Un parcours hors des sentiers battus
Issu d'une famille de rugby et détecté tardivement, Noah Vidal-Cartoux, milieu de terrain de 18 ans, impressionne par son goût du duel, tant technique que physique. Il sera le leader technique du Montpellier Hérault SC (MHSC) qui défie le Paris Saint-Germain, vendredi 22 mai, en finale de la prestigieuse Coupe de France U18, la Coupe Gambardella.
Sur le terrain, mardi à Grammont, ses boucles blondes se remarquent. En attaque comme en défense, Vidal-Cartoux fait la navette, dribble, tacle et impose sa patte. Celle d'un petit gabarit (1,76 m) qui n'a pas froid aux yeux et diffuse un sentiment d'aisance technique et physique bluffante. Cette aisance a contribué à porter le MHSC jusqu'au Stade de France pour cette finale face au PSG, un défi XXL pour une génération dont le natif d'Aix-en-Provence est l'un des porte-drapeaux presque inattendus.
Un début tardif dans le football
Inattendu, car rien ne programmait ce milieu offensif, fils de rugbyman de bon niveau, champion de Fédérale, à tâter du ballon rond. Un grand-père amateur de foot et le préau de l'école ont tout changé. Mes parents n'étaient pas très chauds, parce que c'est un peu un monde de requins. Les autres parents, l'ambiance… Ce n'est pas comme au rugby. Au final, j'y ai pris goût et eux aussi. explique-t-il.
Pas programmé, pas obsédé par la réussite, Vidal-Cartoux a pris les chemins de traverse, ceux du foot des villages, sans tirer de plans sur la comète. Depuis le début, je joue toujours pour le plaisir. Je n'ai jamais voulu arriver à ce niveau. Ça n'a jamais été une obsession, ça l'est devenu en arrivant à Montpellier.
Un coup de téléphone qui change tout
Un coup de téléphone a changé le destin d'un joueur jusque-là hors des radars des scouts de la région marseillaise. On est monté en U15 Régional avec mon club de l'US Venelles. Mon directeur sportif a appelé le recruteur du MHSC pour dire qu'il avait un bon joueur. Ils sont venus, je suis allé faire un test une semaine et voilà. Au final, ça s'est fait tellement vite qu'il n'y a eu que Montpellier. Le club a cru en moi dès le début.
Un style de jeu unique
Depuis son arrivée dans la pépinière pailladine en 2023, à 15 ans, Vidal-Cartoux a bien grandi, sans se départir de son style, aussi doux avec le ballon que dur sur l'homme. Ce côté physique, le duel, je crois que c'est dû au rugby auquel j'ai joué jusqu'à mes 7-8 ans. Du coup, je n'ai jamais vraiment eu peur du contact. Et le dribble, c'est ce que j'aime le plus. Éliminer, aller vite avec le ballon… C'est le foot à la récré.
Dans un sport où le formatage guette les profils atypiques, Vidal-Cartoux oppose un jeu à l'instinct. Son entrée en Ligue 2, le 13 mars lors de MHSC-Laval (2-0) à La Mosson, avait contenu l'essence de ce gamin rentré chez les grands comme dans une cour d'école. Un quart d'heure pour une unique apparition chez les pros à ce jour qui a tout accéléré. Ça m'a donné une telle confiance en moi. Je n'avais plus peur de rien, reconnaît celui qui a enchaîné avec deux premières capes en équipe de France U19.
Un avenir prometteur
Un tourbillon de bonnes nouvelles, savoure-t-il. La prochaine fait très peu de doute et devrait être la signature d'un premier contrat professionnel au MHSC. Un an après avoir décroché son Bac STMG avec mention assez bien, et enchaîné sur une licence de gestion mise entre parenthèses, le garçon ne se pose pas de question. Je ne sais pas ce qui m'attend. Si ce n'est une finale de Gambardella, dès vendredi, où il compte prendre du plaisir. Parce que c'est ce que je veux toujours conserver et que c'est ce qui m'a amené là, insiste-t-il. Montpellier ne demande qu'à le partager encore.



