Ancienne joueuse du Stade Bordelais, vice-présidente de la Fédération française de rugby (FFR) et adjointe au sport du maire de Bordeaux, Ariane Van Ghelue porte un regard avisé sur l'essor de sa discipline et les enjeux de sa professionnalisation. À l'occasion du France-Angleterre de dimanche 17 mai (17 h 45) au stade Atlantique de Bordeaux, elle revient sur les défis et les perspectives du rugby féminin.
Un match décisif pour le Grand Chelem
Dimanche, le stade Atlantique accueille le crunch du Tournoi des Six Nations féminin. Pour Van Ghelue, c'est une finale : les Anglaises sont championnes du monde en titre et numéro 1 mondiales, tandis que les Françaises sont invaincues. Une opportunité historique de réaliser le Grand Chelem devant leur public. Elle souligne l'ambiance conviviale et familiale des matchs féminins, idéale pour découvrir le très haut niveau.
Une progression spectaculaire
Le rugby féminin connaît une croissance fulgurante. Van Ghelue note que le rugby est l'un des sports collectifs où la progression du nombre de licenciées est la plus spectaculaire. Les filles tirent la croissance de la FFR vers le haut, tant en termes de licences que de niveau de jeu. Elle est particulièrement bluffée par les U18, une génération impressionnante qui a commencé le rugby très tôt.
Un parcours atypique
Van Ghelue elle-même a bifurqué du basket vers le rugby au lycée, en cachette de sa coach. Elle a trouvé un plaisir immense à pouvoir traverser le terrain avec le ballon. Elle insiste sur le fait que le rugby est un sport universel, qui a besoin de tous les profils : grandes, puissantes, rapides, malines. Elle encourage les jeunes filles à essayer, malgré les stéréotypes sur la rudesse.
Les axes de développement
À la FFR, Van Ghelue travaille sur la structuration de la filière jeunes, le développement des infrastructures et la visibilité médiatique. Les audiences télévisées dépassent parfois celles de l'équipe de France féminine de football. Elle estime que la société est prête à voir du sport féminin, mais que les médias doivent encore s'adapter.
La professionnalisation en question
Pour Van Ghelue, la professionnalisation doit passer par une structuration financière et administrative solide des clubs, ainsi que par des infrastructures de qualité. Elle défend un format de championnat stable, comme la poule unique qui a permis l'arrivée d'un partenaire comme Axa. Avant de rendre les joueuses complètement professionnelles, il faut s'assurer que les clubs peuvent assumer ce modèle. Elle met en garde contre les risques de déséquilibre et rappelle l'importance des clubs formateurs en milieu rural.
L'équipe de France s'entraîne ce vendredi 14 mai au stade Sainte-Germaine du Bouscat à partir de 16 h 30, avec entrée gratuite sur inscription.



