Pau FC : le pari du hasard contre la multipropriété
Pau FC : le pari du hasard contre la multipropriété

Comme chaque semaine de match à domicile du Pau FC, et avant celui de ce samedi face à Nancy (20 heures), le site alternatif de référence du club béarnais compose son billet d’humeur. Prenant à tort le physicien Niels Bohr pour un imbécile, Einstein, qui ne l’était pas non plus, lui lançait, dédaigneux : « Dieu ne joue pas aux dés ». Avant que ces deux-là ne s’écharpent sur la dimension probabiliste de la mécanique quantique comme effet de son incomplétude, Einstein aurait complété son propos en ajoutant : « Y’a qu’au Pau FC qu’ils y jouent ». Et il n’avait pas tort. Parce que l’infiniment petit, c’est le compagnon intime du supporter palois : le stade, le budget, le remplissage des bières, Versini.

Fortune complice

Le problème, avec les passe-temps simplistes, c’est qu’ils emportent l’adhésion du curieux, au point d’en devenir chaland. Et depuis quelques étés, le board palois a, de gré ou de force, recours à ces petits cubes qui dictent notre avenir. Certes, nos derniers lancers font de nous des crapules qu’il convient de ne pas croiser dans l’arrière-salle d’un tripot aux odeurs tièdes d’alcool frelaté, mais quand on est joueur, on ne peut pas se substituer au hasard. Alors, misez sur l’honnêteté, le goût du travail bien fait, et alors, dans de nouvelles chaudes soirées de septembre, emportés par la houle de nos habiles offensifs, nous nous demanderons comment ce frêle esquif peut paraître un paquebot.

Blue and Yellow

Il est pourtant là, le Mal, dont l’immonde reflet a désormais peine à rester dissimulé derrière une réalité occulte. Avec la multipropriété, un club professionnel français sur deux ne joue plus aux dés. Ne plus lancer pour soumettre son destin aux magnats des cartes ? Quelle perte de saveur, à l’instar d’un gâteau Russe acheté à Toulouse ou d’un Madiran à moins de 13 degrés. Et puis, quelle entité assez extravagante viendrait ajouter le Pau FC à son portefeuille ? Un consortium de style BlueCo, fétichiste des clubs jaunes et bleus, qui lierait notre avenir à celui de Boca Juniors, Leeds et le Hellas Vérone ? Le Desman Football Group, avec Huesca et Luzenac ? Un fonds d’investissement misant sur l’acier et les stades en structures tubulaires ? Préférons le miracle permanent à l’illusion d’un avenir radieux. Le mathématicien John Littlewood, en 1986, l’a démontré : les miracles n’existent pas. Alors, puisque tel est le cas, nous faisons le souhait d’y croire avec encore davantage de vigueur. Et on croise les doigts, il paraît que ça marche.

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