Une victoire tricolore face au Brésil à relativiser
Les anciens le répètent avec sagesse : il ne faut jamais sous-estimer une victoire contre le Brésil, même lorsque la sélection auriverde présente un effectif en déclin, avec un réservoir de talents qui semble s'épuiser progressivement. Ainsi, personne ne se plaindra de la victoire des Bleus (2-1) au Gilette Stadium, dans la banlieue de Boston, lieu où ils affronteront la Norvège lors du troisième match de poule cet été.
Un succès en infériorité numérique
Cette victoire française a été obtenue en infériorité numérique dès la 50e minute, suite à une faute mi-grossière, mi-pataude de Dayot Upamecano, contraint de quitter le terrain prématurément. Ses coéquipiers menaient alors relativement tranquillement depuis la belle ouverture du score de Kylian Mbappé en première période. Le Madrilène, parfaitement lancé en profondeur par Ousmane Dembélé, a réglé Ederson d'un superbe ballon piqué imparable, concluant une première période de bonne facture.
Malgré ce carton rouge tricolore, les Brésiliens n'en ont tiré que peu d'avantages. Ce sont même les Bleus, plus inspirés et tranchants en contre-attaque, qui ont fait le break à l'heure de jeu. Ce but est issu d'un joli mouvement collectif conclu par un autre piqué subtil d'Hugo Ekitike, à la réception d'une belle passe en profondeur de Michael Olise, aussi entreprenant qu'élégant lors de cette soirée.
Deschamps tempère l'enthousiasme
Les Brésiliens ont finalement percé le verrou français dans le dernier quart d'heure, suite à un coup franc excentré mal négocié par la défense tricolore, sans pour autant générer un véritable esprit de révolte dans la Seleçao.
Didier Deschamps a souligné en conférence de presse : « On a fait une première période de très bonne qualité avec une très bonne relation technique, avec les quatre offensifs et un milieu de terrain qui a eu une bonne maîtrise. Après, à dix, il faut des qualités et on a su bien défendre. C'est une très bonne chose. Cela ne nous assure rien pour l'avenir mais il faut toujours apprécier de battre le Brésil ».
Courbes de forme inversées
Ce succès confirme les courbes de forme inversées entre une équipe de France aux talents offensifs presque indécents et un Brésil dont on s'interroge sur sa capacité à ramener une sixième étoile sur son maillot lors de la prochaine Coupe du Monde. La sélection brésilienne n'a plus atteint le dernier carré d'un Mondial depuis 2002.
Le sélectionneur français a cependant tempéré : « Il y a un potentiel offensif intéressant mais ce n'est pas tout d'accumuler les individualités. Ce qui m'a plu, au-delà de la relation technique, c'est le fait d'être plus difficile à lire pour l'adversaire parce que les attaquants n'ont pas de position fixe ».
Mbappé en forme, défense perfectible
Deschamps s'est félicité de revoir son capitaine Kylian Mbappé en pleine forme malgré ses récents problèmes physiques au genou : « Kylian n'a plus de douleur et de gêne. Il a plein d'envie et du feu dans les jambes ». Le technicien a également précisé qu'il allait faire tourner son équipe lors de la deuxième rencontre de la tournée, dimanche, contre la Colombie à Landover (Maryland).
Si tout n'a pas été parfait jeudi, notamment en défense avec des prestations inabouties de Malo Gusto à droite et de Théo Hernandez à gauche, ou dans l'axe avec une charnière Konaté-Upamecano pas toujours très à l'aise techniquement, ce galop d'essai reste globalement une réussite pour les vice-champions du monde en titre. Ils poursuivent leur quête d'une troisième étoile cet été aux États-Unis.



