Alors que la finale de la Coupe de France se rapproche, prévue le 22 mai, les supporters de l'OGC Nice rencontrent d'importantes difficultés pour organiser leur déplacement à Paris. Le président du club, Jean-Pierre Rivère, a accepté de faire le point sur la situation, exprimant son mécontentement face aux obstacles rencontrés.
Des trains spéciaux trop chers et insuffisants
La finale, qui devait être une belle fête populaire, se transforme en calvaire pour de nombreux supporters du Gym. « C'est très compliqué », déplore Rivère. « La finale se joue un vendredi, en plein cœur du week-end de la Pentecôte. Le marché est sous tension. Il y a beaucoup de voyageurs, on est en plein festival de Cannes. »
La priorité du club était de proposer des trains spéciaux pour permettre au plus grand nombre de supporters de se déplacer, solution jugée la plus pratique, sécurisée et accessible. Cependant, par rapport à 2022, les capacités sont trois fois inférieures pour un coût deux fois plus élevé. « Des discussions ont été engagées très tôt pour reproduire un dispositif similaire, mais cela n'a pas abouti », explique Rivère.
La SNCF manque de rames en ce week-end chargé, et aucune solution n'a été trouvée pour permettre aux supporters de rentrer dans la nuit. Interrogé sur un éventuel manque de volonté des interlocuteurs, Rivère répond : « On ne le ressent pas comme ça. J'ai demandé à Éric Ciotti de nous aider. Il a appelé Jean Castex. On est aussi en contact avec le ministre des Transports Philippe Tabarot. On se sent écouté mais on attend du concret. »
Des solutions de repli et un appel à la débrouille
Face à cette situation, le président du Gym préconise aux supporters de se positionner rapidement sur les transports existants. « Il y a des trains disponibles au départ d'Aix ou de Toulon, à 250 euros l'aller-retour. Il faut favoriser les déplacements groupés, mutualiser les trajets entre supporters via du covoiturage. » Il reconnaît que cela demande de gros efforts et que la nécessité de passer une nuit à Paris représente un coût supplémentaire.
Le recours à davantage de bus est également une option. « On négocie actuellement avec des compagnies. Globalement, on a été écoutés, on attend des réponses concrètes. Il faut qu'elles arrivent vite parce que le délai se rétrécit. » Rivère a également demandé au président de la FFF, Philippe Diallo, de prolonger la billetterie allouée au club, qui devait fermer le 11 mai.
Une fan zone à Nice et des célébrations décalées
Pour les supporters contraints de rester à Nice, une fan zone sera installée sur le miroir d'eau, avec une capacité d'environ 12 000 personnes. En cas de victoire, le club réfléchit à décaler les célébrations au dimanche matin pour permettre aux supporters de redescendre de Paris.
Interrogé sur un éventuel amalgame visant les supporters niçois, Rivère répond : « J'ose espérer que ce n'est pas le cas. On a conscience que les Lensois jouent une finale à 190 km de chez eux, nous à 1 000 km. Mais c'est dans l'adversité que l'on est toujours meilleurs. »
Une aide financière impossible
Le club ne peut pas aider financièrement les supporters. « Si on devait apporter une subvention, ce serait à tous les supporters qui se déplacent. Pour 20 000 personnes, c'est malheureusement impossible », explique Rivère. Actuellement, environ 12 500 places ont été vendues dans le parcage niçois, sur un quota de 19 600.
Le maintien en Ligue 1, un autre défi
Au milieu de ces difficultés, le match crucial pour le maintien à Auxerre se profile. « Habituons-nous à jouer des finales, parce qu'on va en vivre trois », lance Rivère. « Si on repart d'Auxerre avec les trois points, on est tranquille. Si ça se passe moins bien, on en aura encore une contre Metz. »
Le président, arrivé en décembre avec Maurice Cohen, savait que la situation était compliquée. « Si on se maintient et qu'on gagne la Coupe de France, ça peut au final être une belle saison. On l'aura fait dans la difficulté. »
Un club à un moment charnière
Interrogé sur les rumeurs de vente du club, Rivère indique : « Je sais qu'il y a des gens qui tournent autour du club, mais honnêtement on ne me donne pas d'informations. Peut-être qu'à la reprise du championnat, Ineos sera toujours là. Peut-être qu'il y aura un repreneur. » En attendant, les trois objectifs restent le maintien, la victoire en Coupe de France, et la structuration du club pour l'avenir.



