Lens-Nice : une finale de Coupe de France entre rêve et crise
Lens-Nice : finale de Coupe de France entre rêve et crise

Il y a ceux qui rêvent depuis 120 ans de la porter à bout de bras et ceux qui craignent qu'elle leur brûle les doigts. Ce soir, les vainqueurs de la Coupe de France vont régaler leurs supporters ou presque devoir s'excuser d'avoir gagné. Entre liesse ou sourires forcés. La soirée sera donc spéciale et pas seulement parce que la finale se dispute exceptionnellement un vendredi à cause de travaux importants, ce week-end, qui impacteront les lignes B et D du RER empruntées par les spectateurs pour se rendre au Stade de France.

Mais les travaux, c'est justement tout ce qui va séparer Lens de Nice ce soir. Au Nord, c'étaient les maçons. On a construit lentement une équipe humaine, cohérente et magnifique avec Pierre Sage en maître d'œuvre. Au Sud, le club s'est lancé dans une affligeante entreprise d'auto-démolition où tout le monde — joueurs, dirigeants et supporters — sont à mettre dans le même sac de gravats.

Une saison exceptionnelle pour Lens

Ce n'est pas au nom du simple talent que Lens s'avance en favori pour réparer l'anomalie de ne jamais avoir remporté ce trophée majeur du football français. C'est d'abord en pensant à ce vieux concept, parfois éborgné dans le foot mondial : la morale. Celle qui dit qu'à la fin, les plus méritants l'emportent et les incompétents s'inclinent.

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La saison exceptionnelle des Lensois, les seuls à avoir longtemps regardé Paris dans les yeux, mérite l'apothéose d'une Coupe de France. Pour poser les Sang et or 2026 sur la même étagère de gloire que les anciens de 1998, seuls champions de France du club mais qui ont perdu la finale cette année-là. Et pour offrir des sourires à ce qu'il n'est pas interdit de nommer le meilleur public de France cette saison. Le Stade de France va chanter les Corons et on sait déjà que ce sera beau.

Pierre Sage : "Une finale ne se joue pas que sur un statut"

« Le prix du m2 n'est pas le même à Lens que sur la promenade des Anglais, s'amuse Pierre Sage. On a la volonté de porter les couleurs d'un peuple qui n'a pas brillé ici. Une finale ne se joue pas que sur un statut mais aussi sur la folie. Personne ne recule devant un titre et il faudra réussir un de nos meilleurs matchs. »

Nice en pleine crise

En face, il y aura donc un adversaire qui se demande presque s'il a eu raison de se qualifier pour la finale. Celle-ci fait office de ravalement de façade mais, derrière, tout est en miettes. L'actionnaire Ineos, préfère s'occuper de son autre propriété, Manchester United, et les joueurs ont égaré leur talent. Sur leur bout de Côte d'Azur, cela a tourné toute l'année au festival de pannes. La semaine passée, le club n'a eu que ce qu'il méritait : un barrage, mardi et vendredi prochain, face à Saint-Étienne pour rester en L1. Deux rencontres bien plus vitales pour Nice que la finale. Et qui rappelle 1997 et leur dernière victoire en Coupe de France. Cette saison-là, les Aiglons avaient aussi été relégués en L2…

Les hommes de Claude Puel savent pourtant qu'une coupe marque une carrière. Mais ils pourraient se voir reprocher d'avoir gaspillé des forces avant les barrages. Puel, 27 ans d'expérience comme entraîneur, s'amuse à renverser la pression. « On jouera à fond cette finale, assène-t-il. La meilleure préparation pour la suite, c'est de gagner cette coupe. Les Lensois sont les immenses favoris et seront presque à domicile. Ce serait une faute pour eux de ne pas gagner. » Pierre Sage n'en a cure. « C'est son avis. Nous, on a la responsabilité de gagner pour nous mais aussi les générations d'avant. »

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