été rugbyman professionnel au Japon pendant une dizaine d’années, nous étions là-bas avec lui pendant quelques années. Je dirais que j’ai le côté relax des Fidjiens. Du côté de ma mère, c’est beaucoup plus strict : « c’est comme ça et pas autrement ». J’ai adoré mon enfance en Nouvelle-Zélande. Je suis le produit de toutes ces cultures.

Vous avez réussi à réunir toutes ces cultures à travers votre carrière en jouant pour l’équipe des Samoa des moins de 20 ans, l’équipe de Nouvelle-Zélande de rugby à 7 et à XV avec les Fidji…

C’est bizarre, hein (rires). Mais ça m’a fait vivre de belles expériences. Avec les Samoa U20, je suis allé pour la première fois en Afrique. En 2018, je suis venu en Europe pour la première fois avec l’équipe de Nouvelle-Zélande à 7. À Paris, j’ai découvert les boulangeries-pâtisseries, c’est un bon souvenir. Aujourd’hui, je joue pour les Fidji, comme mon père. C’est une grande fierté de suivre son chemin.

Pas de regrets pour les All Blacks

Lorsque vous jouiez à Auckland, tout le monde vous voyait porter le maillot des All Blacks un jour… C’est un regret de ne pas avoir pu le faire ?

Je ne suis pas du genre à avoir des regrets. Si les choses doivent arriver un jour, elles arrivent. Et si ce n’est pas le cas, c’est qu’elles ne devaient pas arriver. J’ai adoré mes années rugby en Nouvelle-Zélande. Après mes deux dernières années chez les Hurricanes (Super Rugby), j’avais besoin de changer d’air, de vivre quelque chose de différent. Rejoindre la France était pour moi une très belle opportunité. L’ambiance dans les stades est incroyable, il y a une grande différence avec ce que j’ai connu en Nouvelle-Zélande.

De Vannes à Bordeaux

En 2024, vous avez débarqué à Vannes… Comment avez-vous vécu ce grand changement ?

J’adore Vannes ! C’est une ville à taille humaine. J’ai découvert la culture bretonne qui m’était complètement inconnue. Je n’ai pas été très dépaysé car il y avait du vent et de la pluie comme à Wellington. Je me suis fait de bons amis là-bas.

La passion du basket

Vous avez mis plusieurs années à choisir entre le rugby et le basket que vous avez pratiqué jusqu’à 18 ans. Aujourd’hui, vous vous dites que vous faites le bon choix ?

Oui. Mais j’adore le basket. Nous sommes quelques-uns dans l’équipe à aimer ça comme Boris (Palu), Pablo (Uberti), Temo (Matiu). On parle beaucoup des play-offs NBA en ce moment, de Wemby, de Rudy Gobert… Il y a beaucoup de skills en basket qui sont transposables au rugby. En Top 14, on voit de plus en plus de passes de basket par exemple (il mime le geste).

« J’adore scorer ! Mon joueur de basket favori, c’était Michael Jordan. J’adore sa mentalité, son obsession de marquer. »

Vos années de basket vous font-elles avoir une attention particulière à vos stats ?

J’adore scorer ! Mon joueur de basket favori, c’était Michael Jordan. J’adore sa mentalité, son obsession de marquer. Il y a beaucoup de parallèles avec le rugby dans la prise de balle, la manière de battre des défenseurs, de créer un espace pour le mec qui est à côté…

Objectif doublé

Vous êtes à deux victoires d’un titre avec l’UBB… Qu’est-ce que ça vous inspire ?

J’aimerais vraiment qu’on aille au bout et je compte bien apporter ma pierre à l’édifice. Il faut qu’on continue d’avancer dans cette compétition avec la même confiance. L’équipe a déjà remporté ce titre l’an dernier, elle sait ce qu’il faut faire pour en gagner un autre. On est tous conscients de la tâche qui nous attend face à Bath. Mais on ne veut pas s’arrêter là.