Une défaite cauchemardesque pour les Girondins dans un stade Atlantique sous tension
Les Girondins de Bordeaux ont subi une nouvelle défaite à domicile ce samedi, battus 2-3 par la réserve de Lorient, dans un contexte alourdi par les tensions avec les groupes de supporters ultras. Cette défaite intervient alors que le club doit absolument défendre sa deuxième place au classement lors des cinq dernières journées de championnat.
Un stade Atlantique sous haute surveillance
Des CRS ont été déployés de chaque côté du parvis du stade Atlantique pour maintenir à distance deux groupes de supporters, devant des familles de spectateurs visiblement éberluées par cette démonstration de force. Le match s'est déroulé dans une atmosphère tendue, avec un stade très clairsemé qui s'est rapidement vidé après la rencontre.
Le dernier but encaissé est venu de nulle part, avec un adversaire traversant tout le terrain pour marquer dans un but déserté par la défense bordelaise. Les joueurs de Lorient, qui s'étaient donnés rendez-vous après sept défaites en neuf matchs, ont profité de l'occasion pour chambrer leurs hôtes dans ce contexte difficile.
Le tableau en coulisse s'alourdit
Entre les reliquats du dépôt de bilan et les Ultras qui alimentent l'actualité négative tous les samedis, la situation en coulisse n'est pas simple pour les Girondins. Sportivement, le sursaut observé lors de la première de Rio Mavuba sur le banc il y a une semaine à Locminé n'a pas duré.
Jean Grillot et ses coéquipiers avaient pourtant l'occasion de revenir à trois points du leader La Roche-sur-Yon, qui se déplace ce dimanche à Saint-Malo. Ils restent finalement à six unités et, à cinq journées du terme, vont devoir aussi défendre leur deuxième place, synonyme d'éventuel repêchage, sous la pression de Bayonne.
Les réactions des acteurs
« On a déçu beaucoup de monde mais on doit continuer à y croire, à tirer tout le monde vers le haut », a lancé après la rencontre l'ailier Steve Shamal, visiblement touché mais restant combatif. « Il faut arrêter avec les mathématiques, avancer match par match. »
Le match de samedi a présenté deux physionomies distinctes. Une première période où les Bordelais ont été heureux de mener, sur leur premier but sur corner direct de la saison et leur seule occasion réelle. Pendant quarante-cinq minutes, ils ont été surclassés : incapables de tenir le ballon ou de trouver la pointe Etonde devant le pressing lorientais, battus « dans l'agressivité » comme l'a noté Rio Mavuba, et également sur le plan tactique.
Une force collective perdue
Les jeunes Merlus, avec leur système en 4-2-3-1 virant au 3-1-5-1 en phase offensive, trouvaient nombre de solutions entre les lignes dans le dos des milieux bordelais. Les Girondins ont été rejoints à un moment où ils avaient (un peu) réglé le problème et se sont alors lancés dans une dernière demi-heure où ils se sont ouverts et ont été heureux de se retrouver à 2-2 après avoir frôlé le 1-3.
Les joueurs « ont couru, tout donné » a insisté Steve Shamal. Mais ils n'avaient pas cette densité collective et ce bloc avançant qui, même sans maîtrise du ballon, leur a permis d'être en tête jusqu'au 21 mars ou de rebondir à Locminé.
Des problèmes mentaux plus que physiques
Comme contre Chauray il y a quinze jours (1-2), ils ont montré de la fébrilité individuelle, à l'image de certains éléments pourtant fiables durant les trois quarts de la saison. « Le problème est plus mental que physique », a poursuivi l'ancien Caennais. « On a trop vu le match à La Roche (1-0, le 21 mars) comme une finale. Maintenant, il faut rester uni. On est les Girondins, il faut continuer. »
Dans un contexte où, comme la saison dernière, le poids du passé, de la passion que draine encore le club et de l'enjeu semblent avoir rattrapé les acteurs, la tâche s'annonce ardue. Ce samedi, le Virage Sud majoritaire aura eu le mérite de continuer à pousser, quand son vis-à-vis a ciblé le président Gérard Lopez.
« On a interdiction de lâcher » lançait Rio Mavuba qui devait rêver d'une autre première sur le banc au stade Atlantique. Le voilà à nouveau en quête de solutions pour éviter de voir son équipe plonger définitivement dans la tourmente, alors que la deuxième place est plus que jamais menacée.



