Face-à-face entre Castano et Cortey : deux styles, un même amour du basket
Castano vs Cortey : deux styles, un même amour du basket

Ce dernier match de la phase régulière rochelaise d'Élite 2, vendredi 15 mai à 20 heures, marque le retour de Julien Cortey, aujourd'hui coach du Scabb, à Gaston-Neveur. Petit face-à-face avec son homologue Germain Castano, qui ne lui ressemble pas du tout. Quoique…

Un choix de rupture pour le Stade Rochelais

En faisant signer Germain Castano au printemps dernier, le Stade Rochelais avait joué la carte de la rupture, engageant un technicien expérimenté et bien connu du milieu. Un choix qui ressemblait bien moins à un pari que celui fait en mai 2022, lorsque Julien Cortey, novice dans le coaching à l'échelon professionnel, avait été nommé à la tête d'une équipe accédant à la Pro B. L'ancien et l'actuel coach du club à la caravelle se retrouvent pour la première fois cette saison (à l'aller, Cortey n'était pas encore l'entraîneur du Scabb), vendredi 15 mai à 20 heures à Gaston-Neveur. L'occasion de dresser un portrait-robot croisé.

Deux philosophies de jeu opposées

Premier constat : l'un a une personnalité réservée et est adepte d'un basket défensif (Cortey) quand l'autre a une nature expansive et prône un basket offensif (Castano). Cette entame du face-à-face très factuelle est, reconnaissons-le, un brin réductrice. Peu de joueurs ont évolué sous leurs ordres à tous les deux, nos recensés sont toujours rochelais (Clerc, Sanchez, Hergott, Haidara), un quatuor qui a vécu une montée en Betclic avec le Ligérien et ne côtoie seulement le Bourguignon que depuis quelques mois. Ce n'est pas non plus la même génération. Julien Cortey est né en 1980, soit près de 10 ans après le Franco-Espagnol (1971). Quant au chapitre statistiques, Cortey a l'avantage des confrontations (3-1).

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Un point commun : avoir été meneur de jeu

Le quadra et le quinqua, nés à un peu plus de 100 kilomètres l'un de l'autre (à Roanne pour Cortey et au Creusot pour Castano), possèdent un point commun, celui d'avoir été tous les deux meneurs de jeu. Certainement un poste-clé dans leur décision de venir à ce métier. « En ce qui me concerne, j'ai toujours été le trait d'union entre l'entraîneur et mes coéquipiers, c'est un fait, explique Castano. J'ai toujours aimé la stratégie, le management. C'était une évidence. Dit comme ça c'est un peu fort mais j'étais déjà un peu coach quand j'étais sur le terrain. »

Communication : le feu et la glace

Les longs silences de Julien Cortey entre une question et une réponse n'ont strictement rien à voir avec le débit-mitraillette de Germain Castano. En termes de communication, l'arrivée de l'ex-poste 1 choletais est le feu qui a succédé à la glace. Si ce tandem qui n'en est pas un a, sur le fond, des choses très intéressantes à dire sur la vision de leur sport, difficile par contre sur la forme de faire plus grand écart. Les longs silences de Julien Cortey entre une question et une réponse n'ont strictement rien à voir avec le débit-mitraillette de Germain Castano. Le premier semblait parfois porté par l'inquiétude qu'un mot puisse être sorti de son contexte, alors que les interventions du second sont parsemées de spontanéité et d'expressions imagées.

Témoignage de Gaëtan Clerc

Gaëtan Clerc entre en jeu : « Pour Julien, le basket c'est le plus important, il se focalise dessus quoi qu'il se passe. Il est très rigoureux sur et en dehors du terrain, pour lui tout est lié. Germain, il y a le terrain, où il y a beaucoup de rigueur, et il y a le reste. Il a peut-être plus une vision d'ensemble plus ouverte. Après, il y en a un qui coache à l'échelon pro depuis 4 ans et l'autre qui a près de 20 ans d'expérience en LNB. »

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Des différences de style mais un cadre commun

Et le capitaine d'éclairer, accentuant que « Julien va donner aux joueurs un rôle très défini dont on ne sort pas. C'est un basket de demi-terrain. Alors que Germain permet un jeu avec un peu plus de prises de risques, de la première intention, de la course ; les joueurs sont plus libres de prendre des shoots ouverts. La manière d'exprimer leurs messages diffère mais le cadre est quasiment le même : de la discipline, de l'engagement, le respect des règles. Ce sont des éléments très forts de leurs managements. Ce sont aussi deux coaches qui ont besoin d'avoir un groupe intelligent avec lequel l'échange existe, un groupe qui doit savoir se prendre en mains et qui rentre totalement dans le projet de jeu. Je ne suis pas persuadé qu'ils soient tant différents que ça… D'ailleurs plus le temps passe plus je dirais qu'ils pourraient bien s'entendre. »

Respect mutuel entre les deux entraîneurs

Sans jeter des fleurs à son aîné, Cortey estime son homologue. Les deux hommes se sont croisés plus longuement quand le SRB s'était déplacé à Roanne fin janvier (83-72). L'entraîneur du Scabb était alors venu saluer son ancien groupe à l'hôtel. « Je pense qu'on a beaucoup plus en commun que ce que les gens pensent, au moins sur des valeurs humaines élémentaires. On n'a pas spécialement parlé de boulot mais j'ai vu un gars humble, souriant, facile d'accès et bon vivant. On aurait pu prendre quelques bières de plus si je n'avais pas dû rentrer (rires). » Le néo-Couramiaud affine son ressenti sur le basket du néo-Rochelais : « Ses équipes jouent très bien offensivement, avec beaucoup d'adaptations. C'est un basket réfléchi, léché en attaque, méticuleux. Quand tu prépares un match contre lui, tu sais qu'il y a beaucoup de travail en face. Je dirais même qu'il est un peu novateur dans les choses qu'il propose en attaque. Dans tous les cas, j'admire sa longévité et son adaptation aux générations qu'il a vu passer… dans un métier qui n'est pas simple. »