Un an après la relégation, le MHSC a terminé sa saison samedi 9 mai par un nul au Red Star (1-1) et une 8e place finale. Un bilan au goût d'inachevé pour une équipe qui a trouvé sa carburation en seconde partie de championnat et sans doute construit pour demain, mais a trop tardé à s'affirmer.
Reconquête maison
En juin 2025, Montpellier partait de très loin. Onze mois et une relégation plus tard, il a nettoyé devant ses portes, et dans son effectif, renouant avec les succès à La Mosson et la jeunesse. Le tout dans un stade à l'affluence logiquement moindre qu'à l'étage du dessus mais avec une ambiance et une communion retrouvée, impulsée par une Butte Paillade enfiévrée sans discontinuer.
Le MHSC a également remis la main sur un mode d'emploi qu'il connaît par cœur, celui de minots à l'envie décuplée. Théo Chennahi en a été l'incontestable révélation, avant Axel Guéguin ou Yaël Mouanga. Les réussites aussi d'un staff jeune, aux méthodes appréciées et au mode de fonctionnement (espace de vie et repas en commun) à la racine d'un groupe à nouveau uni.
Virages manqués
"Le regret c'est de ne pas avoir pris conscience plus tôt qu'on était capables de le faire, parce qu'on en avait les moyens. Malgré toutes les péripéties de la saison, on en avait les moyens", relevait Julien Laporte. Un résumé aussi franc qu'exact : si le MHSC a manqué la fin et les play-offs, c'est aussi parce qu'il a trop tardé à trouver sa carburation. La faute à l'instabilité du club et ses conséquences (départs de Coulibaly et Omeragic hors mercato, arrivée tardive de Molebe), à des manques offensifs, surtout en déplacement (9e bilan, 14 buts marqués). Mais aussi à de trop nombreux virages manqués lors des matches clés, de ceux face à Boulogne, Grenoble et Clermont, à ceux face aux favoris annoncés (Saint-Étienne, Troyes, Reims).
Camara, des hauts et débats
Zoumana Camara, 47 ans, est "encore un entraîneur jeune". Cela ne l'a pas empêché d'affirmer ses idées, la verticalité ou celle, pas inédite certes, d'une reconstruction par le bas, réussie avec la meilleure défense de L2 (ex æquo avec Le Mans). Après ses débuts en avril 2025, il s'est confronté et a su s'adapter pour sa première saison complète. À son entame de championnat prudente – sept profils défensifs au coup d'envoi de la 2e journée –, il a ainsi évolué pour achever la saison à Amiens avec cinq attaquants dans son onze. Quand bien même ce changement aura été précédé d'un recadrage présidentiel en janvier, la rupture a coïncidé avec une seconde moitié de saison bien plus aboutie.
Le discours de l'ex-Parisien, aussi sympathique que distant avec les rares médias suiveurs, aura, en revanche, été linéaire. Cela lui aura parfois été reproché, par sa propension à rabâcher "la reconstruction" mais aussi son manque d'affirmation en public lors des confrontations face aux mêmes favoris, censés "boxer dans une autre catégorie". Ce que les saisons du Mans, Rodez, le Red Star ou Annecy ont en partie contredit.
Savanier, pardon et déclassement
La gestion de Téji Savanier par Zoumana Camara aura été l'un des marqueurs de la saison. Et pas seulement à cause des questions des journalistes, comme l'a affirmé le coach samedi. D'abord abonné au banc en fin d'été, l'ex-capitaine avait réussi un retour quasi parfait. Des coups-francs pour s'inventer un "come-back" et un pardon, après avoir été l'un des symboles de la descente. Mais l'embellie, qui permet au milieu de figurer en tête des notes de la saison, a fait long feu, début février. Jusqu'à une fin pas forcément comprise dans la peau d'un remplaçant et les larmes, il y a quinze jours. Une conclusion définitive pour un joueur de 34 ans libre en juin ?
Laporte-Mendy, leaders trouvés
Le MHSC et ses dirigeants ont réussi leur pari du renouvellement des cadres avec Julien Laporte (Lorient) et Alexandre Mendy (Caen), exemplaires d'engagement et de volonté. Le défenseur a logiquement récupéré le brassard de capitaine au départ d'Omeragic et affirmé un style autoritaire et indispensable, à l'image de ses nombreux sauvetages. Le buteur a, lui, débuté 33 des 34 rencontres de L2, inscrivant 12 buts (15 avec la Coupe). Son style combatif a été aussi précieux qu'incompris par le corps arbitral, qui en a fait le joueur commettant le plus de fautes en L2. Une incongruité qui ne ternit pas son bilan, au contraire d'un Nathanaël Mbuku, intermittent ou pas aussi décisif qu'espéré.
La déception a prédominé pour la plupart des joueurs en prêt, dont Ayanda Sishuba, jamais titulaire. Enzo Molebe aura tout de même su faire fructifier ses apparitions (2 buts, 1 passe en 12 matches) sur la fin. Sans éviter toutefois le goût d'inachevé d'une saison à rebâtir sur des ruines. Le MHSC y a posé les fondations mais pas encore terminé son chantier.
Le bulletin de la saison
Mention très bien
- Savanier (15 notes) 5,6/10
- Laporte (28) 5.5
- Mbuku (26) 5.3
- Omeragic* (22) 5.3
Mention bien
- Ngapandouetnbu (31) 5.2
- Chennahi (24) 5.2
- Jullien (20) 5.1
- Pays (27) 5.1
- Mendy (33) 5
Passable
- Tchato (26) 4.7
- Sainte-Luce (20) 4.7
- Mouanga (14) 4.5
- El Hannach (12) 4.5
Insuffisant
- Issoufou (10) 4.2
- Molebe (6) 4.1
- Mincarelli (15) 4.1
- Fayad (8) 4.1
- Everson (18) 4
- Orakpo* (7) 4
Et aussi Dzodic (2 notes), Michel (1), Homssa, Coulibaly** (4), Gueguin (2), Ndiaye (1). Sont entrés en jeu : Mohamed, Sishuba, Vidal-Cartoux et Thiland-Herard. Les notes sont calculées à partir de la moyenne de celles attribuées au cours de la saison par Midi Libre. Ne sont comptabilisés que les joueurs ayant été notés au moins cinq fois. Pour être noté, un joueur doit disputer au minimum 45 minutes d'une rencontre. *Transféré au mercato d'hiver ; **Transféré après 4 journées.



