À 33 ans, Najmeddine Hamila a posé ses valises entre Saint-Astier et Neuvic en début de saison. Le deuxième ligne d'origine tunisienne a découvert le rugby dans le club de M'saken, dans l'est de la Tunisie, près de Sousse. Dans un pays où le football est roi, Hamila ne s'est même pas posé la question : « Pour moi, c'était le rugby, n'en déplaise à ma famille, qui n'était pas trop d'accord, encore aujourd'hui. Dans mon quartier, tout le monde jouait au rugby. » Partagé entre le XV et le 7, Hamila a joué quatre éditions de Coupe d'Afrique – deux à 7 et deux à XV.
« C'est un rugby différent, il y a moins de structures qu'en France. Le style de jeu est peut-être plus spontané là-bas », décrit le trentenaire. En 2018, Hamila débarque en France à Ribérac par l'intermédiaire de Mohamed Mliss, alors joueur du CAR, sous la houlette de Victor Varas. « J'ai pris un virage à 180 degrés avec un double projet : le rugby, mais aussi le travail. Ça a été compliqué de quitter la famille. Les démarches administratives aussi, mais on m'a aidé. »
Un parcours riche en Dordogne
Par la suite, il est passé par Le Bugue, Le Lardin, Lalinde et Terrasson. « Toutes les saisons ont été une opportunité de prendre de l'expérience. D'un club à l'autre, j'ai vu différentes visions et j'ai essayé d'en retenir le positif. » Avec l'Usan, Hamila a vite trouvé sa place. Seule ombre au tableau : une blessure à une cheville qui l'éloigne deux mois. « Le projet était intéressant, avec des joueurs expérimentés et des jeunes qui ont prouvé leur valeur. » Il reconnaît une saison irrégulière, marquée par le turn-over lié aux blessures. « À un moment, ça a impacté nos performances, on était trop souvent dans l'adaptation. »
L'Union s'est tout de même qualifiée. « On a décidé de ne rien lâcher, il y a vraiment de bons joueurs dans ce groupe. » En barrage, face à Saint-Sébastien Basse Goulaine dimanche 19 avril, l'Usan a d'abord subi avant de renverser la situation. « On commence mal, avec un en-avant dans nos 22 mètres et un essai encaissé. À 17-7 à la pause, on s'est dit qu'on n'avait pas fait quatre heures de route pour prendre une déculottée. » Le discours a payé : « On a davantage impacté notre adversaire et on marque 30 points en seconde période, ça prouve que cette équipe est capable de tout. »
Un match à enjeu contre Argentat
Face à Argentat, dimanche 26 avril, le seconde ligne espère une revanche. « C'est une belle équipe, mais on va jouer à 300 %. On n'a rien à perdre, on donnera tout. Il faudra finir du mieux possible vis-à-vis des dirigeants. » Le match L'Union a désormais sauvé sa saison avec une qualification pour les 32es de finale. Saint-Astier/Neuvic retrouvera les Corréziens d'Argentat, qui étaient dans la même poule en championnat. D'ailleurs, les riverains de la Dordogne se sont imposés à deux reprises lors de la phase régulière. Si l'Usan s'était inclinée à l'extérieur (49-34), les protégés de Guillaume Brouqui et Augustin Petrechei n'avaient cédé que sur une ultime pénalité à une minute de la fin du match aller (34-36).
La mission s'annonce compliquée, mais l'Union a les moyens de perturber cette équipe lors de cette première manche de phase finale. Le match retour aura lieu dimanche 3 mai. Le groupe de Saint-Astier/Neuvic pour ce match : Delamarre, Capellot, Lafitte, Laurendeau, Calves, Rivière, Avezou, Brouqui, Dumortier, Rumbao, Peacock, Rebierre, Fakalelu, Hamila, Labeth, Dechamp, Du Cheyron, Lafleur, Vanzo, Gualandi, Dezon, Audebert. Le coup d'envoi sera donné à 15 heures au stade du Roc, sous l'arbitrage de M. Danthez (Nouvelle-Aquitaine).



