Une décision de la CAF déclenche une tempête médiatique en Algérie
La Confédération africaine de football (CAF) vient de prendre une décision qui a provoqué un séisme dans le monde du football africain. En attribuant le titre de champion d'Afrique au Maroc aux dépens du Sénégal, l'instance continentale a déclenché une vague d'indignation sans précédent en Algérie, où les médias et les supporters dénoncent un scandale sportif majeur.
Les réactions outrées de la presse algérienne
Le journal sportif algérien Compétitions a titré « Hallucinant ! » en première page, tandis que Canal Algérie, la télévision officielle, parle ouvertement de « scandale ». Le quotidien El Moudjahid, connu pour sa ligne éditoriale officielle, a publié un éditorial cinglant ce matin : « Ainsi, l'histoire retiendra qu'il est désormais possible de perdre une finale sur le terrain… et de la gagner dans les bureaux. Un renversement des codes qui illustre une nouvelle fois la déchéance d'une Confédération africaine de football qui fait des règlements un brouillon dont elle use et abuse comme bon lui semble. »
La Gazette du Fennec s'insurge : « La CAF vient de commettre une nouvelle bavure en pondant une décision inimaginable. La structure confédérale risque fortement de se faire débouter par le Tribunal arbitral du sport (TAS) de Lausanne. La Fédération sénégalaise de football contestera forcément cette injustice auprès de la juridiction suprême. » Le média spécialisé DZFoot fulmine quant à lui : « Ce sacre sur tapis vert offre ainsi aux Lions de l'Atlas un titre continental qu'ils n'avaient pas réussi à décrocher sportivement. »
L'indignation généralisée sur les réseaux sociaux
Sur les plateformes numériques, l'indignation des supporters algériens se mêle à une ironie mordante. De nombreux internautes republient le post Instagram du joueur sénégalais Sadio Mané où il affirme : « Le monde entier sait qui est le vrai champion. » Un commentaire virulent circule abondamment : « Le Maroc est le seul pays au monde qui a eu son indépendance par une feuille, et sa Coupe d'Afrique en distribuant de l'argent. »
Une internaute algérienne propose même un boycott radical : « Toutes les équipes africaines, à commencer par l'équipe algérienne, devraient boycotter la prochaine CAN. » Le journaliste Mohamed Allouache analyse sur Facebook : « La corruption de la CAF est constituée par la corruption des fédérations par pays. Des fédérations corrompues, qui se disputent postes, privilèges et titres immérités ! »
Les enjeux politiques et financiers derrière la décision
Nazim Bessol, directeur du quotidien footballistique Botola et spécialiste reconnu du football africain, décrypte les dessous de cette affaire pour Le Point : « De fait, ce scandale est lié à l'hyperpuissance de la Fédération marocaine au sein de la CAF. La CAF vient de signer son acte de décès avec ce parti pris, réactivant les fractures au sein de l'instance continentale et relançant les débats sur l'éclatement de la CAF en plusieurs confédérations régionales. »
Le fondateur du média Foot Afrique ajoute : « Le Maroc est en train de casser tout ce qu'il a construit : les images de la finale ont été désastreuses pour la CAF et pour le royaume, sans oublier le refus d'organiser la CAN féminine qui devait avoir lieu ce mois, cela a irrité beaucoup de monde à commencer par les équipes qualifiées. »
Le contexte des tensions historiques
Cette affaire s'inscrit dans un contexte de tensions préexistantes. Nazim Bessol rappelle l'épisode entre l'USM Alger et l'équipe marocaine du RS Berkane en février 2025, où le Tribunal arbitral du sport avait donné raison à la Fédération algérienne de football. Le différend concernait les maillots du RS Berkane montrant le Sahara occidental comme faisant partie intégrante du Maroc, ce qui avait provoqué l'annulation des rencontres en demi-finales de la Coupe de la CAF.
À cela s'ajoutent les incidents lors du quart de finale de la dernière CAN au Maroc, disputé entre l'Algérie et le Nigeria, qui avaient valu au gardien algérien Luca Zidane et au défenseur Rafik Belghali des suspensions respectives de deux et quatre matchs par la CAF, tandis que la fédération algérienne écopait d'une lourde amende financière.
« Le pire est que tout ce scandale se déroule sous les yeux de la Fifa, qui reste aux abonnés absents », conclut amèrement Nazim Bessol, soulignant l'absence de réaction de l'instance mondiale du football face à cette crise institutionnelle majeure du football africain.



