Melvyn Jaminet : une saison amère et des regrets
Après l'élimination en demi-finale de Champions Cup, le RCT de Melvyn Jaminet a vu ses espoirs de phase finale s'envoler samedi dernier au Vélodrome, battu par le Stade toulousain (51-27). L'arrière varois, lucide et amer, revient sur cet échec et dresse le bilan d'une saison que rien ne pourra sauver.
Un nouveau coup dur contre Toulouse
Interrogé sur l'état d'esprit de l'équipe après cette défaite, Jaminet confie : « Forcément, on est tous très déçus. On avait pour objectif d'accrocher le top 6 et on savait qu'en perdant ce match, c'était fini pour nous. Voilà… Ça fait deux défaites qui sont dures à digérer. Je pense que le groupe a eu un peu de mal après la rencontre. »
Une saison ratée selon le joueur
Pour Jaminet, le constat est sans appel : « Bien sûr qu'elle est ratée. On avait des objectifs. Ils ne sont pas atteints. Quand on voit la saison qu'on réalise, il y a un sentiment de gâchis. » Il insiste sur la nécessité de finir sur une note positive : « Il nous reste trois matchs. On doit les jouer à fond, finir sur une note positive et surtout prendre du plaisir. C'est important, car la saison a été longue et il y a eu des périodes où on n'en a pas pris. »
Le plaisir en berne sur le terrain
Jaminet reconnaît que l'équipe transpirait moins la joie que les saisons passées : « Je ne dirais pas que l'équipe est moins joyeuse, parce que le groupe vit bien malgré tout. Mais c'est vrai que par moments, on était un peu frustré car on ne se retrouvait pas sur le terrain. Forcément, quand on fait ce sport, c'est parce qu'on aime jouer au rugby. Et quand on fait des matchs où on ne joue pas au rugby… Eh bien on ne prend pas de plaisir. » Il ajoute : « On voulait produire du jeu, on n'y arrivait pas. Ça nous a bien embêtés. C'est revenu un peu sur le mois et demi qui est passé. Mais malgré cela, on ne se qualifie pas. Pas forcément à cause de la défaite au Vélodrome, d'ailleurs. C'est ce passage à vide de deux mois qui nous coûte cher. »
Des difficultés à l'extérieur et des blessures
L'arrière évoque les problèmes rencontrés loin de leurs bases : « À l'extérieur, on a fait des matchs très moyens. À domicile, on parvenait à sauver les meubles. Sauf qu'après, quand ça a tourné en notre défaveur à la maison, c'est directement devenu très compliqué. » Il mentionne aussi les blessures : « On a eu des mecs qui se sont pétés gravement. On les a perdus pour la fin de saison. Mentalement, l'accumulation pèse lourd. »
Un manque de confiance dans le jeu
Jaminet tente d'expliquer pourquoi l'équipe a semblé moins sûre : « Il y a eu des passages où l'équipe était un peu moins bien. Sauf qu'après, quand les questions sont dans les têtes, on se cherche. Et c'est peut-être là qu'on ne produit pas le jeu qu'il faut. On a probablement trop essayé de chercher des explications, de faire des constats, et on s'est enfermé dans une boucle. Alors que c'est quand on arrive à jouer libéré qu'on se retrouve bien et qu'on prend du plaisir. Le mental joue énormément. Pas juste sur l'individu, mais sur l'équipe. C'est quand cette équipe ne se pose pas de questions qu'elle arrive à faire des trucs énormes. »
L'objectif du top 8 et la Champions Cup
Le club ne peut désormais viser que le top 8. Jaminet estime qu'une absence en Champions Cup serait une catastrophe : « Totalement. Quand on regarde notre parcours et l'engouement qui s'est créé autour de cette Coupe d'Europe et de cette demi-finale, où l'on a d'ailleurs une balle de match à la fin, ça serait un vrai coup dur de ne pas la jouer. »
Difficile de rester motivé avec un objectif réduit
Pour un compétiteur comme Jaminet, c'est compliqué : « C'est différent de ce que j'avais connu, c'est sûr. Et oui, c'est difficile de rester accroché. Au final, on se dit qu'il y a cet objectif du top 8, mais ça reste “juste” le top 8. On ne va pas chercher une phase finale. Quand on est compétiteur, c'est forcément compliqué. Maintenant, on ne peut pas finir sur ces défaites. Il y a cet objectif de Champions Cup et on va tout faire pour tenter de se qualifier. Le club mérite et se doit de jouer cette Coupe d'Europe. »
Un message aux supporters
Jaminet tient à remercier les fans : « Je veux déjà les remercier pour la saison. Je sais qu'elle n'a pas été facile. Malgré tout, ils sont toujours là et nous portent même si, parfois, ils nous font savoir quand ça ne va pas. C'est ce qui fait la beauté de ce club et de ce public. Voilà, il nous reste un match à domicile. J'espère qu'ils répondront présent et qu'on prendra du plaisir tous ensemble. Des joueurs vont aussi quitter le club. Il faut les remercier de la meilleure manière possible. »
L'affaire Jaminet et son avenir en bleu
Concernant l'enquête préliminaire sur son transfert à Toulouse, élargie à des faits d'escroquerie et blanchiment, Jaminet se veut apaisé : « À partir du moment où il y a eu cet arrangement, pour moi, c'était fini. Il n'y a pas de problème avec les dirigeants de Toulouse. Maintenant, il y aura toujours mon nom qui sortira. Il a été associé à cette affaire et c'est plus ça qui est dérangeant. J'essaie de m'en détacher et de ne pas lire ce qui s'écrit. Je sais qu'on me demandera toujours : “Qu'est-ce qu'il se passe encore ?”. Alors, je répondrai simplement : “Je ne suis pas au courant”. »
Quant à son retour en équipe de France, après son dérapage raciste de l'été 2024, il reste prudent : « Malheureusement, c'est sans doute une histoire qui prendra encore un peu de temps. Et peut-être que le temps fera les choses. Dans mon esprit, rien n'est fermé, même si je n'ai pas trop envie de m'accrocher à ça. J'essaie de rester compétiteur et de tout donner pour le club. C'est l'objectif numéro un. Je ne veux pas trop espérer pour être déçu au final. Après, il est évident que je regarde encore les matchs. Je vibre toujours pour les Bleus. Et si un jour je suis rappelé, je donnerai tout. »



