La LFP sacrifie Lens-PSG au calendrier européen, une décision qui scandalise
Lens-PSG reprogrammé : la LFP critiquée pour son arbitrage

La LFP sacrifie le choc Lens-PSG sur l'autel du calendrier européen

La décision était attendue, mais sa confirmation officielle ce jeudi par la Ligue de Football Professionnel (LFP) provoque une vive indignation dans le monde du football français. Le match tant anticipé entre le Racing Club de Lens et le Paris Saint-Germain, point d'orgue potentiel d'une saison de Ligue 1 passionnante, ne se jouera pas à la date initialement prévue du samedi 11 avril.

Une requête parisienne acceptée au détriment du spectacle

La LFP a accédé à la demande du PSG, qui souhaitait éviter d'affronter Lens entre ses deux quarts de finale aller et retour de Ligue des champions contre Liverpool. Cette décision stratégique pour le club parisien porte un coup sévère à l'intégrité sportive et au spectacle de la championnat.

« Si la LFP ne défend pas la Ligue 1, qui va la défendre ? Si elle ne défend pas la continuité et le respect de ce qu'est la L1, qui va le faire ? », s'interrogeait Benjamin Parrot, le directeur général lensois, dans les colonnes de L'Équipe dès mercredi. Une question qui résonne avec force après l'annonce officielle.

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Un match vidé de sa substance

Le choc sera finalement disputé le mercredi 13 mai, entre les 33e et 34e journées, alors que le titre pourrait déjà être mathématiquement attribué. « Un tel match dans la première quinzaine d'avril, quand une équipe peut revenir à un point de l'autre, aurait eu une tout autre saveur », déplorent les observateurs. La programmation en milieu de semaine, en fin de saison, prive en effet la rencontre de son intensité dramatique et de son impact potentiel sur la course au titre.

Cette reprogrammation semble même contredire le règlement de la Ligue, dont l'article 528 précise que les matchs reportés doivent être replacés « à la première date disponible et avant les deux dernières journées de championnat ».

Les Lensois doublement pénalisés

Le Racing Club de Lens se sent particulièrement lésé par cette décision. Le club devra enchaîner trois matchs en une semaine (Nantes, PSG et Lyon) après une pause internationale de quinze jours, « un rythme qui ne correspond pas à celui défini en début de championnat », rappelle le club nordiste. Ironie du sort : Lens subit cet enchaînement épuisant... pour éviter exactement la même situation au PSG.

La programmation défavorable se poursuit d'ailleurs avec l'annonce de la 31e journée : les Sang et Or devront se déplacer à Brest en ouverture le vendredi 24 avril, alors qu'ils disputeront leur demi-finale de Coupe de France dans la semaine. Les trois autres demi-finalistes (Toulouse, Nice, Strasbourg) joueront quant à eux le week-end.

Des jeux d'influence dénoncés

« Du point de vue de la morale, la Ligue aurait dû dire non », estime Philippe Sarremejane, professeur universitaire spécialiste de l'éthique dans le sport. « L'équité sportive est bousculée, et au profit du club qui domine déjà fortement le football français. Cette décision répond à des considérations politiques davantage que sportives. »

Le président lensois Joseph Oughourlian, opposant déclaré à Nasser Al-Khelaïfi et Vincent Labrune, avait pourtant exprimé l'espoir de « discussions animées » lors du Conseil d'administration, tout en reconnaissant ne se faire « que peu d'illusions ». La bataille était effectivement perdue d'avance.

Une image désastreuse pour le football français

Cette affaire dépasse les frontières hexagonales, faisant même parler la presse anglaise qui souligne que de tels arrangements n'existeraient pas dans d'autres championnats majeurs. La LFP rate ainsi une occasion de démontrer qu'elle peut protéger les intérêts des clubs engagés en Coupe d'Europe sans sacrifier l'intégrité de sa compétition domestique.

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« A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire » : l'adage prend une résonance particulière dans ce contexte. Alors que le PSG a finalement remporté la Ligue des champions tant désirée la saison dernière, l'argument du « tout pour l'Europe » perd de sa pertinence. C'est pourtant dans ces fins de saison surchargées, où tout se joue à l'énergie et à la dynamique, que s'écrivent les plus belles épopées footballistiques.

Au final, cette décision est regrettable pour l'ensemble du football français, à l'exception notable du PSG. Le match décisif du sprint final est en grande partie vidé de sa substance, offrant une bien triste publicité pour la Ligue 1 et ses instances dirigeantes.