France-Brésil : Une répétition générale qui soulève des questions avant la Coupe du monde
Alors que Donald Trump et toute l'administration américaine ont probablement l'esprit occupé ailleurs, l'attention des passionnés de football s'est portée sur le match amical entre le Brésil et la France, remporté par les Bleus (1-2) jeudi au Gillette Stadium, à Foxborough, dans la banlieue de Boston. Cette rencontre servait de répétition générale à moins de trois mois du début de la Coupe du monde, révélant plusieurs aspects à améliorer avant le grand événement.
Les pauses fraîcheur : Une innovation controversée
Quelques jours seulement après que Boston et sa banlieue aient été recouverts d'un manteau blanc de neige, la température était agréable (environ 15°C) au Gillette Stadium jeudi après-midi. Pourtant, l'arbitre a arrêté deux fois le match au milieu de chaque période pour des « pauses fraîcheur » qui seront institutionnalisées lors de tous les matchs cet été.
Début décembre, la Fifa a annoncé que ces pauses hydratation seraient obligatoires après 22 minutes de jeu dans chaque mi-temps, sans condition météorologique. Officiellement destinées à protéger la santé des joueurs, ces interruptions de trois minutes suscitent des interrogations, surtout lorsque les températures au Mexique ou au Canada pourraient ne pas dépasser 20-25°C. Beaucoup y voient une opportunité supplémentaire pour diffuser de la publicité à la télévision.
Une mi-temps prolongée et ses conséquences
Après la première période, les Bleus ont attendu longtemps le retour des Brésiliens sur le terrain. Didier Deschamps arpentait la pelouse en regardant le ciel, tandis que Kylian Mbappé discutait et riait avec l'arbitre Guido Gonzales Junior. Adrien Rabiot et Mike Maignan effectuaient quelques ajustements, et d'autres joueurs refaisaient un petit échauffement.
Près de cinq minutes se sont écoulées entre le retour des coéquipiers de Didier Deschamps et le coup d'envoi de la seconde période. « C'est bien pour les diffuseurs d'avoir la page de pub, mais ça change le football d'avoir ces trois minutes », a commenté le sélectionneur sur TF1. « Le retour du vestiaire, on les a attendus. On sort d'une première période qui est bonne, très bonne, la remise en route a été un peu plus difficile. »
Effectivement, après une première période timorée, les Brésiliens sont revenus avec de belles intentions en seconde mi-temps, notamment avec l'entrée en jeu de Luiz Henrique à la place de Raphinha. Les Bleus ont complètement raté leur entame et ont vu Dayot Upamecano se faire expulser, heureusement sans conséquence sur le score.
Une réalisation télévisée décevante
La plupart des rencontres de la Coupe du monde aux États-Unis se dérouleront dans des stades de franchises NFL, équipés de caméras conçues pour le football américain où le jeu est souvent interrompu. Pour le football dynamique, cette configuration n'est pas idéale.
Lors de Brésil-France, diffusé sur TF1, le plan large était particulièrement médiocre, évoquant des images vieilles de trente ans, semblables à un match amateur ou aux anciens jeux « Pro Evolution Soccer ». La caméra centrale balayait tout le terrain avec peu de plans serrés, et le réalisateur semblait perdu, préférant montrer des ralentis plutôt que des actions en cours. Aucune image n'a permis de vérifier un potentiel hors-jeu brésilien au moment de l'expulsion d'Upamecano.
Cette « répétition générale » a donc connu plusieurs ratés techniques. Cependant, selon Sacha Nokovitch, journaliste de L'Équipe spécialiste des médias, cela ne devrait pas se reproduire pendant le Mondial. « Il s'agit d'un match amical non géré par la Fifa », a-t-il expliqué sur X. « Pour le Mondial, le cahier des charges de la production-réalisation des rencontres est l'un des plus exigeants. » Une assurance que tous les téléspectateurs espèrent voir confirmée lors de la compétition.



