Rugby : la renaissance d'un international, entre travail et instinct
Rugby : renaissance d'un international, entre travail et instinct

Une saison exceptionnelle sous le signe de la renaissance

Interrogé sur sa saison, le joueur international ne cache pas sa satisfaction : "Je vis probablement la meilleure saison de ma carrière. Collectivement, avec la Section, nous nous sommes maintenus dans le top 6 toute la saison, et il reste encore beaucoup à écrire. Et puis je remporte le Six-Nations avec l'équipe de France : je ne joue que deux matchs, mais ce sont deux gros matchs en termes de temps de jeu. Je suis quand même content."

Pourtant, un brin de frustration subsiste : "En tant que compétiteur, j'aspire à plus, je vois Théo (Attissogbe) qui a brillé, qui a joué toutes les minutes du Tournoi, c'est un exemple pour moi." Il nuance son sentiment : "Il y a ces deux rencontres et cette feuille de match face à l'Angleterre, même si je ne rentre pas. Il y a aussi un titre à la clé, qu'il ne faut pas banaliser, mais je suis mitigé."

La clé : une préparation mentale et technique affinée

Comment explique-t-il cette forme étincelante, marquée par quatre essais lors des quatre derniers matchs ? Le joueur évoque un travail de fond : "À force de jouer. Cette année, à la Section, on s'entraîne beaucoup plus sur le jeu déstructuré. Le mardi, on fait du 'ball in play', cela consiste à reproduire des situations de jeu dans le désordre, d'être un peu moins cadré dans un plan."

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Il insiste sur l'importance des petits détails : "Je ne me concentre que sur des détails, comme le raffut que je ne sortais jamais avant, et que j'ai utilisé sur mes deux derniers essais. Cela fait partie de ce qu'on appelle ici 'le 1 %'." Ce concept, mis en place cette saison seulement, consiste en de petits ateliers de 7 à 8 minutes où l'on se focalise sur un geste technique spécifique. "Cela nous permet de multiplier les situations en semaine sans trop avoir de charge en plus."

Un équilibre à trouver entre cadre et instinct

Le joueur reconnaît avoir évolué dans sa méthodologie : "J'essaie de trouver un meilleur équilibre entre ce côté très cadré et mon instinct. Je suis parfois tombé dans l'excès en voulant tout planifier, en me stressant, même si ça a aussi fait ma force. Mais au final, tu perds un peu en termes de fougue, d'énergie, et donc d'instinct. J'essaye toujours de m'appuyer sur ma discipline tout en me libérant plus."

Cette discipline, il la doit aussi à ses études : "Je termine ma 2e et dernière année de Master en Staps, et ce qui est drôle, c'est que sur ces 3-4 dernières semaines, j'ai été et suis encore très sollicité pour rendre les différents rapports de stage, le mémoire, sachant qu'il y a aussi les derniers partiels. J'étais un peu sous cette pression entre le rugby et les cours, il fallait charbonner. Et au final, ça m'a aidé à être beaucoup plus vigilant, en alerte sur le terrain. Je l'ai vraiment 'tilté' ce mois-ci."

Le rôle de capitaine : un défi à relever

Vice-capitaine et parfois promu capitaine, il avoue : "Ce n'est pas facile à gérer, je n'ai gagné que deux fois en tant que capitaine. Cela ne m'a pas toujours réussi. Je ne suis pas très à l'aise dans tout ce qui est discours, je dois donc sortir de ma zone de confort. Je l'accepte parce que je trouve ça très honorable, et très important, aussi, dans une carrière de joueur. Mais il faut quand même assurer et ce n'est pas facile. J'ai encore beaucoup à apprendre."

Il précise les difficultés : "Ma position est souvent éloignée du ballon. Cela complique la relation avec l'arbitre durant le match. Il va falloir que je sois meilleur là-dessus en fluidifiant les choses plutôt qu'en le harcelant de questions."

Quant à trouver les mots justes pour son équipe : "Vous avez un peu raison, ce n'est vraiment pas mon fort. Je ne suis pas à l'aise sur tout ce qui est éloquence, donc trouver le bon mot, la bonne cadence quand tu parles, ce n'est pas évident. C'est un domaine où je peux progresser. Je suis quand même content quand je ne suis pas capitaine, cela me permet vraiment de me concentrer sur mon job."

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Des passions pour s'évader

En dehors du rugby, le joueur aime la peinture et la musique. Il confie : "Je vais me remettre à la guitare, à la basse… et on verra ensuite pour le chant. Ce n'est vraiment pas mon point fort, mais c'est quelque chose de très culturel ici. Plus globalement, je veux encore plus m'imprégner de cette identité béarnaise. Je vais entamer ma 5e année ici, je pense commencer à apprendre la langue."

Cette saison, entre performance sportive et développement personnel, le joueur semble avoir trouvé une formule gagnante, alliant rigueur et lâcher-prise, pour le plus grand bonheur de son équipe et des supporters.