Endy Miyem : nouvelle voix du basket féminin sur L'Équipe
Endy Miyem : consultante pour la finale Basket Landes-Bourges

Il y a un an, Endy Miyem disputait sa neuvième finale du championnat de France, la toute dernière de sa carrière. L'ancienne cadre de l'équipe de France (235 sélections) avait annoncé quelques semaines plus tôt qu'elle tirerait sa révérence à l'issue de sa saison à Tarbes. Elle ne l'imaginait pas encore, mais la voilà, un an plus tard, consultante pour la chaîne L'Équipe à l'occasion de la finale 2026 entre Basket Landes et Bourges. Une affiche toute particulière pour celle qui fêtera ses 38 ans le 15 mai : les premières l'ont privée d'un ultime trophée, avec les secondes elle a conquis les sept titres nationaux qui jalonnent son immense carrière. Cela faisait bien des arguments pour lui demander de poser son regard sur ce duel.

Comment vous sentez-vous dans votre nouveau rôle de consultante ?

Ça me plaît ! J'aime voir les matchs différemment, d'un autre point de vue. Et c'est plaisant de commenter et vulgariser ce qui se passe pour le plus grand nombre. L'occasion s'était présentée en 2024, quand Eurosport m'a proposé de commenter les Jeux olympiques. Honnêtement, ce n'était pas du tout une option à laquelle je pensais pour mon après-carrière, mais je me suis dit pourquoi pas ? Cela m'a permis de vivre les JO différemment et je me suis prise au jeu…

Le fait d'avoir été joueuse vous semble-t-il un atout pour faire passer les émotions ?

C'est vrai qu'en tant qu'ancienne joueuse, le ressenti est particulier, on perçoit les choses différemment. C'est un avantage de savoir ce que vivent les joueuses. Mais ce n'est pas forcément facile d'expliquer ce que l'on faisait naturellement, sans se poser de question. Il faut trouver les bons mots, visualiser les choses pour les rendre compréhensibles. En tout cas, les sensations sont là.

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Un an s'est écoulé depuis votre dernier match. Avez-vous encore parfois du mal à réaliser ?

C'est toujours un petit peu là. C'est comme quand vous mangez un bon gâteau, un bon dessert : vous avez envie de garder son goût, que ça reste un souvenir agréable. Je suis contente de la carrière que j'ai eue et je ne veux garder que le positif. Il ne faut pas réécrire l'histoire. Est-ce que ça aurait été mieux si j'avais joué plus ? Ou est-ce que faire plus aurait été moins bien ? C'est fait, c'était la bonne décision à ce moment-là. C'était le final parfait, même si Basket Landes a gagné (rire).

Quel regard portez-vous sur la saison de Basket Landes, votre bourreau la saison passée et encore présent en finale ?

Un regard très positif car ce n'est vraiment pas simple de rester au plus haut niveau, d'être championnes et de pouvoir défendre ce titre un an plus tard. Elles ont joué et progressé brillamment pour encore franchir des étapes. C'est le gage d'un travail sérieux, de tout ce qui a été fait par le club depuis des années et toutes les personnes qui œuvrent à tous les niveaux. Et puis bravo aux joueuses pour cette longue saison et qui sont allées encore un peu plus loin que la saison dernière, en Euroligue notamment.

Qu'avez-vous pensé de la manche 1 de cette finale ?

Basket Landes est une équipe connue et reconnue pour ne rien lâcher sur le terrain, pour cette gnaque. Là, elles étaient un peu en dedans, je ne les ai pas reconnues. Dans une saison, il y a toujours des jours plus compliqués et c'est tombé sur ce match-là… Tout l'enjeu pour elles sera de se retrouver, de récupérer physiquement et mentalement, pour montrer leur vrai visage et décrocher une belle. Mais chapeau aussi à Bourges, qui a exprimé toute cette rage, toute cette énergie, porté par le public.

Basket Landes risque-t-il de payer une certaine lassitude dans une saison très longue ?

Ce n'est pas simple à gérer… C'est une habitude, un vrai travail sur soi que de vivre une saison si longue, pour passer d'un match à l'autre, d'une finale à l'autre, d'un trophée à l'autre. Il faut arriver à faire table rase à chaque fois. Il faut apprendre vite, c'est ça, le haut niveau. Maintenant, elles ont été averties et ont reçu une petite tape sur la tête qui remet les idées en place. Elles savent que ce n'est pas mort.

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Cette finale entre Bourges, où vous avez longtemps joué, et Basket Landes, chez qui vous avez terminé votre carrière, n'est en tout cas pas anodine pour vous…

C'est vrai, je connais des filles des deux côtés (elle a joué avec Camille Droguet et Murjanatu Musa à Tarbes, NDLR). Mais au-delà de cela, ce sont deux clubs que j'apprécie. C'est aussi l'avantage, en étant consultante, de pouvoir faire un pas de recul : j'ai une vision plus globale sur le basket féminin. Peu importe l'affiche, je souhaite qu'il y ait du beau jeu. Après, c'est la loi du sport, qu'on gagne ou qu'on perde : je serai contente pour celles qui gagneront quoi qu'il arrive.